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Les Animaux en Islam


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Écrit par l’universitaire et imam Al-Hafiz Basheer Ahmad Masri en 1989, Les Animaux en Islam est rapidement devenu un ouvrage incontournable pour qui s’intéresse aux liens entre la religion musulmane et les animaux. Quelle nourriture peut être considérée comme halal ? L’étourdissement des animaux avant la saignée est-il autorisé par le Coran ? Est-il possible d’être musulman et de ne pas manger de produits carnés ? Richement documenté, Les Animaux en Islam s’attache à répondre minutieusement aux principales questions relatives aux rapports entre la religion musulmane et les animaux.

 

Halte aux idées reçues !

Les Animaux en Islam s’appuie sur des sourates du Coran ainsi que sur des paroles rapportées de figures historiques et contemporaines de l’Islam pour démonter bon nombre d’idées reçues sur le rapport entre la religion musulmane et les animaux. Masri indique, par exemple, que les textes religieux ne mentionnent aucunement les moutons ou les agneaux dans le cadre du sacrifice, ou que l’un des principaux enseignements du Coran consiste en la préservation de la biodiversité.

Car, dès le début de l’ouvrage, le constat est sans appel : pour l’auteur, le Coran donne une importance majeure au respect des animaux et à la lutte contre « toutes sortes de cruautés malignes » qui pourraient leur être infligées. « Les émotions des animaux et des êtres humains sont, sans aucun doute, les mêmes, même si nous pouvons avoir des besoins respectifs différents et s’il peut y avoir entre nous une différence de degré. Ils ressentent la douleur et la joie, ils ont peur et ressentent le soulagement, ils éprouvent un sentiment de plaisir élaboré – tout comme nous », déclare l’auteur.

 

De la difficulté d'interprétation des textes

Masri le reconnaît, la seule lecture du Coran s’avère parfois insuffisante pour analyser certaines pratiques contemporaines – telles que l’élevage intensif – ne serait-ce que parce qu’elles n’existaient pas encore au temps de l’écriture du Livre. Dès lors, d’après l’auteur, les principes fondamentaux de respect et de compassion envers les animaux présents dans l’Islam doivent s’appliquer de manière prioritaire et doivent régir toute action que l’humain entreprend envers eux.

Ainsi, l’élevage intensif, de par toutes les souffrances qu’il engendre pour les animaux, est en totale contradiction avec l’esprit du Coran. « Si seulement les Musulmans [...] qui consomment de tels animaux d’élevage connaissaient les détails horribles sur l’industrie de la viande occidentalisée dans leur propre pays islamique, ils deviendraient végétariens plutôt que de manger ces viandes sacrilèges », affirme l’auteur. Il en conclut alors logiquement que la viande issue d’élevages intensifs ne peut pas être considérée comme halal, car elle est contraire aux principes de bienveillance et de respect envers les animaux prônés par le Coran.

Au-delà de la question de l’élevage, le Livre n’élude pas non plus l’épineuse question de la mise à mort des animaux : une thématique bien difficile à traiter, les différentes techniques d’étourdissement étant toutes postérieures à l’écriture du Livre et donc laissées à la libre interprétation des fidèles. Pour sa part, l’auteur fait le choix d’opérer une classification des différentes méthodes d’abattage contemporaines à l’aune du principe coranique de minimisation de la souffrance des êtres vivants. C’est d’ailleurs d’après cette règle morale que l’auteur justifie le recours à certaines pratiques d’étourdissement des animaux avant la saignée.

 

Végétarisme contre viandisme

Tel est le titre d’un des six chapitres du livre, chapitre entièrement consacré à l’alimentation carnée. Cette question, souvent oubliée, est pourtant abordée par la religion musulmane. Il s’avère en effet que l’Islam laisse le choix aux fidèles de consommer, ou non, des produits animaux. Malek Chebel, anthropologue des religions, l’affirme dès la préface de l’ouvrage : « L’Islam et l’abstinence en viande ne sont pas incompatibles. » Et l’auteur de renchérir par la suite : « L’approche de l’Islam en la matière est neutre ; il a laissé le choix à l’individu d’être végétarien ou viandarien ».

Dès lors, affirme-t-il « la question fondamentale est : dans quelle mesure est-il bien de priver ces créatures de Dieu de leurs instincts naturels afin que nous puissions manger le produit final ? ». Une question d’autant plus légitime qu’à l’instar des autres types de cuisine, la cuisine orientale est entièrement végétalisable.

 

En savoir plus sur l'alimentation végétale et la cuisine orientale

 

Al-Hafiz Basheer Ahmad Masri, Les Animaux en Islam, traduction de Sébastien Sarméjeanne, Droits des animaux, 2015.

 


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Procès de Mauléon : la souffrance animale entendue

  • Article du Mercredi 26 septembre 2018

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Le procès de l’abattoir de Mauléon-Licharre s'est achevé le mardi 18 septembre 2018 après deux jours d’audience. Ce procès tant attendu faisait suite à la diffusion par L214 d’images tournées dans l’abattoir en mars 2016. Sur le banc des prévenus se trouvaient l’abattoir, son ancien directeur et quatre de ses employés. Au total, 195 infractions ont été retenues par le Parquet ; parmi elles, un seul délit : la tromperie sur la qualité du produit. Les infractions qui ont eu un impact direct sur les animaux relèvent, au regard de la législation, de simples contraventions punies au plus d’une amende de 750 €. Le tribunal de Pau rendra son jugement le lundi 29 octobre.

 

Avant tout, précisons que pour le tribunal, ce procès n’est pas celui de la légitimité de faire tuer les animaux. Les juges étaient appelés à juger des faits à la lumière des lois qui existent pour protéger les animaux dans les abattoirs et les débats qui ont eu lieu dans l’enceinte du tribunal n’ont pas dépassé ce cadre.

 

Même si la question éthique du sort que notre société réserve aux animaux n’était pas la question centrale des débats, les différentes auditions ont tout de même permis de faire la lumière sur l’inaction des services vétérinaires, les manquements de l’abattoir et la violence d’un système qui tue les animaux à la chaîne.

 

Retour sur ces deux jours de procès.

 

Le tribunal pose le contexte et les faits

 

Au début de ce procès, le président du tribunal a rappelé le contexte et les faits que le tribunal avait pour mission de juger. Il a souligné que si les souffrances endurées par les animaux ont bel et bien existé, ces infractions ne constituent au regard de la loi que des contraventions. Si le procès s’est tenu au tribunal correctionnel, dans une impressionnante salle de cour d’assises, c’est en raison du délit de tromperie – nous y reviendrons – et non des mauvais traitements et autres infractions retenues concernant la mise à mort des animaux. Précisons qu’aucun des prévenus n’a reconnu d’emblée les infractions pour lesquelles ils étaient poursuivis devant le tribunal.

Salle d'audience au tribunal de Pau

 

Les services vétérinaires, responsables mais pas coupables

 

Le premier à être auditionné, en qualité de témoin, est un responsable des services vétérinaires à la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) des Pyrénées-Atlantiques, autrement dit le supérieur hiérarchique des deux agents présents dans l’abattoir. Dans le cadre de l’enquête menée par la gendarmerie, les deux vétérinaires en poste à l’abattoir de Mauléon avaient été entendues. L’une d’elles signalait d’importants problèmes relationnels avec la direction et les employés de l’abattoir, ainsi que des non-conformités dans le fonctionnement de l’abattoir et les pratiques des opérateurs, et ses difficultés à faire appliquer la réglementation protectrice des animaux. Elle affirmait avoir informé sa hiérarchie de ces problèmes.

 

Questionné par le tribunal, le responsable des services vétérinaires nie être au courant de ces faits. Il affirme avoir eu vent de quelques problèmes mineurs mais botte en touche : quand il y a de vrais problèmes, ça passe par un courrier officiel ! Pourtant, en creusant un peu, le juge finit par lui faire dire qu’il était plutôt bien informé... De l’absence d’abreuvoirs dans les stabulations où attendent les animaux, par exemple. Ou de l’utilisation systématique de l’aiguillon électrique pour faire avancer les animaux. Ou de cadences excessives sur la chaîne d’abattage. Ou encore de la récurrence de saignées tardives, effectuées trop longtemps après l’étourdissement des animaux.

Pour y remédier, une méthode radicale : des rapports d’inspection adressés à l’abattoir via une fiche de liaison, pour « corriger les pratiques et sensibiliser le personnel » ! On tremble à l’abattoir de Mauléon !

À l’évidence, la DDPP était au courant de ces problèmes et n’a rien fait pour y remédier. De son propre aveu, le chef des services vétérinaires finit par déclarer : « C’est vrai, les services de l’État auraient pu faire mieux. »

 

Arrive alors à la barre un autre témoin, une responsable de la Brigade nationale d’enquêtes vétérinaires et phytosanitaires (BNEVP), la police de la DDPP. La supérieure du responsable des services vétérinaires, en quelque sorte. Cette personne constate que l’abattoir présentait de sérieux problèmes de fonctionnement, d’équipements, un manque de personnel flagrant au moment des faits, et que certains gestes effectués par les ouvriers étaient non conformes à la réglementation. Pour elle, difficile de croire que l’abattoir n’était pas au courant.

 

En revanche, pas un mot sur les carences des services vétérinaires et sur d’éventuelles fautes de leur part : la faute aux sous-effectifs et à la mauvaise communication avec la direction de l’abattoir ! Et puis, on finit par le comprendre : les vétérinaires présents dans les abattoirs passent en réalité le plus clair de leur temps en fin de chaîne, au postmortem c’est-à-dire à un stade où l’animal est déjà mort, car leur mission est avant tout de garantir la sécurité sanitaire des animaux qui vont être consommés. Le respect des règles de « protection animale » passe après.

 

À ses dires, une chose est sûre : « Il y a eu une prise de conscience des services vétérinaires. Aujourd’hui, cela ne se reproduirait pas. » Difficile de s’en convaincre.

 

30 minutes de silence

 

Pendant 30 minutes, la salle est restée silencieuse devant la diffusion des images demandée par les différentes parties. La souffrance des animaux revient au premier plan.

 

Les ouvriers ne doivent pas être nos boucs émissaires

 

Commencent ensuite les auditions de trois des ouvriers inculpés dans ce dossier, le quatrième étant représenté par son avocat. À la barre, ces jeunes hommes se succèdent. Deux d’entre eux ont grandi dans le monde de l’élevage et travaillent au sein de l’exploitation familiale après leur journée à l’abattoir. Tous ont appris sur le tas le métier d’opérateur d’abattoir, en observant leurs collègues ; au mieux, ils ont suivi deux journées de diapositives et de QCM en guise de formation sur le « bien-être des animaux ». Ils sont francs dans leurs réponses, expliquent calmement la violente banalité de leurs tâches.

 

Le travail à l’abattoir commence à 4 h le matin. C’est physiquement éprouvant, et il faut être polyvalent pour pouvoir remplacer les absents et ceux qui régulièrement décident de quitter l’abattoir. Les problèmes liés au matériel sont nombreux et la direction ne réagit pas, malgré leurs demandes.

Tous s’accordent à dire que la période durant laquelle ont été filmées les images était intense, comme chaque année avant les fêtes de Pâques. En effet, rien que sur le mois de mars 2016, 11 000 agneaux ont été tués à l’abattoir de Mauléon. Et face à ces cadences, il n’est pas rare que des collègues manquent à l’appel, refroidis par la perspective de journées harassantes. Mais en écoutant leur témoignage et en visionnant les images, il apparaît clairement que les cadences de cette semaine n’expliquent pas le matériel défaillant, le piège inadapté, ou l’usage de violence supplémentaire pour mener les animaux à la tuerie. Le président du tribunal montre une bonne connaissance du dossier et pose des questions pertinentes. Il cherche à déterminer ce qui relève des manquements des ouvriers et ce qui relève de la responsabilité de leurs supérieurs.

 

L’un d’eux reconnaît avoir jeté un agneau contre le mur par énervement. Mais ils sont formels : jamais ils n’ont souhaité faire souffrir des animaux. Pour eux, qui baignent chaque jour dans le sang, les cris et la terreur des animaux, il semble difficile de comprendre l’émotion suscitée par ces images. D’autres événements, comme l’écartèlement d’un agneau, sont unanimement considérés comme des accidents : les cadences sont élevées et un opérateur doit occuper plusieurs postes à la fois, en courant de la zone d’étourdissement à la saignée des animaux. Dans ces conditions, difficile pour une seule personne de pallier tous les dysfonctionnements.

 

En assistant à leurs témoignages, on comprend toutes les incohérences de ce système violent, qui demande à des hommes de mettre à mort les animaux sans leur faire de mal. Comme s’il était possible de mettre à mort sans faire de mal…

 

Sur les ouvriers d’abattoirs, lire notre note sur le livre Steak Machine

 

Ces hommes vont être jugés pour certains de leurs actes, et c’est bien normal. Ne tombons cependant pas dans le travers qui consisterait à les tenir pour principaux responsables de la souffrance et de la mort des animaux. Ce ne sont pas des bourreaux assoiffés de sang, ils ne sont que la main armée de notre société qui considère les animaux comme des ressources à notre disposition. Un système qui broie, enferme et tue chaque jour 3 millions d’animaux rien qu’en France.

 

Responsabilité de l’abattoir : la dérobade !

 

Dans cette affaire, l’abattoir de Mauléon-Licharre est poursuivi en tant que personne morale, ainsi que son ancien directeur, aujourd’hui retraité. Devant le tribunal, celui-ci rejette toute responsabilité : il n’était au courant de rien, est tombé des nues lorsqu’il a appris que ses salariés agissaient de la sorte, et avait tout mis en place pour que cela n’arrive pas.

 

Pourtant, au fil des discussions, on comprend que de nombreux équipements étaient inadaptés ou dysfonctionnaient : le restrainer, ce tapis roulant qui amène les agneaux en file indienne vers la pince à électronarcose censée les étourdir, fonctionne mal, et il n’est pas possible pour l’opérateur d’en ralentir la cadence. Les agneaux, parfois excités ou stressés, parviennent à passer au-dessus des autres et tombent parfois sur la table d’affalage sans être étourdis. La pince, qui s’actionne automatiquement lorsqu’un agneau arrive à sa hauteur, n’est pas adaptée à la morphologie des agneaux et se serre parfois sur le poitrail des animaux. La pince de secours est absente. La table d’affalage, sur laquelle ils tombent avant d’être accrochés sur la chaîne par une patte, est mal fixée et bouge parfois tellement que les animaux tombent par terre… Bref, des problèmes de matériel récurrents, non corrigés.

De la même manière, la direction de l’abattoir est au courant de certaines mauvaises pratiques. Elle sait que l’aiguillon électrique est utilisé de manière systématique sur les animaux dans la bouverie (et défend même son usage). Elle sait que le « responsable qualité », chargé de veiller aux « bonnes pratiques », n’y consacre qu’une partie infime de son temps puisqu’il travaille lui aussi sur la chaîne. Elle sait que le box d’immobilisation des bovins n’est pas adapté à la taille des veaux et qu’ils rentrent donc à deux ou trois au lieu d’être étourdis seuls. Aucun problème puisque cette pratique, pourtant illégale, est encouragée par les services vétérinaires !

 

L’abattoir sait aussi que les ouvriers sont peu nombreux et qu’ils occupent plusieurs postes à la fois. Même dans ces conditions, le directeur maintient la cadence, sans arrêter la chaîne d’abattage. C’est bien simple, le « bien-être animal » était la dernière des préoccupations de l’abattoir dont, rappelons-le, l’objectif premier est d’être rentable.

À ce stade, les débats deviennent pénibles pour ceux qui gardent à l’esprit la souffrance des animaux. S’il est évident qu’il faut veiller au respect des règles pouvant éviter des souffrances supplémentaires aux animaux, ces mesures minimales qui semblent contenter toute la salle ne font qu’occulter le fond du problème : quels que soient le mode d’abattage ou la vigilance des ouvriers, il n’existe aucune manière de tuer avec respect quelqu’un qui ne veut pas mourir.

 

Quand la tromperie prend le pas sur la souffrance animale

 

Suite à ces auditions, les réquisitions du procureur de la République ont mis l'accent sur la responsabilité majeure de l'abattoir et de son ancien directeur dans les infractions mises à jour par notre enquête. Au total, ce sont plus de 50 000 € d’amendes qui sont requis contre l’abattoir. Son ancien directeur, quant à lui, risque 6 mois de prison avec sursis et 7 500 € d’amendes. Pour les salariés, des condamnations allant de 100 à 700 € ont été requises.

 

Mais la plus lourde peine encourue porte sur le délit de tromperie sur la qualité des « produits ». Sans cela, le procès n’aurait pas eu lieu en correctionnelle mais devant le tribunal de police.

 

L’association de protection des consommateurs UFC-Que Choisir s’était à ce titre constituée partie civile. En effet, l’abattoir tuait des animaux élevés selon les cahiers des charges Label rouge ou bio, et les vidéos ont révélé des agissements susceptibles de tromper le consommateur, qui achète sa viande plus cher en espérant une meilleure protection des animaux.

 

Pourtant, la seule différence imposée par le Label rouge dans les abattoirs est l’interdiction de l’usage de l’aiguillon électrique sur les animaux. En bio, les animaux doivent être les premiers à passer sur la chaîne, pour leur éviter le stress de l’attente. Pour le reste, les prescriptions sont les mêmes pour tous les animaux et relèvent du terme on ne peut plus flou de « bien-être animal », sans exigence particulière pour éviter aux animaux des souffrances accrues.

 

C’est un fait : aujourd’hui, notre législation considère que la tromperie du consommateur est bien plus grave que les souffrances endurées par les animaux…

 

Interbev partie civile : une mascarade !

 

Pour ce procès, onze parties civiles étaient présentes. Parmi elles, majoritairement des associations de défense des animaux ou des consommateurs, mais aussi la Fédération nationale bovine (FNB) et Interbev ! On se demande bien ce que ce lobby de la viande, proche de la FNSEA et de sa vision hyper productiviste, était venu faire à Pau. Si ce n’est utiliser cette tribune pour affirmer la « grande préoccupation de la filière viande pour le bien-être animal », et attaquer gratuitement L214 au passage.

 

Après avoir accusé notre association de sélectionner et de monter les images pour servir son idéologie – l’interdiction de la viande à tous, rien que ça –, l’avocat d’Interbev a soutenu que l’abattoir de Mauléon était l’exception qui confirme la règle et qu’il ne fallait pas mettre tout le monde dans le même panier.

 

La filière commencerait-elle à s’inquiéter sérieusement des répercussions des vidéos tournées dans les abattoirs ?

 

Sans vidéo, pas de procès !

 

Une chose est sûre : sans les images capturées dans l’abattoir de Mauléon, ce procès n’aurait jamais eu lieu. Sans elles, les souffrances endurées par les animaux seraient restées invisibles.

En 2016, à la suite des vidéos diffusées par L214 concernant les abattoirs d’Alès, Le Vigan et Mauléon, le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll avait ordonné un audit dans tous les abattoirs français. Les résultats étaient sans appel : 80 % des chaînes d’abattage présentent des non-conformités. Ces visites avaient entraîné l’arrêt de plusieurs chaînes d’abattage. Aucun procès ne viendra toutefois sanctionner ces infractions et les souffrances qu’elles ont généré pour les animaux. Du côté d’Interbev et de la FNB, qui crient pourtant sur tous les toits que le « bien-être des animaux » est pris au sérieux par la filière, silence radio. C’est qu’il est sans doute plus facile de pointer du doigt un abattoir en le désignant comme l’exemple à ne pas suivre plutôt que de s’attaquer au problème dans sa globalité.

 

Les seuls procès qui ont lieu s’appuient sur des vidéos diffusées par L214. Le contrôle vidéo, déjà porté en 2017 par le député Olivier Falorni, permettrait que des abattoirs puissent être mis face à leurs responsabilités. 85 % des Français sont favorables à cette mesure. Emmanuel Macron s’était d’ailleurs engagé à la rendre obligatoire lors de la campagne présidentielle. Pourtant, c’est un amendement « poudre aux yeux » qui a été voté par les parlementaires sous l’impulsion du gouvernement en mai 2018 : le contrôle vidéo pourra être mis en place dans les abattoirs à titre expérimental et sur la base du volontariat...

 

La prise en compte grandissante de la souffrance animale par les juridictions

 

Ce procès et les quelques autres qui ont précédé ont une dimension historique. Il y a encore cinq ans de cela, nous n’aurions jamais pu espérer qu’un tribunal consacre deux jours à des cas de maltraitance en abattoir. Le procureur de la République et les services du Parquet ont mené un important travail pour que cette affaire soit audiencée et qu’elle débouche sur des poursuites.

 

Bien entendu, ce procès ne change rien aux souffrances endurées par les animaux dans l’abattoir de Mauléon. Il ne remet pas non plus en question notre légitimité à tuer les animaux. Mais il a tout de même permis de mettre en lumière un système profondément violent à l’égard des animaux et des personnes qui y travaillent. L’abattoir de Mauléon est un abattoir comme les autres. Les animaux y souffrent intensément et y trouvent la mort. On s’en doutait. Mais lorsqu’on le voit de ses yeux, on réalise vraiment le sens de ces mots.

 

Gageons que ce procès est le signe d’une société en pleine évolution, le balbutiement d’une prise de conscience collective et que, demain peut-être, l’existence même des abattoirs sera la vraie question.


Bannière Enquête à l’abattoir de Mauléon-Licharre : le procès s’ouvre le 17 septembre à Pau

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Il y a deux ans, L214 révélait des images insoutenables tournées dans l’abattoir certifié bio de Mauléon-Licharre. Le procès qui en découle, en partie basé sur l’enquête de l’association, va enfin se tenir à Pau les 17 et 18 septembre prochains.

 

En 2016, les images de l’abattoir de Mauléon-Licharre avaient profondément choqué l’opinion publique. Animaux tirés par les oreilles ou par la toison, usage de l’aiguillon électrique, coups de pied, coups de crochet sur la tête pour assommer, agneau lancé, agneau écartelé, étourdissements ratés, saignées tardives, animaux saignés conscients… Au total, la liste des infractions est longue, très longue. Le procureur de la République en a retenu pas moins de 195. Et si ce procès a lieu, c’est grâce à l’enquête de L214. Réalisée au mois de mars 2016, juste avant les fêtes de Pâques, elle révélait les pratiques ignobles d’un abattoir certifié bio et qui met en avant le Label Rouge et l’IGP (indication géographique protégée).

À la suite de son enquête, L214 avait porté plainte contre l’abattoir auprès du procureur de la République de Pau pour maltraitances, sévices graves et actes de cruauté. Après examen de l’ensemble des images et des documents fournis par L214 à la justice, le procureur a engagé des poursuites devant le tribunal correctionnel. C’est ce procès, qui mettra en cause la responsabilité pénale de l’abattoir, de son ancien directeur et de quatre de ses employés, qui s’ouvrira le lundi 17 septembre à 9 heures. L214 y sera partie civile aux côtés d’autres associations.

 

Être tué à l'abattoir de Mauléon

 

Rappel des faits

 

Pour l’association L214, l’audience de Mauléon sera l’occasion de faire reconnaître la responsabilité de l’abattoir et de mettre en lumière l’inaction de l’État et des services vétérinaires. Brigitte Gothière, porte-parole de l'association souligne que « ces images ont été captées et diffusées pour rendre visible un système violent qui met à mort 3 millions d’animaux chaque jour en France. Elles ont aussi montré que la réglementation dans les abattoirs ne sert qu’à rassurer les consommateurs : elle n’y est même pas appliquée, aggravant encore les souffrances endurées par les animaux. Ce procès doit sanctionner les infractions, mais aussi être l’occasion de nous interroger sur notre responsabilité collective, sur la légitimité de continuer à tuer des animaux. »

 

Les abattoirs, une question de société

 

Les seuls procès comme celui là s’appuient sur des vidéos diffusées par L214.

En 2016, suite à nos enquêtes, Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, avait ordonné des contrôles dans l’ensemble des abattoirs « d’animaux de boucherie ». Le rapport de cet audit avait révélé que 80 % des chaînes présentaient des non-conformités : aucun procès n’a eu lieu sur cette base.

Le contrôle vidéo, déjà porté début 2017 à l’Assemblée nationale par le député Olivier Falorni, permettrait pourtant que des abattoirs puissent être mis face à leurs responsabilités. 85 % des Français sont favorables à cette mesure. Emmanuel Macron s’était d’ailleurs engagé à la rendre obligatoire lors de la campagne présidentielle. Pourtant, c’est un amendement « poudre aux yeux » qui a été voté par les parlementaires sous l’impulsion du gouvernement en mai 2018 : le contrôle vidéo pourra être mis en place dans les abattoirs mais seulement à titre expérimental et sur la base du volontariat !

Au delà de l’aspect réglementaire, soulignons qu’on demande l’impossible aux ouvriers d’abattoir : tuer avec douceur et respect des êtres qui ne veulent pas mourir, qui résistent autant qu’ils le peuvent. Si les ouvriers doivent répondre de leurs actes, ils n’ont pas à porter la responsabilité de ce système violent. Les différentes enquêtes menées par ailleurs ont montré que la violence des abattoirs s’exerce aussi sur eux. En marge de ce procès, ce qui doit être interrogé, c’est notre responsabilité collective en tant que société qui fait naître, exploite et tue chaque jour en France sans nécessité 3 millions d’êtres sensibles.


Bannière Pour des Kapparot de la compassion

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Mardi 18 septembre, la communauté juive célébrera Yom Kippour, le Jour du Grand Pardon. Dans certaines communautés orthodoxes, cette fête sera précédée du sacrifice brutal d’innombrables poulets pour les Kapparot. Une fois encore, des voix s’élèvent, y compris dans la communauté juive, pour réclamer la fin de ces actes cruels envers les animaux.
 

Le sacrifice de poulets pour les Kapparot, un rituel cruel

 

Les Kapparot sont célébrées la veille ou les jours précédant la fête de Yom Kippour. Pour s’absoudre de leurs péchés, certains pratiquants font tourner plusieurs fois au-dessus de leur tête un poulet en prononçant des paroles rituelles. Les poulets sont ensuite sacrifiés selon le rite, c’est-à-dire qu’ils sont égorgés sans étourdissement et vidés de leur sang. Selon certaines interprétations du rite, leurs corps sont ensuite offerts aux plus démunis. Sur les images que nous avions obtenues en 2016, ils étaient jetés à la poubelle.

 

 

Cette mise à mort brutale n’est que la fin d’une longue période de souffrance pour les oiseaux : entassés dans des caisses, ils sont parfois laissés sans nourriture des jours durant, avant d’être égorgés et abandonnés à leur agonie – des pratiques décrites en détail et dénoncées par l’association états-unienne Alliance to End Chickens as Kaporos.
 

Des officiels israéliens encouragent à célébrer les Kapparot sans souffrance

 

Ces pratiques sont d’autant plus inacceptables qu’il est tout à fait possible d’accomplir le rituel des Kapparot avec de l’argent plutôt qu’en sacrifiant un poulet : cette année encore, des responsables politiques ou religieux ont d’ailleurs pris la parole pour le rappeler.

Début septembre, le Grand Rabbin Meir Mazouz a enjoint les pratiquants à donner de l’argent, notamment pour épargner aux oiseaux une terrible souffrance : « Comment cela peut-il apporter du réconfort aux plus démunis ? Parfois ces poulets sont entassés dans des voitures pendant des jours, c’est maltraiter les animaux ! ». Le rabbin a aussi rappelé que cette pratique est de peu d’utilité pour les pauvres : il considère qu’un don charitable pour les Kapparot permet d’aider plus efficacement ceux qui en ont le plus besoin.

Le lendemain de cette déclaration, c’était au tour du monde politique de faire entendre un appel à la compassion : le ministère de l’Agriculture israélien a ainsi lancé une campagne pour conseiller aux citoyens de fêter les Kapparot en utilisant de l’argent, et non pas un poulet. Un petit dessin animé a notamment été réalisé : on y voit un homme préparer un poulet pour les Kapparot, et tandis que celui-ci proteste contre son sacrifice, la voix off dit alors : « Cette année, célébrons les Kapparot avec de l’argent et venons en aide aux plus démunis. »

 

 

Les Kapparot aujourd’hui : l’heure de la compassion

 

Ce n’est pas la première fois que de hauts responsables appellent à la bienveillance envers les animaux, et demandent aux pratiquants d’épargner les poulets lors des Kapparot : les villes de Tel-Aviv, de Rishon Letzion et de Petach Tikva ont même d’ores et déjà interdit le sacrifice à cette occasion – une décision prise pour protéger les animaux. Mais en France, les responsables religieux tardent à prendre position publiquement au sujet des oiseaux brutalisés et tués pour les Kapparot.

En 2016, L214 avait pourtant appelé le Grand Rabbin de France et le Grand Rabbin de Marseille à s’exprimer en faveur des poulets sacrifiés. En réponse à notre enquête, les chefs religieux avaient d’ailleurs affirmé s’opposer au sacrifice des poulets tel qu’on peut l’observer sur nos images : « La très regrettable dérive que vous avez observée est en totale contradiction avec la Halakha (loi juive) et le droit français », précisait ainsi le Grand Rabbin de France dans la lettre qu’il adressait à L214 en 2016.

Espérons cette année que le vent tourne et que ces appels à la compassion soient enfin entendus.


Bannière L’étonnante histoire de Fred, un bouc champion de l’évasion

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Fred le bouc

Fred, le bouc champion de l’évasion. Hackettstown, États-Unis.
Crédit : Robert Miller / New York Post

 

Il aurait pu s’agir d’un conte né de l’imaginaire de Charles Perrault, mais non, ce récit est bien réel. Un bouc semble avoir guidé des dizaines d’animaux hors de l’enclos d’un marché aux bestiaux d’une petite ville américaine.

 

Par ici la sortie ! C’est peut-être ce qu’a dit ce bouc (en langage de bouc, bien sûr) à des dizaines d’animaux enfermés dans un enclos lors d’une vente aux enchères à Hackettstown, une ville de 10 000 habitants située dans le nord-ouest du New Jersey, rapporte le New York Post. Ce bouc, les habitants l’ont appelé Fred. Serait-il le roi de l’évasion comme Jacques Mesrine ? Possible, à en croire Bouwe Postma, le directeur de l’établissement de vente aux enchères. L’homme raconte qu’il y a un peu plus d’un an, Fred « s’est échappé et [que] cette fois, il a décidé de revenir sur place pour libérer ses camarades ».

 

Rendons tout de suite justice à Fred, car contrairement à Mesrine – qui avait un casier judiciaire long comme le bras – le seul tort de Fred est d’être né bouc, dans un monde qui utilise les animaux comme des produits de consommation et que l’élevage n’est pas forcément un lieu de vie enviable, comme nous le dénonçons régulièrement dans nos enquêtes vidéo.

 

Pour parvenir à cette évasion digne de Chicken Run ou d’un épisode de Faites entrer l’accusé, Fred s’est servi d’une faille dans la sécurité de l’enclos. Grâce à sa perspicacité, « des dizaines de chèvres et de moutons se sont ainsi faufilés par une porte mal verrouillée », explique le journal américain. Mais « mal verrouillée » ne signifie pas complètement ouverte. Fred a en effet dû agir avec un certain acharnement pour venir à bout du portail. C’est à coup de cornes qu’il aurait fait céder l’enclos, rapportent plusieurs témoins.
 

Conséquence, la population et la police se sont organisées pour parvenir à rattraper les animaux en fuite. Il aura fallu plus d’une heure pour récupérer la plupart des fugitifs, mais pas tous. Fred ne serait donc plus le seul caprin libre de la région. Le sergent Darren Tynan, porte-parole de la police locale, explique qu’« entre 10 et 20 autres individus seraient encore en liberté ». Vont-ils rester libres ? Rien n’est moins sûr, car même si de nombreuses alternatives végétales à la consommation de produits d’origine animale existent, l’objectif était bien de récupérer ces animaux épris de liberté pour qu’ils retournent dans le circuit viande.

La grande vadrouille

Deux moutons échappés de la vente aux enchères après l’intervention de Fred. Hackettstown, États-Unis.
Crédit : Hackettstown Police / New York Post

 

Et ce n’est pas tout : le plus extraordinaire, c’est que Fred n’a pas lâché le morceau ! Visiblement conscient de ses capacités, il est revenu à la charge dès le lendemain. Le jeudi après-midi qui a suivi la grande évasion, « Fred s'est présenté devant l'installation et a donné des coups de cornes dans le portail à de nombreuses reprises, devant un troupeau d’animaux nouvellement rassemblé, apparemment dans le but de les laisser sortir », explique un témoin de la scène. Ce récit viendrait donc appuyer un peu plus l’idée que Fred se cache derrière ces évasions multiples.

 

« C'était lui [hier soir], a déclaré Bouwe Postma. Je pense que c’est le coupable. Il a dû frapper cette clôture et laisser le troupeau sortir la nuit dernière. J’en suis presque certain. Il a dû mettre beaucoup d’énergie pour y parvenir ». Pour corroborer ces dires, il n’y a qu’à s'appuyer sur les rapports officiels. Les policiers ont en effet rédigé plusieurs notes indiquant que Fred se trouvait dans la localité quelques heures avant les évasions. Ce bouc hors norme serait donc le leader de ce groupe d’animaux et aurait même expliqué sa technique à ses congénères et aux moutons présents sur place.

 

Cette histoire en fait réfléchir plus d’un sur la condition animale. « Les gens ont tendance à prendre fait et cause pour les évadés. J'avoue que j'apprécie plutôt ces évasions, mais je comprends aussi le point de vue de l'acheteur. Il a une entreprise à faire tourner », explique la maire de Hackettstown, Maria DiGiovanni. Un brin démagogique ? À vous de juger !

 

Et si vous pensez que cette histoire n’est qu’un conte anthropomorphique de militants de la cause animale, sachez que les journalistes Amanda Woods et Jennifer Bain ont rédigé leur article dans le New York Post (disponible ici) sur la base des témoignages de professionnels du monde de l’élevage, de la maire de la ville, des policiers locaux et des habitants de Hackettstown, et non d’activistes. Cet exemple de résistance et de compassion dont fait preuve Fred nous invite à remettre en question le spécisme de nos sociétés. Alors, pourquoi continuer l'exploitation et l'utilisation des animaux par les humains ? N’est-il pas temps de prendre en compte leurs intérêts ?

 

--- Mise à jour 3 septembre 2018 ---

 

Après avoir été affranchi pendant plus d'un an de le vie en élevage, Fred n’est malheureusement plus un animal libre. La police de Hackettstown a publié sur sa page Facebook le 29 août une photo de Fred avec un petit texte expliquant qu’il avait été capturé. Depuis, plus d’une centaine de commentaires appellent à l’épargner. L’histoire de ce bouc hors du commun suscite une grande empathie et le refuge pour animaux de ferme Woodstock a proposé d’offrir à Fred un nouveau lieu de vie. Pour l’instant, cette proposition est restée lettre morte.


Bannière Célébrer la fin de l'année avant la fin de l'été, un record pour la planète !

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Aujourd’hui, mercredi 1er août 2018, l’humanité a consommé l’ensemble des ressources que la Terre peut produire en une année. Ce serait acceptable si 2018 s’arrêtait là, mais malheureusement ce n’est pas le cas.

D'après le WWF, si le monde entier vivait comme les Français, ce même jour aurait eu lieu le 5 mai 2018. Une estimation inquiétante qui doit nous interroger sur nos habitudes de consommation.

Trier ses déchets, veiller à sa consommation d'eau, acheter local... ce sont autant de petits gestes que nous effectuons pour essayer de diminuer notre empreinte écologique. Pourtant, il existe un geste simple et plus efficace pour agir contre le changement climatique : végétaliser son alimentation !

 

La production de viande, un désastre écologique

Selon l’Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l’Agriculture (FAO), l’élevage dans son ensemble est responsable de 14,5 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) dans le monde, soit plus que les émissions directes de tous les transports réunis.

Ours sur un bloc de glace à la dérive
L’élevage et la production de soja pour nourrir le bétail sont les premières causes de déforestation dans le monde. L’élevage bovin est ainsi responsable de 2/3 de la destruction de la forêt amazonienne pour l’installation d’exploitations ou de grandes cultures destinées à alimenter les animaux des élevages. Et si les zones de pâturage, quand elles existent, constituent des “puits de carbone”, la reforestation également, et de manière plus efficace.

En France, l’élevage est en plus responsable de 75 % des émissions d’ammoniac, qui est une des principales causes des pluies acides qui causent le dépérissement forestier. Un rapport de 1999 sur l’état des forêts en Europe indiquait déjà que 20 % des terres sont très acides, 2/3 des forêts sont endommagées et que 21,4 % d’entre elles ont subi une défoliation d’au moins 25 %.
 

Plus d'infos sur viande.info
 

Tout récemment, une étude publiée dans la célèbre revue scientifique américaine Science démontre que la viande, l’aquaculture, les œufs et le lait utilisent à eux seuls 83 % des terres agricoles du monde, alors qu’ils ne représentent que 18 % des apports caloriques, et 37 % des apports en protéines !

 

Heureusement, chaque repas sans produits animaux allège notre empreinte sur l'environnement !

L’impact de l’élevage sur le climat est tel que ne pas consommer de produits animaux une journée par semaine réduit davantage nos émissions de GES qu’acheter local sept jours sur sept, et l’empreinte carbone d’une alimentation végétalienne est de deux à trois fois moindre que celle d’une alimentation omnivore.

Nourriture végétales

Selon le Programme des Nations Unies pour l’Environnement, « Passer à un régime sans viande ni produits laitiers ni œufs revient à émettre moins d’émissions carbone que conduire une Prius. »

Adopter une alimentation végétalienne, ce n'est pas seulement agir pour les animaux : c'est aussi choisir une alimentation plus respectueuse de notre planète. 

 

Besoin d'un coup de pouce ? Tentez le Veggie challenge !

 Découvrez l'alimentation végétale sur Vegan Pratique


Bannière Gandhi, engagé pour le végétarisme

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Quantité de livres, d’articles, de reportages et de films sont sortis sur Gandhi, mais bien rares sont ceux qui traitent d’un engagement qui fut pourtant fondamental dans sa vie : celui pour le végétarisme et les animaux.

Le livre intitulé Du végétarisme (2018) offre un choix de textes inédits écrits par Gandhi lui-même et portant sur cette question. Dans la préface, Florence Burgat relève avec justesse que si « dans l’esprit de beaucoup, ce régime n’est probablement attaché à la figure du Mahatma que de manière vague : en tant qu’hindou, il devait être végétarien », Gandhi s’appropria en réalité le végétarisme jusqu’à en faire « une mission ».

Issu d’une famille strictement végétarienne, Gandhi avait pourtant été convaincu à l’adolescence de la nécessité de consommer de la chair animale. Un ami avait en effet réussi à le persuader que là résidait la clé de la santé et de la force, et que le fait que les Anglais soient des « carnivores » expliquait même leur suprématie sur l’Inde. Surmontant son dégoût, l’adolescent consomma donc en cachette une demi-douzaine de fois des plats comprenant de la viande – jusqu’à ne plus supporter de trahir la confiance de sa famille et décider de s’en abstenir jusqu’à être indépendant.

À l’âge de 18 ans, le jeune homme partait pour trois ans en Angleterre suivre des études de droit. S’il était végétarien, c’était alors uniquement par obligation familiale - condition sine qua non à son départ, il avait même dû prononcer trois vœux : ne toucher ni à la viande, ni au vin, ni aux femmes.

Mais, dès le voyage en bateau, les autres passagers l’exhortèrent à consommer de la viande, arguant que le climat anglais ne permettait pas de s’en dispenser. En Angleterre, un proche le harcela ensuite sans relâche, jusqu’à ce que Gandhi finisse par lui expliquer que, quelle que soit la justesse de ses arguments et quitte à passer « pour un imbécile », il ne pouvait en consommer puisque « un vœu est un vœu, et ne se renie pas. » Gandhi était pourtant loin d’avoir un environnement favorable : en plus de l’insistance de son entourage pour le pousser à renoncer au végétarisme, il ne mangeait pas à sa faim car les familles chez qui il logeait ne lui offraient que des légumes bouillis et quelques tranches de pain.

Mais tout allait changer. Lors d’une de ses longues marches quotidiennes, le jeune homme tomba par hasard sur un restaurant végétarien, trouvaille qui l’emplit d’une « joie comparable à celle de l’enfant qui voit enfin comblé son rêve le plus cher. » Il y acheta un livre, Plaidoyer pour le végétarisme de Salt, dont la lecture lui fit choisir et non plus subir le végétarisme : « J’optais pour le végétarisme, et sa propagation devint dès lors pour moi une mission. » Il adhéra bientôt à la Société végétarienne de Londres, puis fonda lui-même un club végétarien dans son quartier.

D’autres lectures et divers échanges alimentèrent sa réflexion. D’un point de vue éthique, il en vint ainsi à considérer qu’il devrait y avoir entre les êtres humains et les autres animaux une aide mutuelle, le plus fort devant protéger le plus faible, et non pas une relation de prédation. D’un point de vue spirituel, il se convainquit que l’on ne doit pas manger par plaisir, mais pour vivre – son aspiration pour l’ascétisme allait d’ailleurs influencer l’ensemble de sa vie.

 

 

Il renonça rapidement aux œufs et aux produits laitiers. Si les œufs sont généralement considérés comme de la viande par les hindous, le lait et le beurre clarifié (ghee) sont par contre très estimés, mais pour Gandhi, le seul lait éthiquement autorisé était le lait maternel, et il fit le vœu de ne plus en consommer.

Gandhi expérimenta tout au long de sa vie divers modes d’alimentation, dont certains franchement excentriques. Si on sait aujourd’hui quels dangers représente une alimentation mal équilibrée, la science et la médecine de l’époque ne lui furent malheureusement d’aucun secours. Totalement ignorant des bases d’une alimentation végétale équilibrée, il se nourrit par exemple exclusivement de beurre de cacahuète, de jus de citron et de fruits pendant des mois ; une autre fois, c’est pendant une année entière qu’il se priva de légumineuses (dont les bienfaits sont aujourd’hui largement démontrés), ou bien, il ne décidait de ne manger que des céréales. De façon générale, il ne consommait pas plus de cinq aliments différents par jour, souvent un seul repas, quand il ne jeûnait tout simplement pas. Ces expériences eurent pour effet prévisible de ruiner sa santé, et il dut se résoudre à consommer du lait de chèvre, ce qui fut « la tragédie de [sa] vie » puisqu’il rompit ainsi un vœu. « Si je le pouvais, je cesserais de consommer du lait ; mais je ne le peux pas. (...) J’ai cherché un substitut végétal au lait, mais, jusqu’à présent, je n’en ai pas trouvé », explique-t-il plein de regrets.

Les textes réunis dans Du végétarisme nous permettent de mieux connaître l’engagement de Gandhi en faveur du végétarisme, et aussi de comprendre comment il fut constamment déchiré entre son désir profond d’adopter une alimentation vegan (le mot n’existait pas encore à l’époque), et le fait de ne pas pouvoir le faire, faute de connaissances scientifiques suffisantes.

Il est certain que les connaissances scientifiques et médicales actuelles sur l’alimentation végétale lui auraient évité bien des tourments et des erreurs. Il aurait sans nul doute été ravi de pouvoir en bénéficier afin de s’alimenter sans cruauté, et respecter ainsi ce qu’il chérissait le plus au monde : la non violence envers tous les êtres sensibles.

 

En savoir plus sur l'alimentation végétale

Gandhi, Du végétarisme, Payot Rivages, 2018. Préface de Florence Burgat.

En apprendre plus sur le site des éditions Payot


Bannière Ma petite crèmerie vegan

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On n’aurait pas osé en rêver, et pourtant fromages, laits et desserts lactés en version végétale sont désormais à portée de main ! Sébastien Kardinal nous les présente dans Ma petite crèmerie vegan : un livre de recettes étonnantes qui ravira les cuisiniers curieux. Du beurre demi-sel au cream cheese en passant par des fromages type bleu d’Auvergne, de nombreuses spécialités laitières sont recréées côté végétal. Bonus : ce petit livre nous propose même des recettes d’œufs au plat, en cocotte ou en omelette... toujours en version vegan, bien sûr !

 

Pour réaliser ces recettes surprenantes, vous découvrirez de nombreux ingrédients : des plus connus – comme les noix, laits végétaux, fécule... – aux plus inattendus – comme le raifort et la plante fromagère. On aime tout particulièrement apprendre à remplacer de façon ludique des ingrédients que l’on pensait irremplaçables, grâce aux nombreuses astuces distillées au fil du livre ! Avec un tel raffinement, le temps de réalisation de ces recettes ne peut être aussi court que pour des plats plus basiques, mais on peut vous dire (on a testé !) que ça en vaut la peine ! Les photos réalisées par Laura VeganPower, acolyte de longue date de Sébastien Kardinal, ne pourront que vous mettre l’eau à la bouche...

 

Ce petit bouquin, c’est la crème de la crème ! Ne le loupez pas !

 

Sébastien Kardinal et Laura VeganPower, Ma petite crèmerie vegan, La Plage, 2017.

 

petite-crèmerie-vegan

 


Bannière Cantines scolaires : et s'il y avait moins de viande à l'école ?

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Et si on végétalisait les menus des cantines scolaires ? C’est l’objectif que s’est fixé Douchka Markovic, adjointe à la Mairie du XVIIIe arrondissement de Paris, chargée du développement durable, de l'alimentation et de l'environnement. Après avoir obtenu l’introduction d’un repas végétarien par semaine dans les cantines de son arrondissement, sa rencontre avec un collectif de parents d’élèves l’a amenée à instaurer une alternative végétarienne quotidienne à compter de la rentrée 2018 ! Nous sommes allés à sa rencontre pour en savoir plus.

Douchka Markovic agit pour les animaux !

 

Végétaliser les cantines scolaires : l’engagement politique de Douchka Markovic

Militante de longue date pour les animaux, Douchka Markovic a toujours œuvré depuis son élection pour la végétalisation de la restauration scolaire : « J’ai commencé à me politiser suite au décret qui oblige les cantines scolaires à servir de la viande à tous les enfants. Cela a été un électrochoc : j’ai compris qu’il était de mon devoir d’entrer en politique. Les défenseurs des animaux n’y sont pas assez nombreux, et c’est pourtant le lieu où les choses bougent ! »

Déterminée à agir tant pour les animaux que pour l’environnement, l’élue fait de la végétalisation de la restauration scolaire son objectif principal. En effet, végétaliser les menus de la restauration scolaire peut avoir un impact considérable : « Établir un repas végétarien pour tous dans les cantines, cela n’a l’air de rien, mais c’est énorme ! » souligne Douchka Markovic. « Dans le XVIIIearrondissement, environ 14 500 repas sont servis dans les cantines chaque jour, soit pas moins de 4 tonnes de viande au quotidien. Un repas végétarien hebdomadaire dans nos cantines, c’est 144 tonnes de viande par an qui ne sont pas achetées, pas préparées, et pas servies

Végétaliser son alimentation pour l'environnement !

 

Douchka Markovic à la Marche pour la fermeture des abattoirs

Crédit photo : Violetta Dubicka

 

La végétalisation des menus dans la restauration scolaire est d’autant plus nécessaire que la cantine joue un rôle crucial dans la vie des enfants, celui de l’éducation à l’alimentation. D’après l’élue, « le rôle de la cantine est aussi de montrer qu’on peut très bien manger équilibré sans protéines animales : c’est un rôle majeur ! »

Sans compter que proposer des menus végétariens, c’est aussi une question de droits, d’égalité, de respect des choix de chacun. En effet, de nombreux enfants ne souhaitent pas manger de viande à l’école, que ce soit pour des raisons éthiques, environnementales ou religieuses. Pourtant, leur volonté n’est pas prise en compte : le décret cantines oblige les restaurants scolaires à préparer et à servir la viande aux enfants… qui ne la mangeront pas. Au-delà du gaspillage causé par cette mesure, il s’agit d’une véritable rupture d’égalité entre les enfants : ceux qui choisiront de ne pas consommer de viande ne mangeront pas un repas équilibré. Douchka Markovic le résume ainsi : « Il y a ceux qui vont manger à leur faim, et ceux qui ne vont manger que le pain. »

Pour toutes ces raisons, la végétalisation des repas servis en cantine scolaire est un enjeu de taille, auquel Douchka Markovic s’attaque dès son premier mandat.

 

 

Les écoles du XVIIIe arrondissement : du menu végétarien hebdomadaire à l’option végétarienne quotidienne

En septembre 2015, profitant de l'engouement autour de la COP21 de Paris, Douchka Markovic dépose un vœu au Conseil d’arrondissement pour demander un repas végétarien par semaine pour tous les élèves de son arrondissement : le texte est voté, et le repas végétarien hebdomadaire est introduit dans toutes les cantines du XVIIIe arrondissement dès 2016. D’après l’élue, « demander le repas végétarien hebdomadaire doit être une priorité, car il permet de réduire de manière significative la viande utilisée et son impact écologique, et qu’il concerne tous les enfants ».

Aujourd’hui, elle vient d’obtenir une nouvelle avancée : dès la rentrée 2018, les cantines scolaires du XVIIIe arrondissement proposeront tous les jours une alternative végétarienne qui permettra à tous les enfants qui le souhaitent de manger un repas équilibré sans viande ni poisson. Il s’agit là d’une avancée considérable, car si de plus en plus d’écoles proposent des journées végé, l’offre végétarienne régulière est encore bien peu répandue ! Ce résultat est le fruit de la rencontre entre Douchka Markovic et un collectif de parents qui militait pour l’alternative végétarienne dans les cantines du XVIIIe.

 

Le collectif "Ma Cantine, mon Choix, ma Santé" et Douchka Markovic

Une question ? Écrivez au collectif à l’adresse

 

Un collectif de parents d’élèves déterminé

Composé d’une dizaine de parents d’élèves, le collectif “Ma Cantine, mon Choix, ma Santé” s’est formé pour demander des repas végétariens aux enfants scolarisés dans le XVIIIe. Ce sont des raisons bien différentes qui ont amené ces familles à refuser la viande : éthique, environnement, laïcité… L’une des petites filles refuse ainsi tout simplement de manger des animaux, alors même qu’elle n’a pas grandi dans une famille végétarienne. Pourtant, ils sont unis par une volonté : « Nous voulons que nos enfants soient respectés dans leurs droits. S’ils ne souhaitent pas manger de viande à la cantine, ils devraient pouvoir le faire ! » affirme Douchka Markovic.

Le collectif diffuse des pétitions, mais comprend rapidement qu’il aura aussi besoin d’un soutien au niveau politique pour faire entendre cette revendication. Ils font appel à Douchka Markovic, qui agissait de son côté pour végétaliser les menus de la restauration scolaire. Et quelle n’a pas été la surprise de l’élue, qui pensait être la seule à soutenir l’introduction d’une alternative végétarienne dans les cantines, en recevant leur message !

Après leur premier échange, l’élue et le collectif commencent à travailler ensemble : Douchka Markovic dépose un nouveau vœu au Conseil d’arrondissement pour garantir une alternative végétarienne quotidienne dans la restauration scolaire, tandis que les parents d’élèves font signer des pétitions sur Internet, comme à la sortie des écoles. À ce sujet, Douchka Markovic rappelle d’ailleurs que « pour obtenir le soutien des autres parents d’élèves, il est fondamental de se rappeler qu’on ne leur demande pas de choisir le menu végétarien pour tous les enfants, mais bien de signer une pétition qui défend les droits de chacun à choisir ses repas. »

Résultat ? Le vœu déposé par Douchka Markovic au Conseil d’arrondissement a été voté en novembre 2017, et les cantines scolaires proposeront une alternative végétarienne dès septembre 2018 ! Les parents d’élèves inscrits dans le XVIIIe arrondissement de Paris peuvent d’ores et déjà inscrire leurs enfants au menu végétarien : « Si des gens lisent mon témoignage et qu’ils ont des enfants qui fréquentent les écoles du XVIIIe, ou qu’ils connaissent des enfants qui fréquentent nos écoles, j’espère qu’ils s’inscriront dès maintenant ! C’est une initiative inédite, nous avons besoin de tout le soutien possible dès à présent, pour que la Caisse des écoles ne renonce pas à mettre en place cette alternative ! » nous indique Douchka Markovic avec conviction. « Pour que votre enfant puisse bénéficier du repas végétarien quotidien, il est important de s’inscrire dès à présent en téléchargeant le bulletin d’inscription à la cantine sur le site de la Caisse des écoles du XVIIIe arrondissement de Paris. Les inscriptions se poursuivent jusqu'en septembre ! »

Une question ? Écrivez à Douchka Markovic à l’adresse  adresse douchka

Mettez le mot "cantines" en objet du mail

 

Votre enfant n’a pas encore accès aux alternatives végé ? Voici la marche à suivre !

L’exemple donné par Douchka Markovic et par le collectif de parents d’élèves ayant œuvré pour l’obtention du menu végétarien est fort, car il nous montre que tout un chacun peut avoir une influence et agir concrètement pour les animaux et l’environnement. Alors, pour obtenir des repas végétariens dans les cantines de nos localités, comment procéder ?

Selon Douchka Markovic, la première étape pour des parents d’élèves désireux de mettre en place un repas végétarien hebdomadaire ou une alternative végétarienne dans les cantines de leur localité est de déterminer qui gère leur cantine  : « Les cantines scolaires sont gérées par la Caisse des écoles, laquelle est le plus souvent dépendante de la mairie. Pour les lycées, c’est différent : ils sont gérés par la région », nous précise l’élue.

Deuxième étape : se constituer en collectif. Rencontrer d’autres parents d’élèves ayant les mêmes objectifs pour agir ensemble rend l’action plus efficace ! Le collectif de parents d’élèves peut par exemple lancer des pétitions, afin de montrer le nombre de parents d’élèves soutenant leur initiative.

Troisième étape : rencontrer ses élus. Pour cela, il faut identifier les élus ayant un pouvoir de décision ou particulièrement influents, ou ceux qui sont le plus acquis à la démarche. Par exemple, les maires, les élus locaux, sont tenus de recevoir les citoyens qui le demandent. Et pour une rencontre réussie, n’oubliez pas de préparer vos arguments, notamment ceux auxquels vos interlocuteurs seront sensibles !

Et surtout : persévérer. « Le temps politique est long, et de telles décisions ne s’obtiennent pas du jour au lendemain… Il est important de rester patient et de persévérer pour atteindre ses objectifs ! », rappelle Douchka Markovic.

 

Et après ?

Proposer l’introduction de l’alternative quotidienne ou du menu hebdomadaire végétariens (ou, encore mieux, végétaliens !) à l’échelle locale a un impact significatif en termes de vies animales et d’environnement... D’autant que les communes sont de plus en plus nombreuses à les proposer, montrant ainsi l’exemple à d’autres localités, tant et si bien qu’elles pourraient susciter un effet domino !

 

--- Mise à jour du 7 septembre 2018 ---

 

Objectif atteint !

Bonne nouvelle de la rentrée : 11 % des demi-pensionnaires - soit plus de 1 000 enfants - sont inscrits au repas végé ! Félicitations à Douchka Markovic et au collectif "Ma Cantine, mon Choix, ma Santé" pour cette belle réussite.


Bannière #800millions : mobilisation des bénévoles L214 !

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Les 16 et 23 juin derniers, près de 500 bénévoles de l’association L214 se sont mobilisés dans les rues d’une trentaine de villes. Leur but ? Sensibiliser les passants au sort des poulets, les informer sur leurs conditions d’élevage ainsi que sur l’existence d’alternatives végétales. En France, 800 millions de poulets sont élevés chaque année pour la consommation alimentaire et 83 % d’entre eux vivent en élevage intensif. Cette action fait suite à la diffusion d’une nouvelle enquête tournée dans un élevage vendéen fournissant la marque Maître Coq.

Voir notre enquête sur l'élevage intensif de poulets

 

 

Un happening pour dénoncer

De Lille à Marseille, les bénévoles L214 ont organisé une action visuelle sur les conditions d’élevage des poulets.

Parce que les images valent mille mots, des photos grand format permettaient de visualiser les conséquences dramatiques de l’élevage intensif. Entassement, enfermement, litière sale dégageant de gaz nocifs : voilà le lot quotidien de millions de poulets, qui connaissent 35 jours de souffrances avant d’être envoyés à l’abattoir.

Et ces souffrances sont encore aggravées par de nombreux problèmes de santé dus à leur croissance accélérée : troubles pulmonaires, cardiaques, boiteries…. Les poulets, sélectionnés génétiquement pour grossir en un temps record, peinent à supporter le poids de leur propre corps. Certains n’arrivent même plus à se déplacer pour s’alimenter et meurent alors sur place.

 

 

Les militants avaient également organisé des mises en scène : au sol, 22 poulets en carton, disposés sur un mètre carré, permettaient de visualiser l’espace minuscule dont disposent ces oiseaux en élevage intensif. Pressés les uns contre les autres, les poulets ont à peine l’espace nécessaire pour se mouvoir.

À l’aide de pochoirs, des silhouettes de poulets ont été dessinées au sol, symboles des millions de victimes de la consommation effrénée de produits d'origine animale.

 

 

Des dégustations pour découvrir

Les bénévoles avaient également mis les petits plats dans les grands afin de faire découvrir les alternatives végétales à la viande de poulet : nuggets, émincés et autres préparations… Les alternatives sont nombreuses, pratiques et savoureuses ! Ces dégustations ont permis de valoriser l’alimentation végétale, car seul l’arrêt de la consommation de viande permettra d’épargner ces souffrances aux animaux.

 

Les blind tests (dégustations à l’aveugle) ont carrément bluffé les passants ! Pensant déguster du poulet, ces derniers se sont laissé surprendre par le goût et les variétés de ces simili-carnés. “Délicieux, savoureux, tendres”, les produits présentés ont été accueillis avec beaucoup d’enthousiasme. D’ailleurs, d’après un récent sondage, 66 % des Français se déclarent prêts à remplacer une partie de leur consommation de viande de poulet par des alternatives végétales.

 

 

Agir pour les poulets est primordial !

Cette action s’inscrit dans la nouvelle campagne de L214, “800 millions - Poulets d’origine exploitée”. Pourquoi cette initiative ? Parce qu’il est urgent de sensibiliser les consommateurs aux conditions de vie de ces animaux !

En effet, en nombre d’individus, les poulets sont les animaux les plus consommés par les Français. Et contrairement à la consommation d’autres produits carnés, comme le bœuf ou le porc, la consommation de viande de poulets ne baisse pas.

Pourtant, les poulets sont des êtres sensibles, capables d’éprouver des émotions, comme nous. Ces oiseaux sociaux, intelligents, sont massacrés par centaine de millions dans les abattoirs français... Pour notre simple plaisir gustatif !    

Éthologie : les relations d’apprentissage entre une poule et ses poussins

 

Rien ne justifie la maltraitance occasionnée par ces élevages. Rien ne justifie le fait d’ôter la vie à un être qui aspire à la garder. Il ne tient qu’à nous de refuser ce mode d’élevage et de nous tourner vers une alimentation végétale.

La campagne 800 millions est aussi l’occasion de découvrir le Veggie Challenge Express, un défi d’une semaine vers la végétalisation de nos assiettes ! Plus de 3 000 personnes se sont déjà inscrites. Pourquoi pas vous ?

Et parce qu’aucun animal ne devrait avoir à vivre dans les conditions effroyables de l’élevage intensif, il est possible, dès aujourd’hui, de se positionner contre en signant le Manifeste, véritable plaidoyer contre l’élevage intensif. Vous aussi pouvez le signer et le partager autour de vous : les animaux comptent sur nous !

L214 remercie vivement les bénévoles qui se sont mobilisés avec enthousiasme pour sensibiliser le public au sort de ces animaux intelligents et sensibles.

 

Découvrez les photographies de l'action

Voir le site de la campagne 800 millions

 


Bannière Des salades qui nous font du bien

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Qu’elle est loin, l’ennuyeuse salade verte, accompagnement tristoune et attendu de tant de plats ! Une salade, ça peut être tout autre chose, une salade, c’est bien plus que ça ! Stéphanie Tresch Medici, alias la Fée Stéphanie, nous le prouve dans son nouveau livre Des salades qui nous font du bien. Tout en couleurs et en saveurs, l’auteure propose des recettes de salades équilibrées et délicieuses, qui constituent à elles seules un plat complet. Les salades tiennent enfin leur revanche !

 

Comment réussir une salade ?

Ne souriez pas, ce livre risque de vous apprendre plus d’une astuce pour réussir vos salades ! Une bonne salade, c’est d’abord un mariage de couleurs, de textures et de saveurs. Fraîches, gourmandes et nutritives, les salades nous en mettent plein les yeux et plein les papilles !

Varions les ingrédients ! Profitons de l’immense variété de salades des étalages de nos marchés – laitues, feuilles de chêne, batavia, chicorée, roquette, cresson, mâche… pour les allier aux fleurs, fruits, légumes et céréales, pousses et micropousses, noix, graines et graines germées en tout genre !

On épluche, on effeuille, on coupe et on découpe, on pile, on râpe, on décortique et on mélange, pour des salades qui craquent, qui croquent, et qui en surprendront plus d’un !

 

 

 

Un livre pratique, un livre magnifique !

Des salades à croquer - comme le livre en lui-même ! Photographies pimpantes et douces aquarelles font de cette promenade au pays des salades une aventure culinaire. Ouvrage complet, Des salades qui nous font du bien rassemble plus de 200 recettes originales, mettant en scène une trentaine de végétaux. Le premier chapitre présente d’ailleurs des recettes classées par légumes : bien pratique pour accommoder un reste de concombre, les poireaux trouvés au marché, ou tout simplement pour profiter avec gourmandise des légumes de saison !

Les autres chapitres sont tout aussi intéressants : on y trouve également des recettes de salades à présenter avec harmonie pour recevoir avec élégance – verrines et mezzé, aubergines rôties et spaghettis de légumes… Et pour varier ces recettes à l’infini, ce livre nous invite à la découverte de marinades et d’assaisonnements salés, sucrés, épicés, mais aussi d’accompagnements : sels, huiles, petits pains, crackers et fromages végétaux, de quoi garnir à merveille nos assiettes !

Un livre féérique ! Merci, la Fée Stéphanie !

 

 

Stéphanie Tresch Medici et Maud Argaïbi (photographe), Des salades qui nous font du bien,

Éditions la Plage, 2018.

 

 

À la découverte de la Fée Stéphanie !

Les délicieuses recettes de la Fée Stéphanie sont aussi à retrouver sur Vegan Pratique

 

 

 


Bannière Glaces vegan : les alternatives en supermarchés !

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L’été arrive, le meilleur moment de l’année pour profiter des glaces ! Bonne nouvelle pour les fondus de crème glacée : on les trouve maintenant à tous les coins de rue, euh, de rayons de supermarchés !

On ne peut pas vous dire laquelle est la meilleure, mais on vous dévoile ici notre top 10 : à vos petites cuillères !

 

1. Ben and Jerry’s

Parce que les vegans aussi veulent manger des pots de crème glacée devant la télé, Ben and Jerry’s propose trois parfums de glaces sans produits laitiers, pour tous les gourmands !

La Chunky Monkey, c’est un mélange de crème à la banane et de noix craquantes - avec des morceaux de chocolat en forme de banane ! Et si vous êtes 100% chocolat, allez voir du côté de la Chocolate Fudge Brownie, la crème est aussi fondante que les bouts de brownie qu’elle contient ! Pour les plus aventuriers, il reste aussi la délicieuse Peanut butter and cookie : beurre de cacahuètes et biscuits, que demander de plus ?

On les trouve dans la plupart des supermarchés – quand ils n’ont pas déjà été dévalisés !

 

 

 

2. Veggie Marché

Depuis mai, Intermarché s’est aussi lancé dans les crèmes glacées végétaliennes en innovant avec deux nouvelles recettes : une à la vanille et l’autre au chocolat !

Faciles à trouver, ces basiques à base de lait de coco risquent de révolutionner votre congélo ! Vous avez testé ?

 

 

 

3. La Fabrique des glaces

Les desserts glacés de la Fabrique des glaces se trouvent dans tous les magasins Picard !

L’enseigne de surgelés propose deux parfums de crème glacée vegan sans produits laitiers : lait d’amande sauce caramel beurre salé aux éclats d’amande, et lait de coco sauce au chocolat noir… rien que ça !

Astuce de de l’équipe : la meilleure manière de les manger est de racler soigneusement les côtés du pot, pour récupérer toute la sauce avant les autres.

 

 

 

4. Mes petites Folies

Sous leurs allures délurées, les petites Folies sont en réalité très sages puisque ce sont des glaces non seulement vegan, mais aussi diététiques, formulées à base de lait d’amande.

Fraise, mangue, caramel, citron ou vanille aux noix de pécan, les petites Folies vous feront tourner la tête !

On les trouve facilement dans les supermarchés Franprix : mangez-les toutes !

 

 

 

5. Morane

Fabriquées dans les Alpes, les glaces Morane deviendront les incontournables des paniers de courses vegan cet été ! La marque propose un large choix de références végétales : 11 parfums de sorbets, 9 parfums de crème glacée et même 3 desserts glacés entièrement vegan (un Arlequin, un gâteau exotique et un Pavé délice au chocolat).

Prêts à craquer ? Retrouvez les glaces Morane dans les supermarchés Carrefour et Monoprix !

 

 

6. Swedish glace

À base de lait de soja, les trois parfums de Swedish glace (vanille, chocolat et framboise) sont à déguster à la petite cuillère ou à utiliser dans vos milk-shakes et desserts glacés !

On en redemande… Disponibles chez Monoprix et dans certains supermarchés Carrefour !

 

 

7. Le Professor Grunschnabel...

...ou “Professeur Grmfschnabel” pour ceux qui parlent la bouche pleine, est une marque de crèmes glacées 100% végétales et naturelles. Pas moins de 17 parfums de glaces à base de lait de coco qui vous raviront les papilles. Des recettes les plus classiques (fraise, chocolat, banane…) aux plus inventives et savoureuses : Jasmin et Orange yuzu, on adore !
Les fameuses glaces du Professor G. se trouvent au rayon surgelé  des supermarchés Monoprix !

 

 

8. Alpro

Bien connue pour ses laits et yaourts végétaux, la marque Alpro se lance désormais dans les glaces ! Pour goûter ces nouvelles spécialités glacées à base de lait de soja, rendez-vous dans votre magasin Carrefour ! Vanille, noix de coco et chocolat-noisette, ça donne envie, non ?

 

 

9. Et en magasins bio ?

Les plus curieux et les plus gourmands d’entre nous feront toutes sortes de découvertes glacées en parcourant les linéaires de leurs supermarchés bio !

La marque Sojami propose ses spécialités à base de soja lactofermenté : mangue, chocolat ou vanille. Et si on goûtait aussi les glaces au lait de riz ? La marque Naturattiva en propose : au chocolat, à la vanille, mais aussi sous la forme de mini-bâtonnets croquants, qui en feront craquer plus d’un ! Et si vous êtes de ceux qui préférez les grands esquimaux aux petits bâtonnets, vous en trouverez chez Bonvita.

 

 

10. Oui, mais encore ?

Nous sommes de plus en plus nombreux à opter pour les alternatives végétales… et le marché des glaces vegan est en train d’exploser !
Même Ikéa a annoncé qu’il proposerait au menu de ses restaurants une glace italienne vegan à la vanille dès cet été, et la version aux fruits est déjà disponible au Portugal.

Dans les mois et les années qui viennent, ouvrons l’œil pour ne pas rater les prochaines glaces 100% végétales !

 

 

 

 

 

 

 

 


Bannière Ensemble pour la fermeture des abattoirs !

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En 2017, la Marche pour la fermeture des abattoirs a rassemblé des milliers de manifestants dans près de trente villes à l’international. À Melbourne, Londres, Berlin, Bruxelles, Lisbonne, Toulouse… tous étaient mobilisés pour réclamer un monde où les animaux n’auraient plus à vivre le cauchemar des abattoirs.

Cette année, pour la septième édition de l’événement, nous devons être encore plus nombreux pour faire entendre leurs voix ! Samedi 23 juin à Paris, revendiquons haut et fort la fermeture des abattoirs !

Le site de la Marche pour la fermeture des abattoirs

L’événement Facebook de la Marche pour la fermeture des abattoirs

 

Ouvrir les yeux sur les abattoirs

À nouvelle marche, nouveau visuel ! Pour annoncer l’événement et inviter le public à y participer, L214 a fait appel aux talents de l’illustratrice Joëlle Merizen. Et le résultat de son travail a dépassé nos attentes !

Sur le fond noir de l’image, cinq vaches terrifiées se tiennent serrées les unes contre les autres, leurs visages rassemblés formant le poing de la révolte. Mais ce sont leurs yeux qui interpellent le plus : “Le regard était effectivement très important, et pas forcément facile à gérer. Il fallait retranscrire le côté effrayé, mais sans pouvoir jouer sur la posture de la tête (celle-ci étant définie par la forme des doigts du poing)” déclare Joëlle.

Si le regard est l’un des enjeux principaux du travail de la dessinatrice, c’est qu’il s’agit également d’accrocher celui du spectateur : “Cette affiche a pour objectif de faire en sorte que les gens ne détournent plus leur regard de la souffrance animale !”

C’est d’ailleurs le but de la Marche pour la fermeture des abattoirs : que tous ouvrent grand les yeux, pour pouvoir enfin fermer ces lieux de souffrance.

 

Affiche MFA 2018

Commander l’affiche de la Marche pour la fermeture des abattoirs

Découvrir le travail de Joëlle Merizen

 

Pour revendiquer un monde plus juste

Chaque jour, rien qu’en France, 3 millions d’animaux terrestres sont tués dans les abattoirs et des dizaines de millions d’animaux aquatiques agonisent dans les filets de pêche et sur les ponts des bateaux.

Être confronté aux images de la mort des animaux est insupportable : ils meurent dans la souffrance, l’angoisse, la peur ; ils meurent en luttant de toutes leurs forces pour rester en vie. Si ces images nous choquent, c’est que nous reconnaissons dans les animaux des êtres sensibles comme nous, et que l’épouvante et le désespoir qu’ils éprouvent, nous les ressentirions également si nous étions dans leur situation.

Il est aujourd’hui scientifiquement prouvé que nous n’avons pas besoin de manger de viande ou de produits d’origine animale pour vivre en bonne santé : alors pourquoi continuer à tuer les animaux ? Il est communément admis que nous ne devrions pas infliger aux animaux de souffrance inutiles, ni les tuer sans nécessité : le plaisir gustatif ne justifie pas de prendre la vie d’un animal, il ne justifiera jamais l’existence des abattoirs.

Pour un monde plus juste, revendiquons dès aujourd’hui leur fermeture !

Pourquoi revendiquer la fermeture des abattoirs ?

Venez marcher avec nous !

Nous étions quelques centaines en 2012, et plus de 3 500 l’année dernière ! Notre mobilisation grandissante reflète la détermination de notre mouvement.

Tant que les animaux souffriront, tant que les animaux mourront, nous ne nous tairons pas ! Vous aussi, le 23 juin prochain à Paris, venez faire entendre leurs voix, venez réclamer la fermeture de tous les abattoirs !

Trouver un covoiturage et/ou un logement pour la MFA

 

 


Bannière KFC : bientôt une offre veggie au Royaume-Uni !

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Oui oui, vous avez bien lu : la chaîne de fast-food KFC, connue pour ses spécialités à base de poulets frits, va bientôt tester une alternative végétarienne dans son menu au Royaume-Uni ! C’est donc la première fois que les célèbres restaurants du colonel Sanders proposeront une option veggie, et c’est en Europe !

Un petit pas pour la restauration rapide ? Un pas de géant pour les poulets !

 

KFC : un nouveau menu plus végétal

KFC, son logo blanc et rouge et ses nuggets de poulet frit : vous connaissez forcément. La chaîne de restauration rapide américaine compte aujourd’hui plus de 20 000 restaurants à travers le monde, dans 135 pays, sur les 5 continents. Chaque jour, pas moins de 8 millions de clients se pressent dans les KFC pour y acheter nuggets, burgers ou salades César, le plus souvent confectionnés à base de viande de poulets… mais pas toujours !

Ainsi, la branche anglaise de la chaîne de restaurants proposera nuggets… sans viande.

Cette décision est d’abord motivée par des raisons de santé publique, la marque cherchant à répondre aux recommandations d’un nouveau plan de lutte de Public Health England contre l’obésité. D’ici 2025, la compagnie vise une réduction de 20% les calories des menus qu’elle propose.

Pourtant, les options végétariennes au menu de KFC permettront également à toute une clientèle soucieuse des enjeux éthiques et environnementaux de leur alimentation de consommer moins de produits carnés, et à une clientèle moins consciente de ces enjeux de goûter à des alternatives végétales à la viande qu’elle a l’habitude de consommer. Et ça, pour les poulets comme pour la planète, c’est forcément une bonne nouvelle !

Et maintenant ? La direction de KFC promet à sa clientèle un équivalent au poulet sans tuer de poulets, et c’est déjà une belle avancée… Et cela le serait encore plus si la chaîne s’engageait sur une recette vegan ! Alors, à quand une option 100% végétale au menu des KFC français ?

 

De nombreuses chaînes de restauration rapide végétalisent leurs menus

En proposant une alternative végétarienne, KFC rejoint ainsi la liste toujours plus grande des géants de la restauration qui végétalisent leurs menus. Certaines chaînes de pizzerias s’étaient déjà lancées : on pense par exemple à Pizza hut, qui propose maintenant une base fromagère vegan sur ses pizzas au Royaume-Uni.

Pizza hut UK véganise sa carte : notre note de blog !

 

Il y a quelques mois, la chaîne de fast-food McDonald’s créait également la surprise en mettant au menu un hamburger vegan en Finlande, et un hamburger végétarien en France. Ce faisant, les chaînes de fast-food répondent aussi à une demande croissante de la part des consommateurs, qui cherchent à diminuer leur consommation de produits d’origine animale pour des raisons éthiques ou de santé.

Vegan, pourquoi ?

 

Étant donné le nombre de repas proposés chaque jour par ces chaînes de fast-foods internationales, chaque petit changement dans leurs menus peut avoir un impact significatif en terme de nombre d’animaux épargnés, ou même d’environnement. Des initiatives à saluer et à encourager !

 

Saines, savoureuses et sans cruauté : les alternatives au poulet ont du succès !

Si même KFC choisit de cuisiner du poulet sans poulets, pourquoi pas nous ? Les alternatives à la viande de poulets sont très nombreuses : on les trouve dans les restaurants, dans les supermarchés, ou on peut les cuisiner directement à base de tempeh ou de PST !

J’apprends à remplacer la viande de poulets

 

Et puisqu’on parle de nuggets et de salades César de KFC, on tenait quand même à rappeler que la meilleure recette de salade au poulet, c’est bien sûr celle de Vegan Pratique !

 


Bannière Pourquoi "Théorie du tube de dentifrice" est un livre qui compte

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Écrit par Peter Singer lui-même, Théorie du tube de dentifrice est désormais disponible en librairie et sur la boutique L214. Ce livre retrace la vie d’un pionnier des droits des animaux : Henry Spira, un homme hors du commun qui a fortement influencé notre façon de voir les choses et d’agir, ici, à L214.

Tu penses que ce livre ne te concerne pas ? Détrompe-toi !

 

1. Pour toi qui ne connais pas Henry Spira

Précurseur de la lutte pour le droit des animaux, Spira était un réaliste pragmatique. Bien que trotskiste, il ne croyait pas au Grand Soir mais à la stratégie des petits pas pour obtenir des avancées concrètes, et ce quel que soit le domaine. En matière de libération animale, ses « petits pas » se dirigeront tantôt sur l’abandon des expérimentations effectuées sur les 75 chats du Muséum d’histoire naturelle de New York, tantôt sur une campagne contre le géant McDonald's ou contre l’élevage intensif de poulets. Rien que ça !

 

2. Pour toi qui doutes que l’on puisse partir de rien et faire de grandes choses

Spira était issu d’un milieu modeste et pourtant il a réussi à rendre le test de Draize (test sur les yeux des lapins) quasiment caduque, il est parvenu à tenir en échec des projets concrets faisant souffrir les animaux, il a fait interdire le marquage au fer rouge sur la tête des bovins ou le hissage en pleine conscience dans le cadre de l’abattage rituel aux États-Unis.

Plus encore, il a réussi à faire de la question animale un sujet de société à une époque où tout le monde s’en moquait.

 

3. Pour toi qui penses que la convergence des luttes est une utopie

En retraçant la vie de Spira, Peter Singer ne parle pas que de condition animale, bien au contraire. Toute la première partie de l’ouvrage revient sur le passé d’un Spira militant des droits des minorités, luttant pour plus de justice sociale et d’équité. C’est cette soif de justice qui poussera ce militant des droits de l’homme vers la condition animale dans la seconde partie de sa vie.

Il dira à ce sujet : « J’ai senti que la libération animale était l’extension logique de ce qui avait été toute ma vie : m’identifier aux impuissants et aux vulnérables, aux victimes, aux dominés et aux opprimés. » Un bel exemple qui nous montre que, dès son origine, le mouvement pour le droit des animaux non-humains ne s’oppose pas au mouvement pour le droit des animaux humains.

 

4. Pour toi qui ne jures que par Peter Singer

Au fil des pages, on découvre avec joie la « petite histoire » côtoyer la grande. On retrouve ainsi de nombreuses figures familières du droit des animaux ayant fait un bout de chemin avec Henry Spira ou l’ayant inspiré d’une manière ou d’une autre, comme Peter Singer ou Temple Grandin. Cet ouvrage nous fait prendre conscience qu’il ne faut pas sous-estimer la force de l’écrit et de la sensibilisation : Singer a inspiré Spira, gageons que cet ouvrage sur Spira suscitera à son tour des engagements !

 

5. Pour toi, militant en herbe

Spira ne s’est pas contenté d’agir, il a voulu transmettre sa méthode pour que d’autres puissent s’en saisir en retour et ainsi faire avancer la cause. En retraçant les 10 préceptes, les 10 grandes étapes qui guident l’action de Spira, ce livre est un véritable petit manuel utile et inspirant pour tout militant.

 

6. Pour toi qui soutiens la stratégie de L214

« Je souhaite abolir l’exploitation des animaux autant que les autres, mais je dis : faisons ce que nous pouvons aujourd’hui et puis faisons plus demain » — tel fut le leitmotiv qui guida Spira tout au long de son parcours militant. Ce credo, nous le faisons nôtre à L214 : agir sur les pires formes de souffrance aujourd’hui pour obtenir l’abolition de l’exploitation demain. La vision de Spira, ainsi que sa méthode, ont été et sont encore une immense source d’inspiration pour notre association.

 

7. Pour toi qui crois que tout espoir de voir le monde changer est perdu

Ce livre est plein d’optimisme parce que Spira était plein d’optimisme. Pourtant sa vie n’a jamais été simple, notamment sur le plan familial, plusieurs membres de son entourage ayant souffert de maladies graves. Spira va toutefois trouver dans son combat contre les injustices un vrai sens à sa vie et une véritable source de bonheur.

Il déclara : « Je ne me sens jamais aussi bien que lorsque je fais quelque chose qui va faire avancer la situation », et d’ajouter « Quelle meilleure motivation peut-il y avoir que de faire tout son possible pour réduire la douleur et les souffrances ? »

Et c’est parce qu’il croit en la cause qu’il défend et qu’il le fait avec enthousiasme qu’il réussit. Un texte qui redonne le sourire et l’envie de se battre pour un monde meilleur !

 

8. Pour toi qui crois que la cause animale, c’est pour les jeunes

Détrompe-toi ! Spira a découvert cette cause sur le tard. C’est à 45 ans qu’il lit par hasard l’article Animal Liberation de Peter Singer et décide alors de consacrer le reste de sa vie aux animaux. Comme quoi, qui que l’on soit, quel que soit notre âge ou notre parcours, on peut tous avoir une prise de conscience et faire bouger les lignes.

 

9. Pour toi qui n’aimes pas lire

De Belgique en Guinée, de General Motors à la Marine, des droits des animaux humains à ceux des animaux non-humains : Spira a un destin exceptionnel. La plume de Singer, forte et accessible, fera le reste. Alors, prêt à en savoir davantage sur la théorie du tube de dentifrice ou la stratégie de la cacahuète ?

 

10. Pour toi qui, par tes engagements, appartiens à ce mouvement historique impulsé par Spira

Cet ouvrage permet de prendre conscience de l’ampleur du mouvement qui revendique un monde plus juste pour les animaux. Ton engagement pour la cause animale appartient à un combat de civilisation plus large, dont Spira a été l’un des initiateurs. Au regard de l’histoire, ce mouvement pour plus de justice et d’équité ne cesse de se développer. Et ça, c’est juste très, très motivant.

 

 

Peter Singer, Théorie du tube de dentifrice, Éditions Goutte d'or, 2018.

Regarder un documentaire sur la vie d'Henry Spira

 

 

 

 

 


Le « choix de Sophie » d'une vache laitière

  • Article du Vendredi 1 juin 2018

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Les vaches, comme les humains et tous les autres mammifères, ne produisent du lait que lorsqu'elles ont enfanté. En élevage, chaque année les vaches « laitières » sont inséminées pour donner naissance à un veau. Mère et nouveau-né sont séparés après 24h, malgré l'intensité du lien qui les unit.

Le récit ci-dessous raconte l'histoire d'une vache ayant donné naissance à des jumeaux et qui tenta de garder l'un de ses petits, en effectuant un choix similaire à celui du personnage de Sophie dans le roman de William Styron, “Le choix de Sophie”. Devant la menace de perdre ses deux enfants dans un camp d'extermination, Sophie avait été contrainte d'en livrer un dans l'espoir de sauver l'autre.

Les vaches laitières sont des mamans privées de leurs petits. Avant le verre de lait, il y a la douleur d'une mère et la détresse d'un nouveau-né.


vache et veau, une famille

Par le vétérinaire Holly Cheever

" J'aimerais vous raconter une histoire touchante et vraie. Après avoir obtenu mon diplôme à l'école vétérinaire de Cornell, j'ai fréquemment exercé dans les exploitations laitières de Cortland. J'y étais appréciée du fait de la douceur de mes interventions sur les vaches.

L'un de mes clients me sollicita un jour pour résoudre un mystère : la veille, dans une prairie, l'une de ses vaches Brune des Alpes avait mis bas pour la cinquième fois dans sa vie. Une fois rentrée à la ferme avec son nouveau-né, son veau lui fut retiré, et elle, conduite en salle de traite. Mais son pis était vide, et il le resta pendant plusieurs jours.

Après la naissance de son veau, cette vache aurait dû produire près de 47 litres de lait par jour. Cependant, et en dépit du fait qu'elle se portait bien par ailleurs, son pis restait vide. Elle partait au pré le matin après la première traite, revenait pour la traite du soir, et restait la nuit en prairie – c'était un temps où les bovins étaient autorisés à profiter un minimum de certains plaisirs au cours de leur vie – mais jamais son pis n'était gorgé de lait comme celui d'une vache qui a mis bas.

Je fus appelée deux fois sur place pendant la première semaine suivant son accouchement, mais je ne trouvai aucune explication. Finalement, le onzième jour, l'éleveur m'appela : il avait trouvé la réponse : la vache avait donné naissance à des jumeaux, et par un « choix de Sophie », elle avait livré l'un de ses veaux à l'éleveur et gardé l'autre dans un bois en bordure de prairie. Chaque jour et chaque nuit, elle retrouvait et nourrissait son petit – le seul qu'elle ait jamais pu garder auprès d'elle. Malgré mes efforts pour convaincre l'éleveur de laisser la mère et son petit ensemble, il lui fut enlevé et envoyé dans l'enfer des box à veaux.

Pensez un instant au raisonnement complexe élaboré par cette maman. Premièrement, elle se rappelait la perte de ses précédents petits et la conséquence de rentrer avec eux à la ferme : ne plus jamais les revoir (une situation déchirante pour toute mère mammifère). Deuxièmement, elle formule un plan et l'exécute : si ramener son veau à la ferme signifie le perdre inévitablement, alors elle installera et cachera son autre petit dans les bois, comme les biches, jusqu'à son retour. Troisièmement – et je ne sais comment l'expliquer – au lieu de cacher les deux veaux, ce qui aurait attiré la suspicion de l'éleveur (une vache gestante quittant la ferme le soir, la même vache revenant au matin non-gestante mais sans progéniture), elle lui en a donné un et gardé l'autre. J'ignore comment elle a pu faire cela – il aurait été plus probable qu'une maman désespérée tente de cacher ses deux petits.

Tout ce que je sais, c'est qu'il se passe derrière ces yeux magnifiques beaucoup plus de choses que nous, humains, n'avons jamais voulu voir. En tant que maman, qui ai pu élever mes quatre enfants, et n'ai pas eu à souffrir de la perte d'un seul d'entre eux, je ressens sa douleur."


Holly Cheever, Docteur en médecine vétérinaire
Vice Presidente du New York State Humane Association
traduit du site AllCreatures.org


Bannière 10 bonnes raisons d'arrêter les produits laitiers !

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Hé ! C’est le 1er juin ! Chaque année, la Journée mondiale du lait est notre occasion préférée pour rappeler toutes les bonnes raisons que nous avons de ne pas consommer de produits laitiers… Laits, yaourts et fromages, c’est bien meilleur en végétal ! Pourquoi ? On vous dit tout !

 

1. Parce que les animaux méritent le respect…

…et que l’industrie laitière est bien loin de le leur accorder ! On pense souvent que la production de lait ne cause aucune souffrance : mais l’industrie laitière est pourtant l’une des industries les plus cruelles pour les animaux.

Inséminations à répétition, écornage, traite, séparation d’avec leurs proches : le quotidien des animaux produisant le lait est bien sombre, et ils finissent leurs jours à l’abattoir. Même l’abattage des femelles gestantes est autorisé !

Rassembler son courage pour regarder notre enquête à l’abattoir de Limoges

 

2. Parce que la place des petits est près de leurs mères...

...et pas dans un box ! C’est à croire que personne ne veut voir l’évidence : séparer un petit de sa mère est un véritable traumatisme pour les animaux. Un tel déchirement ne devrait tout simplement pas exister. Lorsqu’on retire leurs petits aux vaches pour pouvoir prendre leur lait, le veau et sa mère se cherchent pendant des jours.

Refuser de consommer des produits laitiers, c’est aussi dire non à ça :

 

 

3.  Parce qu’il n’y a pas que le lait de vache de concerné !

Ah oui, on voit déjà venir l’argument du lait-de-chèvre-bio-local… Mais les brebis et les chèvres aussi souffrent de la production de lait, elles aussi sont parquées, écornées, inséminées, privées de leurs petits, envoyées à l’abattoir !

Le joli logo AB ? S’il permet généralement aux animaux un accès à l’extérieur, il n’évite pas les séparations et l’aller simple pour l’abattoir dès que la “production” n’est plus satisfaisante ! Qui dit produits laitiers dit souffrance animale.

 

 

4. Parce qu’on peut vivre en bonne santé sans produits laitiers

Bonne nouvelle pour tous : tous les nutriments présents dans le lait animal se retrouvent dans l’alimentation végétale !

Calcium, protéines et vitamines se retrouvent dans une grande diversité de végétaux.

Il suffit d’apprendre à équilibrer son assiette !

 

5. Pour le simple plaisir de contredire tes parents…

…et les pubs à la télé. On t’a dit que “les produits laitiers sont nos amis pour la vie” ? Qu’il fallait boire du lait au petit déjeuner pour avoir des os solides ? Que sans consommer de produits laitiers, tu manquerais, par exemple, de… calcium ?

Alors qu’on retrouve du calcium dans tout un tas de végétaux, comme les amandes, la mâche, les choux, les haricots verts, les petits pois, les carottes, certains fruits secs, le tofu, les oranges… Et j’en passe, et des meilleurs ! Ah, et bien sûr, on peut aussi penser aux crèmes et laits végétaux supplémentés en calcium !

J’apprends plein de choses sur le calcium en cliquant ici !

 

6. Pour vaincre l’addiction au fromage !

“Moi, je ne pourrais jamais devenir vegan, j’aime trop le fromage !” On entend beaucoup cette phrase, et nombre de personnes végétaliennes en étaient elles-même persuadées avant de végétaliser leur alimentation…
Accros au fromage, pourquoi ? Parce que c’est gras et salé, parce qu’on a l’habitude d’en consommer, et peut-être aussi à cause de la casomorphine !

Pourquoi on est accros au fromage

 

Après avoir appris ce que cachait le fromage, on a forcément envie d’arrêter d’en consommer… Heureusement, pour manger sans cruauté, on peut aussi opter pour les alternatives végétales au fromage !

 

7. Parce que des alternatives existent…

...et qu’il y en a de plus en plus, partout ! Aujourd’hui, on trouve des laits végétaux et des crèmes végétales dans tous les supermarchés, ilsremplacent très efficacement les produits laitiers en cuisine… Sans parler des yaourts au lait de soja ou d’amande ! On commence même à trouver des fromages, crèmes glacées et viennoiseries vegan dans nos supermarchés !

Des viennoiseries végétaliennes en supermarché, nous on dit oui !

 

Bien sûr, avec un magasin bio pas trop loin, c’est encore plus facile. D’autant qu’on  trouve de plus en plus de sortes de fromages végétaux ! Et à défaut, il y a aussi les boutiques alimentaires vegan, qui proposent souvent de commander en ligne !

Les boutiques alimentaires vegan, c’est par ici !

 

8. Parce qu’il est temps d’être créatif en cuisine !

Pâtes-gruyère, ça suffit ! Découvrir les alternatives végétales aux produits laitiers, c’est aussi s’ouvrir à plein de nouvelles recettes ! T’as jamais essayé de faire tes propres crèmes glacées ? Ton beurre, ton fromage ? Et pourquoi pas ?

Remplacer les produits laitiers c’est l’occasion de découvrir une toute nouvelle manière de cuisiner !

Faire ses propres fromages végétaux, ça change la vie

 

9. Parce que le chocolat chaud au lait d’amande, c’est trop bon...

…Comme le capuccino au lait de riz, les crèmes glacées au lait d’amande, et les plaquettes de chocolat au lait de coco. Ah, et le fromage de lupin !

Les alternatives végétales aux produits laitiers nous réservent de délicieuses surprises… Et si on y goûtait ?

Je suis curieux : j’apprends à remplacer les produits laitiers

 

10. Parce qu’aujourd’hui est une bonne journée pour arrêter !

Oui, tout de suite, on dit stop aux produits laitiers ! Parce que c’est aussi pour leur lait que les animaux meurent par millions, chaque jour, dans les abattoirs, parce que c’est aussi la production de lait qui a un fort impact sur l’environnement, parce que c’est aussi le lait qui contribue à la précarité de certains métiers…

Pour un monde meilleur pour tous, apprenons à manger autrement !

Informe-toi sur Vegan pratique

Rentre dans le game avec le Veggie challenge !

 


Bannière Manifeste animaliste

Manifeste animaliste

  • Article du Jeudi 24 mai 2018

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Animalistes de tous les pays, de tous les partis et de toutes les confessions, unissez-vous !  À l’heure où la société prend conscience de l’exploitation animale, à l’heure où de plus en plus de voix s’élèvent pour revendiquer un monde dans lequel les animaux ne seraient plus maltraités et tués, le Manifeste animaliste de la philosophe Corine Pelluchon évoque la nécessaire politisation de la cause animale.

 

Face à l’étendue de la maltraitance animale, l’émergence d’un mouvement

L’immensité de la souffrance animale interpelle : dans les élevages et dans les abattoirs, pour la viande, le lait, les œufs ou la fourrure, dans les arènes des corridas et les cages des zoos, sur les pistes de cirque et dans les bassins des delphinariums, emprisonnés dans les filets de pêche, les animaux souffrent. Cette souffrance démesurée de milliards d’individus témoigne du mépris avec lequel les êtres humains considèrent trop souvent les animaux : leurs sensations et leurs émotions sont négligées, repoussées. Traités comme des ressources, les animaux ne sont pas perçus comme des êtres sentients. Pour la philosophe, cela est d’autant plus inquiétant que la violence que nous infligeons aux animaux est le reflet de la violence que nous infligeons aux êtres humains : se battre pour les animaux, c’est également se battre pour l’humanité.

Pourtant, face à un constat qui pourrait être désespérant, le militantisme s’organise dans la cause animale : activistes et bénévoles, dans diverses associations, donnent leur temps et leur énergie à un combat qui devient, souvent, le cœur de leur vie. Héritiers d’une longue tradition de luttes sociales, ces militants des droits des animaux ont la charge de préparer un futur dans lequel la libération des animaux sera également la nôtre.

 

La question animale est une cause politique

D’après Corine Pelluchon, pour accompagner cette mobilisation, la politisation de la question animale demeure nécessaire. En effet, le politique est seul en mesure de créer des lois qui garantiraient une justice pour les animaux, qui prendraient en compte leurs intérêts.

Pour cela, il nous faut formuler en termes juridiques ce que les animaux sont en droit d’attendre de nous, et créer le modèle d’une société dans laquelle nous pourrions vivre avec eux, et non plus à leurs dépens – à l’instar du modèle proposé par Sue Donaldson et Will Kymlicka dans leur ouvrage Zoopolis.

Découvrir Zoopolis

L’émergence de l’animalisme, mouvement philosophique, social, culturel et politique rassemblant aussi bien les associations de protection animale que des individus engagés pour les animaux, ouvre un débat de société en portant des convictions comme l’antispécisme et le véganisme. Engagés contre toute forme de discrimination, les animalistes font de la cause animale un enjeu éthique et politique incontournable.

 

Mesures à court terme, mesures à long terme

Si le politique est l’étape nécessaire pour agir contre une souffrance animale démesurée, quelle méthode, quelles mesures adopter ?

Pour Corine Pelluchon, l’ancrage de l’exploitation des animaux dans notre société est tel que les revendications strictement abolitionnistes sont actuellement vouées à l’échec. Selon elle, mieux vaudrait commencer par réclamer la fin des pratiques les plus cruelles pour les animaux qui sont jugées inutiles par une majorité de citoyens, comme la corrida, la chasse à courre, la captivité des animaux sauvages dans les cirques et les zoos, ou encore la fourrure et le gavage des canards et des oies.

Ces premiers combats s’accompagnent nécessairement d’une poursuite de la réflexion autour de l’élevage et de l’abattage. Un dialogue devra s’établir entre animalistes, éleveurs, distributeurs et consommateurs afin de faire émerger une remise en question de l’élevage.

Enfin, le combat pour libérer les animaux s’appuie également sur la culture et l’éducation : par l’intermédiaire d’artistes et d’intellectuels qui portent la voix des animaux, et grâce à un enseignement scolaire qui évoque l’éthique animale, le respect pour les êtres vivants et la compassion, nous préparerons un monde meilleur pour les humains comme pour les animaux.

Connaissez-vous L214 Éducation ?

 

Un texte court, un ouvrage indispensable

En moins de cent pages et dans des termes clairs, Corine Pelluchon élabore une pensée rigoureuse et cohérente, qui dessine le chemin vers la société de demain.

« Animalistes de tous les pays, de tous les partis et de toutes les confessions, unissez-vous. Unissez vos forces pour que la condition des animaux s’améliore ici et maintenant, et qu’un jour leur exploitation cesse [...]. La cause animale est universelle ; elle appartient à tous. En rendant justice aux animaux, c’est notre âme que nous sauvons et notre avenir que nous assurons. Nous avons un monde à y gagner. »

Un texte philosophique rafraîchissant et optimiste, disponible dans toutes les bonnes librairies!

 

 

Écouter l’entretien de Corine Pelluchon sur France Culture

Corine Pelluchon, Manifeste animaliste, Éditions Alma, 2017.


Bannière Œufs de poules en cage : quels distributeurs sont engagés ?

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Elles sont 33 millions en France. Nées sous la lumière artificielle des couvoirs, c’est dans l’obscurité qu’elles passent toute leur vie, derrière le grillage des cages entassées à perte de vue, qui blesse leurs pattes et limite leurs mouvements. Au fil des mois, leurs crêtes blanchissent et leurs plumes tombent, elles dépérissent peu à peu, et meurent parfois dans l’indifférence.

Les poules pondeuses en cage vivent une cruelle réalité - mais aujourd’hui le changement est à portée de main ! Plus que jamais, les choix des consommateurs et les décisions des responsables politiques importent. D’ores et déjà, les engagements des distributeurs d’œufs ouvrent la voie à un monde dans lequel l’élevage de poules en cage sera interdit...

Ces engagements sont importants : c’est pourquoi L214 mène depuis plusieurs années un travail de fond en sollicitant les distributeurs, et ces enseignes sont de plus en plus nombreuses à renoncer aux œufs de poules élevées en cage !
 

Des engagements de distributeurs comme s’il en pleuvait !

Le 15 mai dernier, le groupe Casino, qui s’était déjà engagé à ne plus commercialiser d’œufs de poules élevées en cage d’ici 2020 dans toutes ses enseignes (Casino, Leader Price et Franprix), s’est engagé à y renoncer également dans ses produits transformés (biscuits, gâteaux…) d’ici 2025.

Et il s’agit d’une décision d’importance dans le combat contre l’élevage des poules en cage ! En effet, presque toutes les enseignes de la grande distribution se sont déjà engagées à ne plus vendre d’œufs de poules élevées en cage, mais seules les chaînes de supermarchés Aldi, Lidl et E. Leclerc s’étaient aussi engagées à exclure les œufs de poules élevées en cage de leurs rayons comme les ovoproduits utilisés dans leurs préparations : étant donné le poids de ces groupes, c’est un nombre important de poules qui seront concernées par ces décisions !

 

Des engagements ambitieux !

E.Leclerc, d’Aldi, de Lidl et du groupe Casino prennent des engagements plus cohérents : leur décision de refuser les œufs de poules élevées en cage jusque dans leurs produits transformés, et pas seulement dans les œufs qu’ils proposent à la vente, est véritablement significative ! En effet, près de la moitié des œufs consommés en France le sont de manière indirecte : en achetant biscuits, gâteaux, tartes, plats préparés et produits de boulangerie, le consommateur achète sans le savoir des produits de l’élevage en cage.

Pourtant, selon un sondage YouGov, 90% des Français se prononcent aujourd’hui pour l’interdiction de l’élevage des poules en cage, et ne souhaitent pas cautionner de telles pratiques.

C’est pourquoi nous ne pouvons qu’espérer que d’autres distributeurs tels qu’Intermarché, Auchan, Carrefour ou encore Système U étendent leurs engagements contre l’élevage de poules en cage en renonçant également à utiliser des œufs venant de ce type d’élevage dans leurs produits élaborés.

 

Consulter les modalités d’engagement des distributeurs

 

Vers l’interdiction de l’élevage de poules en cage !

Cette semaine, L214 révèle trois nouvelles enquêtes en élevage de poules pondeuses. Tournées dans différents élevages, ces images montrent une fois de plus la réalité cauchemardesque vécue par les poules élevées en cage.

À partir du mardi 22 mai, le projet de loi issu des États généraux de l’alimentation sera voté à l’Assemblée nationale : c’est le moment d’allier toutes nos forces et de faire entendre notre voix, afin d’inscrire dans la loi l’interdiction de ces pratiques épouvantables. Aujourd’hui, plus que jamais, signons la pétition, partageons-la et interpellons les responsables politiques sur stopcages.com !

 

 

Cage ou hors-cage…

… n’oublions pas que les poules pondeuses souffrent cruellement de leurs conditions d’élevage. Ainsi, tous les poussins mâles de la « filière ponte », inutiles à la production d’œufs, sont éliminés dès la naissance. De même, les poules sont susceptibles d’être mutilées, puisque leur bec est souvent coupé afin d’éviter les comportements de picage. Et les poules élevées pour leurs œufs finissent toujours à l’abattoir : elles sont tuées vers l’âge de 16 mois, alors que leur espérance de vie est de 8 ans.

Végétaliser son alimentation reste la seule manière d’épargner les poules ! Ça vaut bien le coup d’apprendre à cuisiner sans œufs !

J’agis pour un monde meilleur, je tente le Veggie challenge !

 


Bannière Les viennoiseries 100% vegan débarquent (enfin) dans nos supermarchés !

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On l’attendait, ils l’ont fait ! Jusqu’à présent, il était impossible de mettre la main sur des viennoiseries sans œufs ni produits laitiers en faisant nos courses en supermarché... Mais La Boulangère a lancé le 2 mai dernier « B’Vegan », une nouvelle gamme de croissants et pains au chocolat végétaliens, proposés à la vente dans les grandes surfaces.

On a goûté, on a aimé – et on n’est pas les seuls !
 

croissants et pains au chocolat

Pour un goûter pratique et gourmand !

Parce qu’on est toujours plus nombreux à s’informer sur les impacts des produits animaux, on retrouve aujourd’hui de plus en plus de produits végétaliens dans nos supermarchés. Hé oui, pour répondre à la demande, l’offre de produits vegan ne cesse de grandir, et les marques développent des recettes végétales et gourmandes, qui ressemblent à s’y méprendre aux recettes incluant lait et œufs. On vous défie au blind test : aucune différence entre un croissant « B’Vegan » et les autres croissants du rayon !

Alors, des croissants et pains au choc’ vegan, qui joignent l’éthique à la gourmandise, faciles à trouver dans nos supermarchés pour un goûter sur le pouce ? Nous on dit oui !
 

Pour un goûter éthique !

Soucieux d’éthique animale, de protection de l’environnement, ou tout simplement intolérants au lactose ? Pas besoin d’être vegan pour se laisser tenter par cette nouvelle offre de viennoiseries : les consommateurs auront désormais le choix d’opter pour des croissants sans produits laitiers, pour y retrouver exactement les mêmes saveurs. La recette des viennoiseries La Boulangère exclut par ailleurs l’huile de palme, lui préférant le beurre de karité. Les en-cas cruelty free sont maintenant à la portée de tous ceux qui souhaitent faire un geste pour les animaux ou pour la planète !

 

Vous aussi vous en voulez ?

Les viennoiseries vegan La Boulangère seront disponibles dans certains supermarchés Carrefour, Super U, Leclerc et Casino Proximité.

Votre magasin ne les propose pas encore à la vente ?...

...Réclamez-les en un clic ici !

 


Bannière Jefferson

Jefferson


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Par un beau matin ensoleillé, Jefferson le hérisson se rend chez son coiffeur, monsieur Edgar, pour se faire rafraîchir la houppette. Mais lorsqu’il pousse les portes du salon de coiffure, il découvre le corps d’Edgar baignant dans une mare de sang : le malheureux blaireau a été assassiné ! Qui est l’auteur de ce crime odieux ?

Accusé à tort du meurtre, Jefferson est bien décidé à débusquer les véritables criminels. Avec son ami Gilbert le cochon, il se lance alors dans une enquête pleine de rebondissements qui les mènera vers le pays des humains, où le coiffeur avait coutume de se rendre en cachette… Le petit hérisson froussard devra rassembler tout son courage et sa détermination pour marcher dans les pas d’Edgar et affronter la cruelle réalité : il paraît qu’au pays des humains, les animaux ne sont pas toujours très bien traités... Il paraît même qu’au pays des humains, il existe des abattoirs où l’on en tue certains ! Et si c’était là la clé du mystère ? Et si monsieur Edgar… en savait trop ?

Une foule de personnages attachants peuple le roman de Jean-Claude Mourlevat : Clarisse la poule curieuse, Simone la timide lapine ou Walter le sanglier trop bavard aident nos deux compères à se frayer un chemin vers la vérité. Quant à Roxane, la jeune humaine activiste du droit des animaux, elle laisse entrevoir à Jefferson la possibilité d’un monde meilleur pour tous.

Dans ce très beau roman jeunesse, Jean-Claude Mourlevat guide ses jeunes lecteurs, avec humour et tendresse, vers une pensée de notre rapport à l’animal. Une lecture indispensable, pour les petits comme pour les plus grands !

 


 

Jean-Claude Mourlevat, Jefferson, Éditions Gallimard Jeunesse, 2018.

à partir de 9 ans

 

 


Bannière Vegan super facile

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Dans la famille Super facile je voudrais… la cuisine vegan !

On ne peut plus le nier, l’alimentation végétale se démocratise de plus en plus. Cette évolution n’est pas passée inaperçue aux éditions Marabout puisque, depuis l’été 2016, elles ont décidé de nous partager leur premier livre de recettes 100 % vegan.

Notre équipe s’est empressée de feuilleter ses 144 pages, parce qu’il faut le reconnaître, on aime tous ce qui est super facile !

On découvre donc un joli livre bien complet introduisant d’abord le végétalisme avec des explications simples et claires. Le lecteur dispose également d’une liste d’ingrédients incontournables et faciles à trouver comme des graines, du lait végétal ou encore des légumineuses, ainsi que de petits conseils précieux destinés aux débutants.

Le concept de ce livre est plus que séduisant : des recettes saines, faciles et très colorées avec moins de 6 ingrédients. Les temps de préparation et de cuisson sont raisonnables et accessibles à tous, même les plus pressés !

Que l’on préfère les salades colorées, les smoothies ou les desserts gourmands, il y en a pour tous les goûts : yakitori d’aubergines, brownie à la patate douce ou encore houmous de betteraves. Et surprise, on nous propose même des recettes de fromages végétaux simplissimes et des idées de glaces !

Le mythe de l’alimentation vegan fade et pauvre peut tomber aux oubliettes !

 

 

Jessica Oldfield, Vegan super facile, Éditions Marabout, 2016.

 

 


Bannière « Sombre nuit pour les animaux »

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Jeudi 19 avril, jusque tard dans la nuit, et le lendemain matin, les députés de la commission des affaires économiques ont débattu et voté les amendements relatifs à l’article 13 du projet de loi issu des États généraux de l’alimentation. Les associations de défense des animaux attendaient des avancées, puisque les questions du contrôle vidéo en abattoir et de l’interdiction de l’élevage en cage des poules pondeuses allaient notamment y être abordées. Ces mesures auraient pu être significatives pour les animaux… Aucune d’entre elles n’a été adoptée.

Des amendements rejetés en bloc

Après avoir renommé cet article 13 « Respect du bien-être animal », la majorité des députés présents, menés par M. Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture, ont rejeté méticuleusement, un à un, les amendements concrets qui auraient pu changer les conditions d’élevage, de transport et d’abattage des animaux. Démarches volontaires des filières et arguments économiques fallacieux ont été systématiquement avancés pour stopper net les avancées possibles. La FNSEA, syndicat majoritaire agricole, et le CNPO, interprofession des producteurs d’œufs, peuvent se vanter de leur pouvoir bien réel sur le gouvernement !

Petit florilège des arguments les plus absurdes entendus pendant les débats : pour M. Stéphane Travert, « s’il est vrai que certaines pratiques particulièrement cruelles devraient disparaître, il vaut mieux faire confiance à la filière pour faire évoluer les choses ». Le ministre ose même dire que « l’élevage en cage des lapins est nécessaire car autrement il y aurait des risques de cannibalisme ». Et M. Thibault Bazin, député républicain, de surenchérir :  « l’INRA a rendu les poules joyeuses en cage » puisqu’elles ont de toute façon « peur de l’extérieur » et ont « plein de copains en bâtiment ». À les entendre, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Ce qui aurait pu changer pour les animaux

Chaque amendement un peu concret a ainsi été retoqué à coups d’arguments malhonnêtes et parfois mensongers. Et ces votes, qui auraient pu limiter les souffrances des animaux, n’auront finalement abouti à rien.

Le contrôle vidéo en abattoir, promesse de campagne de M. Emmanuel Macron, approuvé par 85 % des Français et déjà voté par l’Assemblée nationale en janvier 2017 sous l’impulsion de M. Olivier Falorni, a été rejeté : les abattoirs feront éventuellement cette démarche volontairement. Comme l’a très justement rappelé M. François Ruffin en séance : « Dans ce texte de loi, il n’y a rien sur cette question, il n’y a rien sur les abattoirs, il n’y a rien pour aider les salariés à souffrir moins à l’intérieur de ces entreprises ». Rien pour les animaux. Les amendements sur l’interdiction de l’étourdissement au CO2, de l’abattage sans étourdissement et bien d’autres destinés à poser des limites à ce qu’endurent les animaux au moment de leur mise à mort ont été rejetés.

 

L’interdiction des cages pour les poules pondeuses a également été écartée alors qu’elle aurait pu mettre un point final aux privations comportementales sévères de 33 millions de poules chaque année, qu’elle répondait à une attente de 90 % des Français et que plus de 100 entreprises se sont déjà engagées à ne plus utiliser les œufs issus de tels élevages. Là aussi, il s’agissait d’un engagement de M. Emmanuel Macron, renié sous la pression de l’interprofession des producteurs d’œufs.

Voir notre dernière enquête en élevage de poules en cage

Quant à la durée des transports d’animaux vivants, elle restera sans limite malgré les arguments percutants de Mme Anne-Laurence Petel, rappelant l’enquête récente de l’ONG Animals Australia démontrant les conditions de transport ignobles des animaux sur un bateau et les changements déjà impulsés par d’autres pays.

D’autres mesures essentielles, comme la castration à vif des porcelets mâles, ont également été balayées d’un revers de main. Il s’agit pourtant d’une mesure de prime importance, qui touche des millions de cochons chaque année, comme nous le rappelle la campagne End Pig Pain d’Eurogroup for Animals, soutenue par L214. Certains pays, comme la Suisse, ont déjà interdit cette pratique particulièrement douloureuse. Qu’attendons-nous pour le faire ?

Après le travail en  commission, la loi sera discutée à partir du 22 mai en séance plénière à l’Assemblée nationale. Mais les résultats semblent joués d’avance, puisque les dés sont pipés.

Nous continuerons

Selon un récent sondage IFOP pour 30 Millions d’Amis, 67 % des Français considèrent que les animaux sont mal défendus par les politiques : ils ont raison. Force est de constater que les responsables politiques ont, encore une fois, préféré défendre les intérêts de certaines filières, quitte à cautionner des pratiques particulièrement cruelles envers les animaux.

Durant ces débats, les députés pouvaient amorcer le changement d’un système effroyable aussi bien pour les animaux, qui souffrent de leurs conditions d’élevage et d’abattage, que pour les humains, en termes de partage des ressources, de conditions de travail, et bien sûr d’environnement. Cette opportunité n’a pas été saisie. À la botte des interprofessions avant tout soucieuses de défendre leurs intérêts privés, enfumant les consommateurs en parlant de « bien-être animal », le gouvernement ne bouge pas le petit doigt pour changer le sort des animaux.

Voir notre site Politique & Animaux

Face à ces débats honteux et irresponsables, nous continuerons nos actions, nous continuerons à montrer l’insupportable réalité vécue chaque jour par des millions d’animaux, derrière les murs des élevages et des abattoirs. En l’absence de véritable considération de la part des responsables politiques, les animaux ne peuvent compter que sur nous. Chaque jour, nous avons la possibilité de refuser de cautionner une industrie qui les considère comme des marchandises, en changeant nos habitudes de consommation mais aussi en rejoignant un mouvement qui ne cesse de prendre de l’ampleur, un mouvement qui exige un véritable progrès pour les animaux, un mouvement revendiquant bienveillance et justice.

Voir notre site Vegan Pratique

Agir avec L214

 


Bannière Vers une société végane

Vers une société végane

  • Article du Samedi 14 avril 2018

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Et si nous sortions de l'ère de l'exploitation animale ? Et si le monde devenait végane ?
« Le monde » ? Tout le monde ?

 

Que deviendraient alors les animaux, les éleveurs et toutes les personnes qui vivent de l'exploitation des animaux, comment seraient entretenus les paysages sans élevage, et plus simplement : qu'est-ce qu'on deviendrait ? C'est à ces questions et à bien d'autres qu'Olivier Rognon tente de répondre à travers une belle fiction, Vers une société végane. Après-demain, l'abolition.

 

En 2016, la société prend enfin conscience de ce qu'endurent les animaux dans les élevages, les abattoirs, les cirques, les zoos et autres arènes ou laboratoires. Ce sont des images tournées en caméra cachée qui avaient exposé au grand jour le martyre des animaux et propulsé sur la scène médiatique la question animale, qui était devenue une véritable question de société. Mieux encore : la prise de conscience collective avait amorcé un mouvement sans précédent, et l'amplification du militantisme et des revendications avaient entraîné des changements de consommation massifs. Et puis, le monde politique et juridique avait emboîté le pas. Une page se tournait. Et au vu de l'immense souffrance des animaux, mais aussi des dégâts environnementaux causés par l'élevage, il était temps ! Temps d'innover, de jeter les bases d'une société plus juste, d'enfin aller de l'avant au lieu de maintenir un système moribond sous perfusion et d'aller droit dans le mur – en vrai, dans le mur, on y était déjà : des milliards d'animaux massacrés dans les abattoirs chaque année de par le monde, un effondrement de la population d'animaux sauvages traqués, chassés, empoisonnés, 800 millions d'êtres humains souffrant de la faim, un gaspillage des ressources insensé, des pollutions en tous genres et en tous lieux, le climat modifié... (1)

 

Dans un style simple et fluide, à travers des descriptions, des dialogues et divers protagonistes (dont un ouvrier d'abattoir), Olivier Rognon entraîne son lecteur dans une utopie, c'est-à-dire la représentation rigoureuse d'une société imaginaire et parfaite – ou du moins meilleure, à savoir ici sans exploitation animale, où les humains s'entraideraient au lieu de se déchirer, et accepteraient la présence des autres animaux, nos cohabitants de la Terre. Bien sûr, il y aura toujours des injustices, mais ce n'est pas une raison pour ne pas les combattre et accepter l'inacceptable ! Nous pouvons vivre en bonne santé sans consommer de produits animaux, et finalement, il ne tient qu'à nous de transformer l'utopie en réalité. Et si on y croyait ? Et si on y allait ?

Vers une société végane est un livre innovant, vivifiant et inspirant, qui se lit d'une traite, avec passion et enthousiasme.

En apprendre plus sur le site des éditions Mélibée !

Olivier Rognon, Vers une société végane. Après-demain, l’abolition, Éditions Mélibée, 2018.

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1 - S’informer sur les conséquences de l’élevage : viande.info

Bannière Histoire d’un rescapé

Histoire d’un rescapé


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Alors qu’il devait être engraissé pendant 31 jours puis abattu dans l’indifférence générale pour être exporté, Géo Trouvetou a été sauvé des griffes d’un système alimentaire destructeur. 10 mois plus tard, notre poulet mène une vie paisible dans un refuge. Voici son histoire.

La vie de Géo Trouvetou commence dans un immense couvoir industriel. Sa mère ? Il ne la connaîtra jamais… un numéro parmi tant d’autres. Une mère destinée à pondre encore et toujours, sans jamais voir éclore le moindre de ses oeufs.

Le couvoir est un lieu très stressant pour notre Géo. Avec des milliers d’autres poussins, il est bousculé, malmené. Il circule de main en main, de tapis roulant en tapis roulant… En bout de chaîne, on le place sans ménagement dans un robot à vacciner. Ce dernier le saisit, le retourne automatiquement puis une aiguille descend et se plante à vive allure dans sa chair. Après cela, Géo est jeté dans une caisse avec plusieurs dizaines d’autres poussins. On les charge dans le camion, les portes se ferment et le moteur démarre.

Le trajet paraît interminable à Géo. Déshydraté, il souffre de la chaleur et de l’entassement avec les autres poussins. Plusieurs d’entre eux ne survivent pas à ce trajet.

Notre poussin tient le coup : bien que sonné, il est toujours en vie lorsqu’un humain décharge sa caisse. Il se trouve alors projeté dans un hangar immense. La lumière est éblouissante et la litière est propre… pour le moment. Dans un mois, elle sera sale et humide : les bactéries y pulluleront et les jeunes animaux développeront des maladies de peau à son contact.

Mais Géo ne connaîtra pas ce funeste destin : deux jours après son arrivée, un petit groupe entre dans le bâtiment. Ils filment les conditions de vie des jeunes animaux pour les montrer au plus grand nombre. Une jeune femme porte une caisse dans les bras. Elle prend un premier poussin pour le mettre délicatement dans sa caisse, puis son regard se tourne vers Géo. La chance de sa vie. Alors que 800 millions de jeunes poulets sont élevés puis tués en France chaque année pour la consommation de viande, l’existence de Géo et de 8 autres poussins a basculé ce soir là.

Géo échappe à un mois d’enfer au sein d’un élevage intensif, mais laisse derrière lui des milliers de compagnons qui ne connaîtront jamais son bonheur. Il est malheureusement impossible pour les militants de tous les sauver, seul l’arrêt de la consommation de viande par les humains pourra mettre fin à ce massacre.

 

En grandissant, les anciens compagnons de Géo rempliront très vite tout l’espace du hangar. L’air y deviendra vite difficilement respirable à cause de la poussière, des odeurs d’ammoniac et de la présence de dioxyde de carbone. Chaque année, des millions de poulets meurent du fait des conditions d’élevage insalubres.

Géo, lui, est en bonne santé. Mais il a été sauvé juste à temps : quelques jours de plus dans ce hangar et les conséquences sur sa santé auraient été irrémédiables. En effet, la nourriture mise à disposition en élevage intensif est conçue pour faire prendre du poids très rapidement aux animaux, si rapidement que nombre de poulets ont du mal à se tenir debout. Ils grossissent tellement vite que leurs pattes ne parviennent plus à supporter leur propre poids. Une tête de poussin sur un corps de poulet.

Cependant, la nourriture délivrée n’est pas la seule responsable de la croissance rapide des poussins. Regardez : notre ami n’a pas 20 jours que son corps a déjà atteint une taille vraiment imposante.

Car, comme ses camarades, Géo a été sélectionné génétiquement pour avoir une croissance rapide et satisfaire ainsi les objectifs de production. C’est sa morphologie, il a été conçu comme cela. Bien que le refuge où il vit désormais en sécurité prenne soin de lui et qu’il ait la chance de pouvoir gambader à son aise et se dépenser sans compter, il n’est pas aussi svelte que ses amies les poules pondeuses.

Un des autres rescapés, Picsou, a subi encore plus directement que lui les conséquences de la sélection génétique. En effet, un jour Picsou a été bousculé par un dindon. Sa patte s’est alors tordue définitivement et il a aujourd’hui des difficultés à se déplacer normalement. Si sa croissance n’avait pas été aussi rapide, il n’aurait probablement pas eu de séquelles de cet accident malencontreux.

Quant à Géo, il mène aujourd’hui une vie paisible au refuge. Ses activités préférées ? Vadrouiller dans les prés, s'étirer de tout son long sous un arbre, picorer ou gratter le sol à la recherche de nourriture. Ah, ça, il porte vraiment bien son nom notre ami ! Il va souvent dehors prendre des bains de soleil ou s'ébrouer dans la poussière pour se nettoyer. À la grande hantise des soigneuses du refuge qui craignent que le petit animal se blesse, il adore se percher, sauter de petites barrières ou se poser en hauteur sur une pierre ou un muret.

Géo et ses 8 compagnons de sauvetage ont aujourd’hui 10 mois, 10 mois d’une vie bien remplie. Les autres ont été amenés à l’abattoir il y a bien longtemps… Ils auront vécu 31 jours de malheur en élevage intensif alors que l’espérance de vie d’un poulet est de 8 ans. Ils n’auront jamais vu la lumière du jour, ni pu se percher ou explorer un environnement stimulant. Des milliers d’autres sont morts dans l’élevage même, parfois de soif ou de faim, faute de pouvoir atteindre les mangeoires et les abreuvoirs.

Comment les humains en sont-ils arrivés là ? Probablement parce que les poulets sont des animaux qui ne leur ressemblent pas. Pourtant, il existe des personnes comme Sofia, cette jeune femme qui a sauvé Géo, ou Anaïs, qui prend soin de lui tous les jours au refuge, ou Lionel, qui refuse de manger des animaux. Des personnes comme nous, qui ont de l’empathie pour tous, animaux humains ou non humains. L’histoire de notre petit rescapé le montre bien : il ne tient qu’à nous de changer notre regard pour changer le monde.

 

En savoir plus sur les conditions d’élevage des poulets
Je tourne le dos à la viande


Bannière La peste soit des mangeurs de viande

La peste soit des mangeurs de viande

  • Article du Vendredi 6 avril 2018

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Le cadavre du capitaine Pierre Luchaire gît dans une mare de sang sur le sol de l’abattoir. Au même moment, partout en France, 3 millions d’animaux attendent, terrifiés, leur mort prochaine. À qui profite le crime ?

Avec La Peste soit des mangeurs de viande, Frédéric Paulin signe un polar sans concession et transporte ses lecteurs dans l’enfer des abattoirs, une lecture parfaite à l’heure du festival du roman policier Quais du polar !

 

Ceux qui égorgent et mangent

Le capitaine Pierre Luchaire n’était certes pas un enfant de chœur, et dans le milieu, ils étaient nombreux à souhaiter sa mort… Mais qui a pu l’abattre de cette façon ? Les mains liées derrière le dos, le policier a été égorgé, comme un animal de boucherie. D’ailleurs, les ouvriers d’abattoir trouvent près du corps un post-it moucheté de sang sur lequel le meurtrier a écrit : « Peuvent-ils souffrir ? ». Le meurtre est signé, tout laisse à penser que le coupable est un défenseur des droits des animaux.

Étienne Barzac de l’IGPN et le lieutenant Salima Belloumi mènent l’enquête, une enquête qui entraînera le lecteur à la découverte de bien des acteurs de la production de viande. Les premiers indices les mettent sur la piste d’un groupe de militants antispécistes, qui infiltrent élevages industriels et abattoirs. Leur leader, Dam, fait figure de suspect idéal, mais il est assassiné à son tour d’une balle dans la tête.

Qui est l’auteur de ces crimes sanglants ? D’autres militants, jaloux d’un meneur envahissant ? L’un des ouvriers d’abattoir, qu’ils ont croisé dans leur combat ? Ou pourquoi pas les industriels de la viande, qui auraient tout intérêt à éliminer leurs opposants ?

 

Ceux qui défendent et dénoncent

Sous ses allures de polar, La Peste soit des mangeurs de viande est aussi un roman engagé, dans lequel la mort des animaux est considérée, à l’instar du meurtre de Pierre Luchaire, comme un crime politique. Chaque chapitre évoque le point de vue d’un personnage différent, qui pour une raison ou pour une autre pousse un jour les portes de l’abattoir. Certains ont tout intérêt à le voir tourner à plein régime, d’autres au contraire, marqués par ce qu’ils y verront, cesseront de manger de la viande.

Si Frédéric Paulin prend clairement le parti des animaux, il aborde aussi d’autres problématiques à travers les récits de ses personnages. En faisant le portrait de Salima, l’auteur décrit les violences conjugales dont la jeune femme est victime. Les parcours de Damien et de Gwenaëlle lui permettent de rappeler les récents mouvements pour les droits sociaux dans le sud de l’Europe. Et en racontant l’histoire d’Erwon Le Scraigne, employé d’un abattoir porcin depuis vingt ans, Frédéric Paulin dit toute la précarité et la dangerosité du métier d’ouvrier d’abattoir, et la noirceur qui envahit parfois ceux qu’on paye pour tuer.

 

Écouter l’entretien de Frédéric Paulin sur France Culture

En apprendre plus sur le site de la Manufacture des livres

 

Frédéric Paulin, La Peste soit des mangeurs de viande, La Manufacture de livres, 2017.

 


Bannière Témoignage • Cécile : épargner les agneaux de Pâques

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Après avoir visité un abattoir en avril 2012 lors de ses études d’agronomie, Cécile a arrêté de manger les animaux. Aujourd’hui végane et militante pour la cause animale, elle nous livre le témoignage poignant qu’elle a écrit un an après sa visite. Les agneaux la remercient !

Nous étions en Haute-Loire, la semaine juste avant Pâques. C’était une semaine d’“enquête départementale”, comme cela s'appelait, une semaine où nous étions amenés à rencontrer différents acteurs du secteur agricole d’un département, pour en comprendre les enjeux.

Quand l’occasion s’est présentée de visiter un abattoir, je me suis tout de suite portée volontaire. Je voulais savoir ce qu’il s’y passe, et comment cela se passe. En fait, j’étais tout simplement intriguée par cette étape de “fabrication” dont on ignore tout ou presque, même en école d’agronomie.

Je dois avouer que je n'appréhendais pas particulièrement cette visite. Pour vous dire, je crois que j’étais à peu près dans le même état d’esprit que le jour où j’ai visité une usine de production de yaourts !

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Avril 2012, la semaine précédant Pâques

"Nous sommes 7 dans la voiture de location.

Au fur et à mesure que nous approchons de l’abattoir, l’ambiance plutôt joyeuse au départ s’alourdit peu à peu. Je ne comprends d’abord pas bien pourquoi les autres se taisent. Puis l’odeur commence à apparaître. Une odeur âpre, celle de la mort et du sang. Je prends conscience, tardivement, que je vais assister à une tuerie. Lorsque nous descendons de voiture, personne ne dit un mot. Je me demande soudain pourquoi je suis venue. Je suis le groupe à reculons. Au-dehors, l’odeur se fait plus prégnante, la peur et le sang se mêlent étrangement.

Nous entrons.

Une secrétaire nous accueille. Des gens circulent. Nous sommes dans la partie administrative de l’abattoir, mais ça sent déjà la mort à plein nez. Je repère quelques gouttes de sang sur les murs. Des ouvriers massifs déambulent avec de grandes bottes blanches tachées de sang.

J’ai maintenant clairement peur.

Nous enfilons nos tenues : charlotte, combinaison, protèges-chaussures. Je tremble.

Je me sens devenir pâle. Instinctivement, j’ai envie de fuir.

Je continue de suivre le groupe à reculons. Je suis la dernière de la file. La grande porte métallique s’ouvre. L’odeur de mort devient suffocante. Le premier entre, puis le deuxième... le troisième... le quatrième… Je les regarde, pétrifiée. Ça va être mon tour.

Je m’approche le coeur battant. Je passe la tête dans l’embrasure de la porte, juste assez pour voir ce qu’il se passe.

Ce sont les hurlements des agneaux qui m’horrifient d’abord.

On nous explique que ce sont des agneaux de Pâques, je n’écoute même pas.

Les jeunes agneaux, parqués entre des barrières métalliques, sont pris de panique. Ils s’épuisent à hurler toujours plus fort en essayant de s’échapper coûte que coûte. Ils se grimpent dessus les uns les autres pour tenter de franchir les barrières, se blessent, hurlent encore plus fort. L’odeur de mort insoutenable, c’est celle de leurs semblables.

Moi, je n’ai toujours pas fait un pas. À l’abri, sidérée.

Avec une dernière lueur d’espoir dans les yeux, un agneau m’implore du regard.

C’en est trop, je prends la fuite. Je referme la porte et rebrousse chemin à toute vitesse. Je rends ma tenue. Je lance un regard noir à la secrétaire qui marmonne à mon passage, froide, impassible, sans doute usée par ce métier sordide : “ah oui, y en a qui craignent hein...”, avant de laisser échapper un soupir réprobateur.

Sur le moment, trop occupée à fuir le plus rapidement possible, je ne relève pas. Mais ses paroles, cet abominable euphémisme “craindre” (mais craindre quoi au juste ? craindre la peur et la mort ? craindre la souffrance d’autrui ?) résonnent ensuite dans ma tête pendant de longues minutes, qui deviendront ensuite des jours et des mois…

Je sors. Je suis en état de choc, incapable de prononcer le moindre mot.

Je rejoins mon amie Gwénaëlle dans la voiture. Accablée par l’odeur et les cris dès le parking, elle n’avait pas réussi à entrer dans le bâtiment. On pleure, sans un mot, pendant une bonne demi-heure, dans les bras l’une de l’autre. On réussit enfin à sortir de voiture. On marche loin, le plus loin possible, pour ne plus sentir la mort.

Je commence, sans le savoir, la première phase d’un deuil qui sera long. Le deuil de tous les individus à qui j’ai ôté la vie en 20 ans d’existence. Tous ces êtres, sensibles, intelligents, qui n’avaient pas envie de mourir. Je n’ose même pas imaginer combien ils sont.

Mes larmes sont intarissables. Au bout d’une heure, peut-être deux, nous revenons vers l’abattoir. Les autres ont fini la visite.

Nous avons rendez-vous avec le directeur. On me dit de venir, que ça peut être intéressant. Je suis le groupe, toujours sans un mot. Je ne réussis pas à les regarder en face, les autres. Ceux qui y sont allés, qui ont vu, et que ça n’ébranle pas le moins du monde. Dans le bureau du directeur, mes jambes fléchissent de nouveau. Je ne capte que quelques bribes de conversation.

J’entends un de mes collègues s’étonner d’avoir vu le directeur travailler sur la chaîne avec les ouvriers pendant la visite. Et celui-ci de répondre avec humour : “Vous avez déjà entendu parler de sadisme animal ? Quand il manque un employé, je vais me faire plaisir sur la chaîne ! (rire)”

Mais comment peut-on rire de ça ?

Là encore, c’en est trop pour moi. Je quitte le bureau brusquement pour m’effondrer à l’extérieur. Je ne rentrerai pas de nouveau. Je ne participerai plus à ce massacre. Voilà ce que je me suis promis ce jour-là. ”

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Sur les six étudiants présents ce jour-là, nous sommes deux à ne plus manger les animaux. Et vous, ouvrirez-vous les yeux ?

 

Aller plus loin :

L’abattage des agneaux à Mauléon-Licharre (2016)

L'alimentation végétale en pratique


Bannière 10 bonnes raisons d’arrêter de manger de la viande dès aujourd’hui ! On y va ?

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Chaque année, le 20 mars, la Journée internationale sans viande est l’occasion de rappeler que nous sommes de plus en plus nombreux à choisir de ne pas en consommer. Et toi, t’en es où ? Découvre 10 raisons d’arrêter la viande dès aujourd’hui !

 

1. Parce que les animaux nous ressemblent
 

Tu le sais : les animaux sont des êtres sensibles. Comme nous, ils éprouvent des émotions telles que la joie ou la tristesse, et ressentent la douleur, le plaisir, et une multitude de sensations. Prenons le temps de les connaître : ils sont la raison number one pour laquelle on devrait manger autrement ! Il suffit de voir cette vidéo dans laquelle un chevreau imite une petite fille pour voir à quel point les ressemblances sont frappantes !
 

 

2. Parce que les animaux ne devraient pas être maltraités
 

En France, 80 % des animaux grandissent en élevage intensif. Poulets entassés dans des hangars, cochons élevés sur du béton, poules pondeuses enfermées dans des cages… une majorité d’animaux vivent une vie de misère, où souffrance et ennui sont les maîtres-mots.

Le petit éleveur bio du coin ? Le broyage des poussins, la castration à vif des porcelets, l’écornage des veaux, la coupe des becs des poules sont des pratiques routinières aussi bien en élevage conventionnel qu’en bio ou en local.
Et en plus, les animaux sont tous tués dans les mêmes conditions.

Voir nos enquêtes en abattoirs

 

3. Parce que les animaux tiennent à la vie
 

Avec ou sans étourdissement, l’abattage des animaux est toujours source de grandes souffrances : crâne perforé avec un pistolet à tige perforante, électrocution, gazage au CO2, égorgement à vif… l’être humain ne manque jamais de créativité quand il s’agit d’exploiter les plus faibles ! Qu’importe la méthode, l’issue reste la même : c’est la mort, la terreur et la souffrance qui attendent les animaux derrière les murs des abattoirs.
On t’a déjà dit : « Ils sont nés pour ça » ? Ça leur fait une belle jambe ! Les animaux sont vivants et tiennent à le rester. Sur les images de nos enquêtes, nous voyons des animaux qui résistent, qui cherchent à s’échapper, qui refusent de mourir. Agissons pour eux en refusant de les manger !

Voir notre enquête à Mauléon-Licharre

 

4. Parce qu’on peut vivre en bonne santé sans viande
 

« Et les protéines alors ? » C’est la question classique qui revient lorsqu’on aborde le sujet du véganisme. Curieux, non, quand on sait que les ​sources  ​de​ ​protéines​ ​dans​ ​l’alimentation ​végétale​ ​sont​ ​nombreuses et fiables ? Les céréales, les légumineuses, les oléagineux, le tofu, le seitan et les similicarnés sont de bonnes sources de protéines : aucun risque d’en manquer !
Désormais, toutes les preuves sont là pour affirmer qu’on peut vivre en parfaite santé sans manger de viande, ni aucun produit d’origine animale. À côté de cela, on nous apprend depuis l’enfance qu’il ne faut ni maltraiter ni tuer sans nécessité. Tu fais le lien ?

Impressionne ton médecin en devenant vegan !

 

5. Parce que la cuisine vegan, c’est la vie
 

On peut tout cuisiner vegan. Tout. Ton hamburger te manquerait ? Heureusement, on y a pensé : il est tout à fait possible de faire un burger à base de lentilles, de haricots, de pois chiche – de ce que tu veux, en fait ! Tes pâtes carbo te manqueraient ? Ça tombe bien, on peut aussi les faire vegan ! Tous tes plats préférés peuvent se cuisiner sans viande, tous : un peu d’inventivité et de curiosité, et le tour est joué !
Mousse au chocolat, crêpes, tartes et gâteaux : et si c’était même meilleur vegan ? On parie ?

Tiens, des recettes végétaliennes et savoureuses !

 

6. Parce que manger sans viande fait du bien au portefeuille – et au moral !
 

Manger vegan, c’est cher ? Manger vegan, c’est compliqué ? Eh bien non ! Les pois chiches coûtent bien moins cher qu’une escalope ou un steak. Au contraire, même, la viande est l’aliment le plus onéreux du panier moyen, et elle représente jusqu’à 20 % du budget des courses, alors que les légumes et légumineuses sont aujourd’hui des aliments très abordables.
Compliqué ? Pas plus qu’un menu omni ! C’est comme tout, il suffit d’apprendre. On s’y met ?

Vegan à petit prix
Livres de cuisine vegan
Découvrir une recette de patates ultraviolente (et pas chère)

 

7. Parce que l’élevage abîme la planète
 

Chaque jour, on fait de petits efforts pour diminuer notre impact sur l’environnement : on éteint les lumières, on trie nos déchets, on veille à notre consommation d’eau... et on en oublierait presque que manger de la viande ça compte aussi, et pas qu’un peu !
On le sait aujourd’hui, l’élevage est la cause de 14,5 % des gaz à effet de serre (soit plus que la totalité des émissions directes du secteur des transports), de 80 % de la déforestation en Amazonie, mais aussi de pollution et de gaspillage de l’eau…
Prendre soin de la planète, c’est changer le contenu de son assiette, et c’est super efficace !

Être écolo, c’est aussi manger vegan

 

8. Parce que la viande nous coûte (trop) cher !
 

Et l’argent, on en parle ? L’élevage est loin d’être un secteur rentable : il est maintenu à flot par de nombreuses subventions, provenant de l’Union européenne comme du gouvernement français. Mais pourquoi l’argent du contribuable subventionnerait-il une industrie néfaste pour les animaux, pour l’environnement et pour les êtres humains... alors que nous pouvons très bien nous passer de viande ? Ne pourrait-on pas utiliser l’argent public autrement ? En subventionnant une transition vers un modèle agricole plus éthique, par exemple ?

Le coût de la viande

 

9. Parce que les humains aussi souffrent des conséquences de l’élevage
 

On n’y pense pas assez, mais l’élevage et l’abattage des animaux ont un impact sur les humains aussi ! Est-ce que tu savais que les deux tiers des terres cultivables sont utilisés pour nourrir les animaux d’élevage, alors que 800 millions de personnes souffrent de malnutrition dans le monde ? L’élevage gaspille des ressources qui pourraient contribuer au bien-être de la population mondiale.
Quant aux professions liées à l’élevage, elles sont extrêmement difficiles et précaires. Les ouvriers d’abattoirs, par exemple, subissent des cadences infernales et des conditions de travail dangereuses et éprouvantes.
Refuser de manger de la viande, c’est aussi agir pour les humains !

Arrêter de manger de la viande pour les humains
Voir le témoignage de Mauricio, ancien ouvrier d’abattoir

 

10. Parce qu’aujourd’hui est une bonne journée pour arrêter !
 

Oui oui, on a bien dit aujourd’hui ! Parce que ça urge : chaque jour, 3 millions d’animaux terrestres et plusieurs dizaines de millions d’animaux marins trouvent la mort dans les abattoirs et les filets de pêche, rien qu’en France. Mais les temps changent : rejoignez les rangs de ceux qui se battent pour la paix !
Aujourd’hui, 20 mars, nous célébrons la Journée internationale sans viande : la date parfaite pour commencer à manger autrement. Prenons notre courage à deux mains et abandonnons la viande, pour un monde meilleur pour tous !

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Bannière Doux dans la tourmente

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Au lieu de lancer une véritable politique de transition agricole, le gouvernement s’acharne à tenter de maintenir hors de l’eau un système d’élevage intensif déliquescent et profondément nuisible aux animaux.

Mercredi 14 mars, le Premier ministre Édouard Philippe a indiqué que l'État soutiendra le groupe Doux si « un projet de reprise est crédible commercialement ». Le groupe est en effet en pleine tempête économique et cherche actuellement des repreneurs. Plusieurs plans ont été évoqués, dont les conséquences sur les humains et sur les animaux sont toutes plus catastrophiques les unes que les autres.
Bâtiment d'élevage intensif de poulets

 

Derrière les murs d’un élevage Doux

Cette entreprise ne nous est pas inconnue : en septembre 2017, L214 avait diffusé des images tournées dans l’un des élevages fournissant le groupe Doux. On y voyait des poulets enfermés, entassés et rendus malades par ces conditions d'élevage. Certains poulets, trop affaiblis, parvenaient à peine à se déplacer jusqu’aux points d’eau ou de nourriture. Tous vivaient sur une litière fortement dégradée, le contact prolongé avec ce substrat sale et humide provoquant d’importantes brûlures et lésions de la peau chez les animaux.

Cet élevage n’est malheureusement pas un cas isolé. En France, 83 % des poulets sont détenus en élevage intensif et la stratégie du groupe Doux s’inscrit totalement dans ce modèle.

 

L’élevage intensif de poulets : une vie de souffrance

Les conditions de vie des poulets en élevage intensif sont terribles : claustration à vie, lumière artificielle, animaux entassés… Les poulets sont issus de souches à croissance rapide : ils grossissent tellement vite qu’ils sont abattus au bout de 35 jours seulement ! Leur corps, énorme, a du mal à être supporté par leurs pattes : les poulets peinent à se déplacer et peuvent souffrir de fractures, blessures ou malformations. Le taux de mortalité en élevage est estimé à plus de 4 %, ce qui est énorme pour un cycle de vie aussi court.
Jeune poulet dans un élevage intensif

 

Vers un changement de modèle ?

Les salariés et sous-traitants sont directement impactés dans leur quotidien par ce modèle économique. Le groupe Doux fonctionnant par contrat d'intégration, les 300 « éleveurs partenaires » sont ici dans une situation de dépendance extrêmement forte vis-à-vis de l’entreprise.

La politique court-termiste du gouvernement qui consiste à maintenir hors de l’eau ce système est irresponsable et injuste, aussi bien pour les employés que pour les animaux. L’État a la capacité et le devoir d’aider à la reconversion des salariés des groupes en difficultés.

Entasser les animaux, exiger des éleveurs un rythme de production soutenu, soumettre les salariés d’abattoirs à des cadences toujours plus élevées… cette politique des prix bas a un coût éthique inacceptable. Coût que les Français refusent de plus en plus de cautionner puisque 90 % se déclarent aujourd'hui défavorables à l'élevage intensif.

Le modèle agricole français est en crise et il devient urgent de tirer les leçons de ces dernières années en accélérant la transition agricole au lieu de soutenir un système intensif injuste et à bout de souffle.


Bannière L214 répond à la Fédération Française des Métiers de la Fourrure

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La Fédération Française des Métiers de la Fourrure (FFMF) a publié un communiqué à l’attention de la presse ainsi qu’une procédure auprès du CSA dans le but de mettre en doute, voire de discréditer la réalité des images diffusées par L214. Nous dénonçons un travail de communication malhonnête et de dissimulation de la vérité.
 

Nos images sont authentiques, et nous en avons la preuve

 

L214 réaffirme que toutes les images de l’élevage de visons diffusées depuis hier sont inédites, récentes, et ont été tournées aux dates indiquées dans son communiqué de presse (novembre 2017 pour les images de l’intérieur, janvier 2018 pour les vues aériennes). L’association en a transmis les preuves au procureur des Sables d’Olonne et aux journalistes de RMC. Les vues aériennes sont décrites et annoncées comme les vues de plusieurs élevages, dont celui de Landeronde, précisément identifié par le commentaire.

Cependant, face à des images qu’elle ne peut nier, la FFMF prétend qu’il s’agirait d’un cas isolé… Selon elle, L214 ne montrerait que des exceptions, en aucun cas une situation représentative. Les abattoirs nous servent la même réponse à chaque sortie d’images. Pourtant les enquêtes à répétition, la Commission d’enquête parlementaire et les contrôles diligentés par Stéphane Le Foll, alors ministre de l’Agriculture, permettaient de conclure, entre autres, que 80% des abattoirs présentaient des non-conformités, et dévoilaient des lieux violents pour les animaux tués, comme pour les ouvriers qui y travaillent.

Nous sommes dans une situation similaire ici. Depuis des années, les enquêtes de différentes associations montrent ces bâtiments dans lesquels s’empilent des cages où sont enfermés des milliers de visons, rendus fous par la captivité. En 2011, 30 millions d’amis menait déjà l’enquête, plus récemment, il y a un an, l’association One Voice dévoilait la situation de 6 exploitations, et les conditions d’élevage révélées par ces associations sont similaires à celles montrées par L214 hier.
Les visons sont des animaux sauvages qui vivent dans un milieu semi-aquatique : l’enfermement dans une cage où ils ne peuvent pas nager, une cage dont ils cherchent désespérément à sortir, entraîne chez eux des comportements stéréotypés et d’automutilation, preuve de leur mal-être. La nourriture est déposée sur le dessus des cages, où elle se décompose, les excréments se déversent dessous… Tristement typique. Les éléments réglementaires et scientifiques sont détaillés dans le rapport mis en ligne par L214 à la sortie de cette nouvelle enquête.

Lire le rapport
 

La FFMF accuse, nous répondons !

 

Des mises en doute gratuites

La FFMF affirme : « Ainsi, les images aériennes prises dans cette vidéo d’une grande ferme et celles prises au sol ne sont pas tirées du même élevage : l’élevage de Vendée visé est une petite ferme qui n’a rien à voir avec les vues aériennes diffusées. » Le commentaire de la vidéo explique bien qu’il y a des vues aériennes de différents élevages - on peut remarquer leurs profils similaires, plusieurs longs bâtiments groupés - et que les images de l’intérieur ont pu être récupérées dans l’élevage survolé en dernier.

La FFMF affirme aussi : « Après vérification, ces images n’ont rien d’exclusif : elles sont un recyclage d’un montage-vidéo de cette même ferme vendéenne réalisé l'an dernier par l’association One Voice. » C’est totalement faux, et cela prouve le manque de sérieux de la FFMF. Comme signalé, les images diffusées par L214 datent de novembre 2017, et les images de drone de janvier 2018. L214 a fourni au procureur des Sables d’Olonne ainsi qu’aux journalistes qui en ont fait la demande les preuves de date et de lieu.
 

Un porte-parole piégé ?

Dans son communiqué, la FFMF affirme que son porte-parole s’est fait piéger en répondant à une sollicitation de RMC. Son discours est standard.
« Les conditions d’élevage des animaux à fourrure en France sont extrêmement encadrées. Ce que les associations anti-fourrure diffusent comme images sont souvent des images volées. Quand vous pointez un spot de caméra sur un animal immédiatement vous allez le mettre dans une situation de stress. Un élevage de vison est fait par des éleveurs qui sont attachés à leurs animaux. Vous voulez obtenir une fourrure qui soit belle et qui soit propre, il faut que l’animal soit bien traité. » [retranscription de l’intervention diffusée par RMC de Nathan Sprung, directeur de la Fédération Française des Métiers de la Fourrure] C’est ce que les filières, quels que soient le type d’élevage, les mutilations ou autres conditions d’abattage, répètent pour rassurer les consommateurs et esquiver le débat. Elles parlent de réglementation, d’amour et de qualité de produit liée au bien-être animal. Le tout en évitant soigneusement de montrer lesdites conditions.

Conforme ou pas conforme ?

Devant les images accablantes de cet élevage, les autres exploitants de visons se désolidarisent de leur collègue : ils « condamnent avec la plus grande fermeté les conditions d’élevage indignes de la filière » [Extrait du communiqué de presse]. La fédération ne se sent « nullement solidaire de cet élevage isolé et condamne ses pratiques non-conformes aux normes françaises et européennes extrêmement strictes en la matière. » Dans le même article, la préfecture affirme : « Les lois et les règlements sont respectés. » [Ouest France] Parallèlement, un article de France Bleu, paru un peu plus tôt dans la journée indique que  « selon l’éleveur, la dernière inspection des services vétérinaires remonte à novembre 2017. Les agents de l'État ont constaté que l'élevage n'est plus aux normes, mais ont autorisé la poursuite de son activité, car l'éleveur doit prendre sa retraite à la fin de l'année. »

Dernière tentative

La FFMF revient sur les images que L214 a dévoilées sur les élevages de lapins Orylag affirmant qu’« une enquête de l’INRA avait été menée à la suite de cette publication. Début janvier 2018, l’enquête avait établi l’absence de maltraitance des animaux, leur bon état sanitaire et leur suivi par un personnel formé et attentif aux animaux. » Juge et partie, l’INRA a enquêté dans son propre élevage mais ne peut que reconnaître la vieillesse, l’exiguïté et la pauvreté des cages.

 

Vos élevages sont irréprochables ? Prouvez-le !

 

Selon la FFMF : « Les associations animalistes n’ont qu’une seule ferme comme cible et veulent faire croire que l’exception est la règle, alors qu’elles savent très bien que partout ailleurs, les fermes sont irréprochables, voire exemplaires. » Des élevages exemplaires ? Où sont-ils ? La FFMF devrait montrer les images de ces élevages exemplaires ! À moins qu’ils ne ressemblent que trop à ceux montrés par les associations qui tentent de défendre les animaux face à une industrie qui a trop à perdre à être transparente.
La filière parle d’amour et de bien-être animal, d’élevages irréprochables, mais elle ne nous montre jamais d’images. Il faudrait la croire sur parole : nous attendons des preuves.

Les filières ne défendent pas les animaux, elles défendent des marges et des bénéfices, et dévoiler les dessous sordides de la production n’arrange pas leurs affaires.
L214 et les autres associations de protection animale se battront pour conserver le droit de défendre les animaux, le droit de montrer ce qu’ils subissent, et la liberté de questionner la légitimité de les maltraiter et de les tuer sans nécessité. Puisse la presse ne pas se laisser intimider et notre société avancer vers une interdiction des pratiques qui nuisent aux animaux.

→ L’enquête de L214


Bannière 2018, vers la fin de l’élevage en cage !

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Panzani, Lustucru, Flunch... Aujourd’hui, une centaine d’entreprises sont engagées à ne plus utiliser d’œufs de poules élevées en cages. Un chiffre d’autant plus encourageant que plusieurs entreprises de renom viennent encore tout récemment de s’engager suite à des échanges avec L214 !

Début 2018 : déjà des engagements de poids !

L’année commence fort ! Début janvier, la célèbre marque de plats cuisinés Marie publie son engagement : d’ici 2020, elle n’utilisera plus que des œufs issus d’élevages de poules en plein air dans ses tartes, quiches et autres recettes. Quelques jours plus tard, c’est au tour de la chaîne de boulangeries Paul de bannir les œufs d’élevage en batterie de ses viennoiseries, tartes, sandwichs et pâtisseries : le groupe prend la décision d’arrêter de soutenir l’élevage en batterie en s'engageant à abandonner les œufs de poules en cage d’ici 2025.

Enfin, le 11 janvier dernier, une autre entreprise de taille s’est engagée dans la transition vers la fin de l’élevage en cage: le groupe Lagardère Travel Retail, multinationale du groupe Lagardère, l’un des leaders des commerces en gares et en aéroports, a déclaré qu’il n’utiliserait plus d’œufs provenant d’élevages en batterie à l’horizon 2025, suite à des échanges avec L214 et l’Open Wing Alliance. Cet engagement s’étend à tous les restaurants et points de vente de l’entreprise, et concerne donc des enseignes aussi variées que Relais H, So! Coffee, Hubiz, Bread & Co… Surtout, Lagardère Travel Retail ne se limite pas à la France : présent dans 33 pays, en Europe, en Amérique du Nord, au Moyen-Orient et en Asie, le groupe n’utilisera plus d’œufs de poules en cage même à l’international.

Dag Rasmussen, PDG de Lagardère Travel Retail, se félicite de cette avancée pour les animaux : « Lagardère Travel Retail remercie L214 pour leur persévérance, qui a grandement contribué à l'amélioration significative des conditions d'élevage des animaux ».

Une transition est à l’œuvre

Les engagements en cascade de grandes entreprises comme Marie, Paul ou Lagardère Travel Retail confirment une tendance de fond : une véritable transition est à l’œuvre vers la fin de l’élevage en cage.

Aujourd’hui, tous secteurs confondus, les PME comme les multinationales s’empressent de s’engager contre ce mode d’élevage. Et même si les dates butoirs annoncées par ces entreprises sont lointaines, même si nous aurions tous aimé pouvoir envisager un monde sans cages dès maintenant, gardons à l’esprit que 68 % des poules sont encore élevées en batterie en France : la reconversion du secteur prendra un certain temps.

Les Français veulent une interdiction

Depuis quelques années, une véritable prise de conscience de l’opinion publique autour des conditions de vie des oiseaux élevés en cages a lieu. Ainsi, selon un sondage Yougov (2018), 90 % des citoyens souhaitent la fin de l’élevage des poules en cage.

Jamais la fin de l’élevage en cages n'a été aussi proche : les politiques doivent désormais se mettre à l’écoute de la société et entériner la fin de cette pratique d’élevage des plus cruelles. Aucune poule ne devrait vivre en cage, et il est plus que temps de l’interdire, comme l’ont déjà fait la Suisse et l’Autriche, et comme l’Allemagne s’est engagée à le faire d’ici 2025.

Mobilisons-nous auprès de nos responsables politiques, jusqu’à l’interdiction totale de l’élevage des poules en cage.

Signer la pétition en ligne

Cages ou hors cages, quels changements pour les poules ?

Interdire les cages, c’est améliorer les conditions de vie des poules pondeuses, mais ce n’est pas réduire le nombre de poules exploitées par l’industrie, ni soulager toutes leurs souffrances…

Ainsi, tous les poussins issus de la « filière ponte » proviennent de couvoirs dans lesquels les mâles sont broyés vifs à la naissance, car ils ne pondent pas.

De même, du fait de la promiscuité, du stress et de la frustration liés aux conditions d’élevage, les poules peuvent développer des comportements agressifs en se piquant les unes les autres parfois jusqu’au sang. Au lieu d’améliorer les conditions d’élevage, le bec des poussins est généralement coupé ou brûlé, afin de limiter les conséquences du cannibalisme lié aux trop fortes densités. Enfin, les poules élevées pour leurs œufs finissent toujours à l’abattoir : elles sont tuées vers l’âge de 16 mois, alors que leur espérance de vie est de 8 ans.

Végétaliser son alimentation reste la seule manière d’épargner les poules, et cuisiner sans œufs n’a jamais été aussi facile !


Bannière Incendies en élevage : quand la société n’y voit que du feu

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En 2017, il y a eu des événements marquants et parfois une actualité qui a marqué l’Histoire. Et puis, il y a eu des tas de “faits divers”. Comme ces milliers d’animaux victimes d’incendies dans des élevages.

Et en France, en 2017, ce sont plus de deux cent mille animaux d’élevage qui ont péri dans des incendies en France - un chiffre sans doute largement inférieur à la réalité, de nombreux cas n’ayant probablement pas été relayés par la presse. D’accord, il s’agit d’accidents, mais d’accidents révélateurs d’un manque flagrant de sécurité. Et en fait, ils sont surtout révélateurs du fait que la vie des animaux n’a pas vraiment d’importance. Pour s’en rendre compte, il suffit de lire les articles de journaux qui relatent ces incendies. Leur ton invariablement laconique, dépourvu de toute émotion, reflète bien la façon dont on considère les bêtes.

En 2017, 52 élevages ont brûlé, soit un incendie tous les 7 jours. Au moins 151 430 poules, poulets et poussins, 22 000 canards, 41 500 pintades et pintadeaux, 6 590 truies, cochons et porcelets, 449 vaches, veaux et génisses, 797 brebis, béliers et agnelles et 1 621 chèvres sont morts brûlés vifs ou asphyxiés. Un élevage en flammes a vite fait de piéger un grand nombre d’animaux à la fois, vu comment ils sont entassés dans les bâtiments par centaines, milliers, voire centaines de milliers pour les oiseaux. Comment secourir mille chèvres enfermées dans un seul bâtiment ?

Ces animaux ont dû ressentir la terreur absolue d’être piégés dans les flammes, puis la souffrance atroce d’être asphyxiés ou brûlés vifs. Ils ont dû hurler, se débattre, se jeter contre les barreaux ou les uns sur les autres, lutter de toutes leurs forces dans un combat perdu d’avance. Pourtant, les journaux n’évoquent jamais cette souffrance.

Hangar calciné

En janvier 2017, alors que 1 400 poussins ont péri dans l'incendie d’un bâtiment agricole, le journaliste écrit même qu’il n'y a pas [eu] de blessé”. S’il est évidemment heureux qu’aucun être humain n’ait été blessé, l’existence des poussins est donc considérée comme nulle. Les journaux réduisent la mort des animaux à la perte financière que celle-ci représente pour l’éleveur :

- À l’intérieur de la première structure, totalement ravagée, 2 200 porcelets, élevés sur caillebotis, sont morts brûlés. (...) Dedans, 220 truies périssent. Des bureaux administratifs sont aussi détruits (janvier 2017).

- On ignore encore l’origine du sinistre, mais les conséquences sont déjà là pour l’éleveur : pas moins de 4 400 poussins ont brûlé avec le bâtiment (mars 2017).

- Dans ce bâtiment en bois, les 2 500 poulets et poules pondeuses, partis en fumée, étaient destinés à être vendus vivants sur les marchés (avril 2017).

- Ce sont 1 000 porcs qui ont été tués dans cet incendie. Une catastrophe pour l’éleveur (juillet 2017).

- Les dégâts sont particulièrement lourds pour l’exploitant agricole, qui n’était pas présent au moment des faits : un tunnel qui abritait 220 brebis et 120 agneaux ainsi qu'un chien et un chat a été entièrement ravagé par les flammes (novembre 2017).

- Le feu est d'origine électrique. Il a pris ce matin, vers 5 heures et demi, dans ce hangar de 550m² et a brûlé les 6 000 canards qui y vivaient. Selon les pompiers de Vendée, c'est un phénomène qui arrive régulièrement en période de froid (décembre 2017).

Au total, ce sont au moins 224 387 animaux qui sont morts ainsi en 2017. Asphyxiés. Brûlés vifs. Carbonisés. Un chiffre énorme, vertigineux, qui reste pourtant de l’ordre du fait divers puisque les animaux ne comptent pas plus que des ballots de paille.

Mais tous ces animaux ne représentent jamais qu’à peine 13 % des 3 millions d’animaux terrestres tués chaque jour en France dans les abattoirs. Car tous étaient condamnés à mourir à brève échéance. Une infime partie d’entre eux est morte accidentellement lorsque l’élevage a brûlé, alors que tous les autres allaient continuer à être exploités avant d’être tués à l’abattoir. Le ton employé par les journalistes n’a finalement rien de surprenant. Les animaux d’élevage ne sont que des marchandises, et on se désole pour la perte subie par leur propriétaire. Leur destruction est regrettable comme l’est celle des bâtiments, machines agricoles et sacs de rations qui sont partis en fumée avec eux. Des biens perdus, c’est toujours dommage.