Bannière Vegan super facile

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Dans la famille Super facile je voudrais… la cuisine vegan !

On ne peut plus le nier, l’alimentation végétale se démocratise de plus en plus. Cette évolution n’est pas passée inaperçue aux éditions Marabout puisque, depuis l’été 2016, elles ont décidé de nous partager leur premier livre de recettes 100 % vegan.

Notre équipe s’est empressée de feuilleter ses 144 pages, parce qu’il faut le reconnaître, on aime tous ce qui est super facile !

On découvre donc un joli livre bien complet introduisant d’abord le végétalisme avec des explications simples et claires. Le lecteur dispose également d’une liste d’ingrédients incontournables et faciles à trouver comme des graines, du lait végétal ou encore des légumineuses, ainsi que de petits conseils précieux destinés aux débutants.

Le concept de ce livre est plus que séduisant : des recettes saines, faciles et très colorées avec moins de 6 ingrédients. Les temps de préparation et de cuisson sont raisonnables et accessibles à tous, même les plus pressés !

Que l’on préfère les salades colorées, les smoothies ou les desserts gourmands, il y en a pour tous les goûts : yakitori d’aubergines, brownie à la patate douce ou encore houmous de betteraves. Et surprise, on nous propose même des recettes de fromages végétaux simplissimes et des idées de glaces !

Le mythe de l’alimentation vegan fade et pauvre peut tomber aux oubliettes !

 

Jessica Oldfield, Vegan super facile, éditions Marabout (2016, 144 pages, 6,95 €).

Disponible sur la boutique L214.

 


Bannière « Sombre nuit pour les animaux »

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Jeudi 19 avril, jusque tard dans la nuit, et le lendemain matin, les députés de la commission des affaires économiques ont débattu et voté les amendements relatifs à l’article 13 du projet de loi issu des États généraux de l’alimentation. Les associations de défense des animaux attendaient des avancées, puisque les questions du contrôle vidéo en abattoir et de l’interdiction de l’élevage en cage des poules pondeuses allaient notamment y être abordées. Ces mesures auraient pu être significatives pour les animaux… Aucune d’entre elles n’a été adoptée.

Des amendements rejetés en bloc

Après avoir renommé cet article 13 « Respect du bien-être animal », la majorité des députés présents, menés par M. Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture, ont rejeté méticuleusement, un à un, les amendements concrets qui auraient pu changer les conditions d’élevage, de transport et d’abattage des animaux. Démarches volontaires des filières et arguments économiques fallacieux ont été systématiquement avancés pour stopper net les avancées possibles. La FNSEA, syndicat majoritaire agricole, et le CNPO, interprofession des producteurs d’œufs, peuvent se vanter de leur pouvoir bien réel sur le gouvernement !

Petit florilège des arguments les plus absurdes entendus pendant les débats : pour M. Stéphane Travert, « s’il est vrai que certaines pratiques particulièrement cruelles devraient disparaître, il vaut mieux faire confiance à la filière pour faire évoluer les choses ». Le ministre ose même dire que « l’élevage en cage des lapins est nécessaire car autrement il y aurait des risques de cannibalisme ». Et M. Thibault Bazin, député républicain, de surenchérir :  « l’INRA a rendu les poules joyeuses en cage » puisqu’elles ont de toute façon « peur de l’extérieur » et ont « plein de copains en bâtiment ». À les entendre, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Ce qui aurait pu changer pour les animaux

Chaque amendement un peu concret a ainsi été retoqué à coups d’arguments malhonnêtes et parfois mensongers. Et ces votes, qui auraient pu limiter les souffrances des animaux, n’auront finalement abouti à rien.

Le contrôle vidéo en abattoir, promesse de campagne de M. Emmanuel Macron, approuvé par 85 % des Français et déjà voté par l’Assemblée nationale en janvier 2017 sous l’impulsion de M. Olivier Falorni, a été rejeté : les abattoirs feront éventuellement cette démarche volontairement. Comme l’a très justement rappelé M. François Ruffin en séance : « Dans ce texte de loi, il n’y a rien sur cette question, il n’y a rien sur les abattoirs, il n’y a rien pour aider les salariés à souffrir moins à l’intérieur de ces entreprises ». Rien pour les animaux. Les amendements sur l’interdiction de l’étourdissement au CO2, de l’abattage sans étourdissement et bien d’autres destinés à poser des limites à ce qu’endurent les animaux au moment de leur mise à mort ont été rejetés.

 

L’interdiction des cages pour les poules pondeuses a également été écartée alors qu’elle aurait pu mettre un point final aux privations comportementales sévères de 33 millions de poules chaque année, qu’elle répondait à une attente de 90 % des Français et que plus de 100 entreprises se sont déjà engagées à ne plus utiliser les œufs issus de tels élevages. Là aussi, il s’agissait d’un engagement de M. Emmanuel Macron, renié sous la pression de l’interprofession des producteurs d’œufs.

Voir notre dernière enquête en élevage de poules en cage

Quant à la durée des transports d’animaux vivants, elle restera sans limite malgré les arguments percutants de Mme Anne-Laurence Petel, rappelant l’enquête récente de l’ONG Animals Australia démontrant les conditions de transport ignobles des animaux sur un bateau et les changements déjà impulsés par d’autres pays.

D’autres mesures essentielles, comme la castration à vif des porcelets mâles, ont également été balayées d’un revers de main. Il s’agit pourtant d’une mesure de prime importance, qui touche des millions de cochons chaque année, comme nous le rappelle la campagne End Pig Pain d’Eurogroup for Animals, soutenue par L214. Certains pays, comme la Suisse, ont déjà interdit cette pratique particulièrement douloureuse. Qu’attendons-nous pour le faire ?

Après le travail en  commission, la loi sera discutée à partir du 22 mai en séance plénière à l’Assemblée nationale. Mais les résultats semblent joués d’avance, puisque les dés sont pipés.

Nous continuerons

Selon un récent sondage IFOP pour 30 Millions d’Amis, 67 % des Français considèrent que les animaux sont mal défendus par les politiques : ils ont raison. Force est de constater que les responsables politiques ont, encore une fois, préféré défendre les intérêts de certaines filières, quitte à cautionner des pratiques particulièrement cruelles envers les animaux.

Durant ces débats, les députés pouvaient amorcer le changement d’un système effroyable aussi bien pour les animaux, qui souffrent de leurs conditions d’élevage et d’abattage, que pour les humains, en termes de partage des ressources, de conditions de travail, et bien sûr d’environnement. Cette opportunité n’a pas été saisie. À la botte des interprofessions avant tout soucieuses de défendre leurs intérêts privés, enfumant les consommateurs en parlant de « bien-être animal », le gouvernement ne bouge pas le petit doigt pour changer le sort des animaux.

Voir notre site Politique & Animaux

Face à ces débats honteux et irresponsables, nous continuerons nos actions, nous continuerons à montrer l’insupportable réalité vécue chaque jour par des millions d’animaux, derrière les murs des élevages et des abattoirs. En l’absence de véritable considération de la part des responsables politiques, les animaux ne peuvent compter que sur nous. Chaque jour, nous avons la possibilité de refuser de cautionner une industrie qui les considère comme des marchandises, en changeant nos habitudes de consommation mais aussi en rejoignant un mouvement qui ne cesse de prendre de l’ampleur, un mouvement qui exige un véritable progrès pour les animaux, un mouvement revendiquant bienveillance et justice.

Voir notre site Vegan Pratique

Agir avec L214

 


Bannière Vers une société végane

Vers une société végane

  • Article du Samedi 14 avril 2018

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Et si nous sortions de l'ère de l'exploitation animale ? Et si le monde devenait végane ?
« Le monde » ? Tout le monde ?

 

Que deviendraient alors les animaux, les éleveurs et toutes les personnes qui vivent de l'exploitation des animaux, comment seraient entretenus les paysages sans élevage, et plus simplement : qu'est-ce qu'on deviendrait ? C'est à ces questions et à bien d'autres qu'Olivier Rognon tente de répondre à travers une belle fiction, Vers une société végane. Après-demain, l'abolition.

 

En 2016, la société prend enfin conscience de ce qu'endurent les animaux dans les élevages, les abattoirs, les cirques, les zoos et autres arènes ou laboratoires. Ce sont des images tournées en caméra cachée qui avaient exposé au grand jour le martyre des animaux et propulsé sur la scène médiatique la question animale, qui était devenue une véritable question de société. Mieux encore : la prise de conscience collective avait amorcé un mouvement sans précédent, et l'amplification du militantisme et des revendications avaient entraîné des changements de consommation massifs. Et puis, le monde politique et juridique avait emboîté le pas. Une page se tournait. Et au vu de l'immense souffrance des animaux, mais aussi des dégâts environnementaux causés par l'élevage, il était temps ! Temps d'innover, de jeter les bases d'une société plus juste, d'enfin aller de l'avant au lieu de maintenir un système moribond sous perfusion et d'aller droit dans le mur – en vrai, dans le mur, on y était déjà : des milliards d'animaux massacrés dans les abattoirs chaque année de par le monde, un effondrement de la population d'animaux sauvages traqués, chassés, empoisonnés, 800 millions d'êtres humains souffrant de la faim, un gaspillage des ressources insensé, des pollutions en tous genres et en tous lieux, le climat modifié... (1)

 

Dans un style simple et fluide, à travers des descriptions, des dialogues et divers protagonistes (dont un ouvrier d'abattoir), Olivier Rognon entraîne son lecteur dans une utopie, c'est-à-dire la représentation rigoureuse d'une société imaginaire et parfaite – ou du moins meilleure, à savoir ici sans exploitation animale, où les humains s'entraideraient au lieu de se déchirer, et accepteraient la présence des autres animaux, nos cohabitants de la Terre. Bien sûr, il y aura toujours des injustices, mais ce n'est pas une raison pour ne pas les combattre et accepter l'inacceptable ! Nous pouvons vivre en bonne santé sans consommer de produits animaux, et finalement, il ne tient qu'à nous de transformer l'utopie en réalité. Et si on y croyait ? Et si on y allait ?

Vers une société végane est un livre innovant, vivifiant et inspirant, qui se lit d'une traite, avec passion et enthousiasme.

 

Olivier Rognon, Vers une société végane. Après-demain, l’abolition, Toulouse, éditions Mélibée, 2018.

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1 - S’informer sur les conséquences de l’élevage : viande.info

Bannière Histoire d’un rescapé

Histoire d’un rescapé


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Alors qu’il devait être engraissé pendant 31 jours puis abattu dans l’indifférence générale pour être exporté, Géo Trouvetou a été sauvé des griffes d’un système alimentaire destructeur. 10 mois plus tard, notre poulet mène une vie paisible dans un refuge. Voici son histoire.

La vie de Géo Trouvetou commence dans un immense couvoir industriel. Sa mère ? Il ne la connaîtra jamais… un numéro parmi tant d’autres. Une mère destinée à pondre encore et toujours, sans jamais voir éclore le moindre de ses oeufs.

Le couvoir est un lieu très stressant pour notre Géo. Avec des milliers d’autres poussins, il est bousculé, malmené. Il circule de main en main, de tapis roulant en tapis roulant… En bout de chaîne, on le place sans ménagement dans un robot à vacciner. Ce dernier le saisit, le retourne automatiquement puis une aiguille descend et se plante à vive allure dans sa chair. Après cela, Géo est jeté dans une caisse avec plusieurs dizaines d’autres poussins. On les charge dans le camion, les portes se ferment et le moteur démarre.

Le trajet paraît interminable à Géo. Déshydraté, il souffre de la chaleur et de l’entassement avec les autres poussins. Plusieurs d’entre eux ne survivent pas à ce trajet.

Notre poussin tient le coup : bien que sonné, il est toujours en vie lorsqu’un humain décharge sa caisse. Il se trouve alors projeté dans un hangar immense. La lumière est éblouissante et la litière est propre… pour le moment. Dans un mois, elle sera sale et humide : les bactéries y pulluleront et les jeunes animaux développeront des maladies de peau à son contact.

Mais Géo ne connaîtra pas ce funeste destin : deux jours après son arrivée, un petit groupe entre dans le bâtiment. Ils filment les conditions de vie des jeunes animaux pour les montrer au plus grand nombre. Une jeune femme porte une caisse dans les bras. Elle prend un premier poussin pour le mettre délicatement dans sa caisse, puis son regard se tourne vers Géo. La chance de sa vie. Alors que 800 millions de jeunes poulets sont élevés puis tués en France chaque année pour la consommation de viande, l’existence de Géo et de 8 autres poussins a basculé ce soir là.

Géo échappe à un mois d’enfer au sein d’un élevage intensif, mais laisse derrière lui des milliers de compagnons qui ne connaîtront jamais son bonheur. Il est malheureusement impossible pour les militants de tous les sauver, seul l’arrêt de la consommation de viande par les humains pourra mettre fin à ce massacre.

 

En grandissant, les anciens compagnons de Géo rempliront très vite tout l’espace du hangar. L’air y deviendra vite difficilement respirable à cause de la poussière, des odeurs d’ammoniac et de la présence de dioxyde de carbone. Chaque année, des millions de poulets meurent du fait des conditions d’élevage insalubres.

Géo, lui, est en bonne santé. Mais il a été sauvé juste à temps : quelques jours de plus dans ce hangar et les conséquences sur sa santé auraient été irrémédiables. En effet, la nourriture mise à disposition en élevage intensif est conçue pour faire prendre du poids très rapidement aux animaux, si rapidement que nombre de poulets ont du mal à se tenir debout. Ils grossissent tellement vite que leurs pattes ne parviennent plus à supporter leur propre poids. Une tête de poussin sur un corps de poulet.

Cependant, la nourriture délivrée n’est pas la seule responsable de la croissance rapide des poussins. Regardez : notre ami n’a pas 20 jours que son corps a déjà atteint une taille vraiment imposante.

Car, comme ses camarades, Géo a été sélectionné génétiquement pour avoir une croissance rapide et satisfaire ainsi les objectifs de production. C’est sa morphologie, il a été conçu comme cela. Bien que le refuge où il vit désormais en sécurité prenne soin de lui et qu’il ait la chance de pouvoir gambader à son aise et se dépenser sans compter, il n’est pas aussi svelte que ses amies les poules pondeuses.

Un des autres rescapés, Picsou, a subi encore plus directement que lui les conséquences de la sélection génétique. En effet, un jour Picsou a été bousculé par un dindon. Sa patte s’est alors tordue définitivement et il a aujourd’hui des difficultés à se déplacer normalement. Si sa croissance n’avait pas été aussi rapide, il n’aurait probablement pas eu de séquelles de cet accident malencontreux.

Quant à Géo, il mène aujourd’hui une vie paisible au refuge. Ses activités préférées ? Vadrouiller dans les prés, s'étirer de tout son long sous un arbre, picorer ou gratter le sol à la recherche de nourriture. Ah, ça, il porte vraiment bien son nom notre ami ! Il va souvent dehors prendre des bains de soleil ou s'ébrouer dans la poussière pour se nettoyer. À la grande hantise des soigneuses du refuge qui craignent que le petit animal se blesse, il adore se percher, sauter de petites barrières ou se poser en hauteur sur une pierre ou un muret.

Géo et ses 8 compagnons de sauvetage ont aujourd’hui 10 mois, 10 mois d’une vie bien remplie. Les autres ont été amenés à l’abattoir il y a bien longtemps… Ils auront vécu 31 jours de malheur en élevage intensif alors que l’espérance de vie d’un poulet est de 8 ans. Ils n’auront jamais vu la lumière du jour, ni pu se percher ou explorer un environnement stimulant. Des milliers d’autres sont morts dans l’élevage même, parfois de soif ou de faim, faute de pouvoir atteindre les mangeoires et les abreuvoirs.

Comment les humains en sont-ils arrivés là ? Probablement parce que les poulets sont des animaux qui ne leur ressemblent pas. Pourtant, il existe des personnes comme Sofia, cette jeune femme qui a sauvé Géo, ou Anaïs, qui prend soin de lui tous les jours au refuge, ou Lionel, qui refuse de manger des animaux. Des personnes comme nous, qui ont de l’empathie pour tous, animaux humains ou non humains. L’histoire de notre petit rescapé le montre bien : il ne tient qu’à nous de changer notre regard pour changer le monde.

 

En savoir plus sur les conditions d’élevage des poulets
Je tourne le dos à la viande


Bannière La peste soit des mangeurs de viande

La peste soit des mangeurs de viande

  • Article du Vendredi 6 avril 2018

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Le cadavre du capitaine Pierre Luchaire gît dans une mare de sang sur le sol de l’abattoir. Au même moment, partout en France, 3 millions d’animaux attendent, terrifiés, leur mort prochaine. À qui profite le crime ?

Avec La Peste soit des mangeurs de viande, Frédéric Paulin signe un polar sans concession et transporte ses lecteurs dans l’enfer des abattoirs, une lecture parfaite à l’heure du festival du roman policier Quais du polar !

 

Ceux qui égorgent et mangent

Le capitaine Pierre Luchaire n’était certes pas un enfant de chœur, et dans le milieu, ils étaient nombreux à souhaiter sa mort… Mais qui a pu l’abattre de cette façon ? Les mains liées derrière le dos, le policier a été égorgé, comme un animal de boucherie. D’ailleurs, les ouvriers d’abattoir trouvent près du corps un post-it moucheté de sang sur lequel le meurtrier a écrit : « Peuvent-ils souffrir ? ». Le meurtre est signé, tout laisse à penser que le coupable est un défenseur des droits des animaux.

Étienne Barzac de l’IGPN et le lieutenant Salima Belloumi mènent l’enquête, une enquête qui entraînera le lecteur à la découverte de bien des acteurs de la production de viande. Les premiers indices les mettent sur la piste d’un groupe de militants antispécistes, qui infiltrent élevages industriels et abattoirs. Leur leader, Dam, fait figure de suspect idéal, mais il est assassiné à son tour d’une balle dans la tête.

Qui est l’auteur de ces crimes sanglants ? D’autres militants, jaloux d’un meneur envahissant ? L’un des ouvriers d’abattoir, qu’ils ont croisé dans leur combat ? Ou pourquoi pas les industriels de la viande, qui auraient tout intérêt à éliminer leurs opposants ?

 

Ceux qui défendent et dénoncent

Sous ses allures de polar, La Peste soit des mangeurs de viande est aussi un roman engagé, dans lequel la mort des animaux est considérée, à l’instar du meurtre de Pierre Luchaire, comme un crime politique. Chaque chapitre évoque le point de vue d’un personnage différent, qui pour une raison ou pour une autre pousse un jour les portes de l’abattoir. Certains ont tout intérêt à le voir tourner à plein régime, d’autres au contraire, marqués par ce qu’ils y verront, cesseront de manger de la viande.

Si Frédéric Paulin prend clairement le parti des animaux, il aborde aussi d’autres problématiques à travers les récits de ses personnages. En faisant le portrait de Salima, l’auteur décrit les violences conjugales dont la jeune femme est victime. Les parcours de Damien et de Gwenaëlle lui permettent de rappeler les récents mouvements pour les droits sociaux dans le sud de l’Europe. Et en racontant l’histoire d’Erwon Le Scraigne, employé d’un abattoir porcin depuis vingt ans, Frédéric Paulin dit toute la précarité et la dangerosité du métier d’ouvrier d’abattoir, et la noirceur qui envahit parfois ceux qu’on paye pour tuer.

 

Écouter l’entretien de Frédéric Paulin sur France Culture

 

Frédéric Paulin, La Peste soit des mangeurs de viande, La Manufacture de livres, 2017.

 


Bannière Témoignage • Cécile : épargner les agneaux de Pâques

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Après avoir visité un abattoir en avril 2012 lors de ses études d’agronomie, Cécile a arrêté de manger les animaux. Aujourd’hui végane et militante pour la cause animale, elle nous livre le témoignage poignant qu’elle a écrit un an après sa visite. Les agneaux la remercient !

Nous étions en Haute-Loire, la semaine juste avant Pâques. C’était une semaine d’“enquête départementale”, comme cela s'appelait, une semaine où nous étions amenés à rencontrer différents acteurs du secteur agricole d’un département, pour en comprendre les enjeux.

Quand l’occasion s’est présentée de visiter un abattoir, je me suis tout de suite portée volontaire. Je voulais savoir ce qu’il s’y passe, et comment cela se passe. En fait, j’étais tout simplement intriguée par cette étape de “fabrication” dont on ignore tout ou presque, même en école d’agronomie.

Je dois avouer que je n'appréhendais pas particulièrement cette visite. Pour vous dire, je crois que j’étais à peu près dans le même état d’esprit que le jour où j’ai visité une usine de production de yaourts !

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Avril 2012, la semaine précédant Pâques

"Nous sommes 7 dans la voiture de location.

Au fur et à mesure que nous approchons de l’abattoir, l’ambiance plutôt joyeuse au départ s’alourdit peu à peu. Je ne comprends d’abord pas bien pourquoi les autres se taisent. Puis l’odeur commence à apparaître. Une odeur âpre, celle de la mort et du sang. Je prends conscience, tardivement, que je vais assister à une tuerie. Lorsque nous descendons de voiture, personne ne dit un mot. Je me demande soudain pourquoi je suis venue. Je suis le groupe à reculons. Au-dehors, l’odeur se fait plus prégnante, la peur et le sang se mêlent étrangement.

Nous entrons.

Une secrétaire nous accueille. Des gens circulent. Nous sommes dans la partie administrative de l’abattoir, mais ça sent déjà la mort à plein nez. Je repère quelques gouttes de sang sur les murs. Des ouvriers massifs déambulent avec de grandes bottes blanches tachées de sang.

J’ai maintenant clairement peur.

Nous enfilons nos tenues : charlotte, combinaison, protèges-chaussures. Je tremble.

Je me sens devenir pâle. Instinctivement, j’ai envie de fuir.

Je continue de suivre le groupe à reculons. Je suis la dernière de la file. La grande porte métallique s’ouvre. L’odeur de mort devient suffocante. Le premier entre, puis le deuxième... le troisième... le quatrième… Je les regarde, pétrifiée. Ça va être mon tour.

Je m’approche le coeur battant. Je passe la tête dans l’embrasure de la porte, juste assez pour voir ce qu’il se passe.

Ce sont les hurlements des agneaux qui m’horrifient d’abord.

On nous explique que ce sont des agneaux de Pâques, je n’écoute même pas.

Les jeunes agneaux, parqués entre des barrières métalliques, sont pris de panique. Ils s’épuisent à hurler toujours plus fort en essayant de s’échapper coûte que coûte. Ils se grimpent dessus les uns les autres pour tenter de franchir les barrières, se blessent, hurlent encore plus fort. L’odeur de mort insoutenable, c’est celle de leurs semblables.

Moi, je n’ai toujours pas fait un pas. À l’abri, sidérée.

Avec une dernière lueur d’espoir dans les yeux, un agneau m’implore du regard.

C’en est trop, je prends la fuite. Je referme la porte et rebrousse chemin à toute vitesse. Je rends ma tenue. Je lance un regard noir à la secrétaire qui marmonne à mon passage, froide, impassible, sans doute usée par ce métier sordide : “ah oui, y en a qui craignent hein...”, avant de laisser échapper un soupir réprobateur.

Sur le moment, trop occupée à fuir le plus rapidement possible, je ne relève pas. Mais ses paroles, cet abominable euphémisme “craindre” (mais craindre quoi au juste ? craindre la peur et la mort ? craindre la souffrance d’autrui ?) résonnent ensuite dans ma tête pendant de longues minutes, qui deviendront ensuite des jours et des mois…

Je sors. Je suis en état de choc, incapable de prononcer le moindre mot.

Je rejoins mon amie Gwénaëlle dans la voiture. Accablée par l’odeur et les cris dès le parking, elle n’avait pas réussi à entrer dans le bâtiment. On pleure, sans un mot, pendant une bonne demi-heure, dans les bras l’une de l’autre. On réussit enfin à sortir de voiture. On marche loin, le plus loin possible, pour ne plus sentir la mort.

Je commence, sans le savoir, la première phase d’un deuil qui sera long. Le deuil de tous les individus à qui j’ai ôté la vie en 20 ans d’existence. Tous ces êtres, sensibles, intelligents, qui n’avaient pas envie de mourir. Je n’ose même pas imaginer combien ils sont.

Mes larmes sont intarissables. Au bout d’une heure, peut-être deux, nous revenons vers l’abattoir. Les autres ont fini la visite.

Nous avons rendez-vous avec le directeur. On me dit de venir, que ça peut être intéressant. Je suis le groupe, toujours sans un mot. Je ne réussis pas à les regarder en face, les autres. Ceux qui y sont allés, qui ont vu, et que ça n’ébranle pas le moins du monde. Dans le bureau du directeur, mes jambes fléchissent de nouveau. Je ne capte que quelques bribes de conversation.

J’entends un de mes collègues s’étonner d’avoir vu le directeur travailler sur la chaîne avec les ouvriers pendant la visite. Et celui-ci de répondre avec humour : “Vous avez déjà entendu parler de sadisme animal ? Quand il manque un employé, je vais me faire plaisir sur la chaîne ! (rire)”

Mais comment peut-on rire de ça ?

Là encore, c’en est trop pour moi. Je quitte le bureau brusquement pour m’effondrer à l’extérieur. Je ne rentrerai pas de nouveau. Je ne participerai plus à ce massacre. Voilà ce que je me suis promis ce jour-là. ”

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Sur les six étudiants présents ce jour-là, nous sommes deux à ne plus manger les animaux. Et vous, ouvrirez-vous les yeux ?

 

Aller plus loin :

L’abattage des agneaux à Mauléon-Licharre (2016)

L'alimentation végétale en pratique


Bannière 10 bonnes raisons d’arrêter de manger de la viande dès aujourd’hui ! On y va ?

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Chaque année, le 20 mars, la Journée internationale sans viande est l’occasion de rappeler que nous sommes de plus en plus nombreux à choisir de ne pas en consommer. Et toi, t’en es où ? Découvre 10 raisons d’arrêter la viande dès aujourd’hui !

 

1. Parce que les animaux nous ressemblent
 

Tu le sais : les animaux sont des êtres sensibles. Comme nous, ils éprouvent des émotions telles que la joie ou la tristesse, et ressentent la douleur, le plaisir, et une multitude de sensations. Prenons le temps de les connaître : ils sont la raison number one pour laquelle on devrait manger autrement ! Il suffit de voir cette vidéo dans laquelle un chevreau imite une petite fille pour voir à quel point les ressemblances sont frappantes !
 

 

2. Parce que les animaux ne devraient pas être maltraités
 

En France, 80 % des animaux grandissent en élevage intensif. Poulets entassés dans des hangars, cochons élevés sur du béton, poules pondeuses enfermées dans des cages… une majorité d’animaux vivent une vie de misère, où souffrance et ennui sont les maîtres-mots.

Le petit éleveur bio du coin ? Le broyage des poussins, la castration à vif des porcelets, l’écornage des veaux, la coupe des becs des poules sont des pratiques routinières aussi bien en élevage conventionnel qu’en bio ou en local.
Et en plus, les animaux sont tous tués dans les mêmes conditions.

Voir nos enquêtes en abattoirs

 

3. Parce que les animaux tiennent à la vie
 

Avec ou sans étourdissement, l’abattage des animaux est toujours source de grandes souffrances : crâne perforé avec un pistolet à tige perforante, électrocution, gazage au CO2, égorgement à vif… l’être humain ne manque jamais de créativité quand il s’agit d’exploiter les plus faibles ! Qu’importe la méthode, l’issue reste la même : c’est la mort, la terreur et la souffrance qui attendent les animaux derrière les murs des abattoirs.
On t’a déjà dit : « Ils sont nés pour ça » ? Ça leur fait une belle jambe ! Les animaux sont vivants et tiennent à le rester. Sur les images de nos enquêtes, nous voyons des animaux qui résistent, qui cherchent à s’échapper, qui refusent de mourir. Agissons pour eux en refusant de les manger !

Voir notre enquête à Mauléon-Licharre

 

4. Parce qu’on peut vivre en bonne santé sans viande
 

« Et les protéines alors ? » C’est la question classique qui revient lorsqu’on aborde le sujet du véganisme. Curieux, non, quand on sait que les ​sources  ​de​ ​protéines​ ​dans​ ​l’alimentation ​végétale​ ​sont​ ​nombreuses et fiables ? Les céréales, les légumineuses, les oléagineux, le tofu, le seitan et les similicarnés sont de bonnes sources de protéines : aucun risque d’en manquer !
Désormais, toutes les preuves sont là pour affirmer qu’on peut vivre en parfaite santé sans manger de viande, ni aucun produit d’origine animale. À côté de cela, on nous apprend depuis l’enfance qu’il ne faut ni maltraiter ni tuer sans nécessité. Tu fais le lien ?

Impressionne ton médecin en devenant vegan !

 

5. Parce que la cuisine vegan, c’est la vie
 

On peut tout cuisiner vegan. Tout. Ton hamburger te manquerait ? Heureusement, on y a pensé : il est tout à fait possible de faire un burger à base de lentilles, de haricots, de pois chiche – de ce que tu veux, en fait ! Tes pâtes carbo te manqueraient ? Ça tombe bien, on peut aussi les faire vegan ! Tous tes plats préférés peuvent se cuisiner sans viande, tous : un peu d’inventivité et de curiosité, et le tour est joué !
Mousse au chocolat, crêpes, tartes et gâteaux : et si c’était même meilleur vegan ? On parie ?

Tiens, des recettes végétaliennes et savoureuses !

 

6. Parce que manger sans viande fait du bien au portefeuille – et au moral !
 

Manger vegan, c’est cher ? Manger vegan, c’est compliqué ? Eh bien non ! Les pois chiches coûtent bien moins cher qu’une escalope ou un steak. Au contraire, même, la viande est l’aliment le plus onéreux du panier moyen, et elle représente jusqu’à 20 % du budget des courses, alors que les légumes et légumineuses sont aujourd’hui des aliments très abordables.
Compliqué ? Pas plus qu’un menu omni ! C’est comme tout, il suffit d’apprendre. On s’y met ?

Vegan à petit prix
Livres de cuisine vegan
Découvrir une recette de patates ultraviolente (et pas chère)

 

7. Parce que l’élevage abîme la planète
 

Chaque jour, on fait de petits efforts pour diminuer notre impact sur l’environnement : on éteint les lumières, on trie nos déchets, on veille à notre consommation d’eau... et on en oublierait presque que manger de la viande ça compte aussi, et pas qu’un peu !
On le sait aujourd’hui, l’élevage est la cause de 14,5 % des gaz à effet de serre (soit plus que la totalité des émissions directes du secteur des transports), de 80 % de la déforestation en Amazonie, mais aussi de pollution et de gaspillage de l’eau…
Prendre soin de la planète, c’est changer le contenu de son assiette, et c’est super efficace !

Être écolo, c’est aussi manger vegan

 

8. Parce que la viande nous coûte (trop) cher !
 

Et l’argent, on en parle ? L’élevage est loin d’être un secteur rentable : il est maintenu à flot par de nombreuses subventions, provenant de l’Union européenne comme du gouvernement français. Mais pourquoi l’argent du contribuable subventionnerait-il une industrie néfaste pour les animaux, pour l’environnement et pour les êtres humains... alors que nous pouvons très bien nous passer de viande ? Ne pourrait-on pas utiliser l’argent public autrement ? En subventionnant une transition vers un modèle agricole plus éthique, par exemple ?

Le coût de la viande

 

9. Parce que les humains aussi souffrent des conséquences de l’élevage
 

On n’y pense pas assez, mais l’élevage et l’abattage des animaux ont un impact sur les humains aussi ! Est-ce que tu savais que les deux tiers des terres cultivables sont utilisés pour nourrir les animaux d’élevage, alors que 800 millions de personnes souffrent de malnutrition dans le monde ? L’élevage gaspille des ressources qui pourraient contribuer au bien-être de la population mondiale.
Quant aux professions liées à l’élevage, elles sont extrêmement difficiles et précaires. Les ouvriers d’abattoirs, par exemple, subissent des cadences infernales et des conditions de travail dangereuses et éprouvantes.
Refuser de manger de la viande, c’est aussi agir pour les humains !

Arrêter de manger de la viande pour les humains
Voir le témoignage de Mauricio, ancien ouvrier d’abattoir

 

10. Parce qu’aujourd’hui est une bonne journée pour arrêter !
 

Oui oui, on a bien dit aujourd’hui ! Parce que ça urge : chaque jour, 3 millions d’animaux terrestres et plusieurs dizaines de millions d’animaux marins trouvent la mort dans les abattoirs et les filets de pêche, rien qu’en France. Mais les temps changent : rejoignez les rangs de ceux qui se battent pour la paix !
Aujourd’hui, 20 mars, nous célébrons la Journée internationale sans viande : la date parfaite pour commencer à manger autrement. Prenons notre courage à deux mains et abandonnons la viande, pour un monde meilleur pour tous !

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Bannière Doux dans la tourmente

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Au lieu de lancer une véritable politique de transition agricole, le gouvernement s’acharne à tenter de maintenir hors de l’eau un système d’élevage intensif déliquescent et profondément nuisible aux animaux.

Mercredi 14 mars, le Premier ministre Édouard Philippe a indiqué que l'État soutiendra le groupe Doux si « un projet de reprise est crédible commercialement ». Le groupe est en effet en pleine tempête économique et cherche actuellement des repreneurs. Plusieurs plans ont été évoqués, dont les conséquences sur les humains et sur les animaux sont toutes plus catastrophiques les unes que les autres.
Bâtiment d'élevage intensif de poulets

 

Derrière les murs d’un élevage Doux

Cette entreprise ne nous est pas inconnue : en septembre 2017, L214 avait diffusé des images tournées dans l’un des élevages fournissant le groupe Doux. On y voyait des poulets enfermés, entassés et rendus malades par ces conditions d'élevage. Certains poulets, trop affaiblis, parvenaient à peine à se déplacer jusqu’aux points d’eau ou de nourriture. Tous vivaient sur une litière fortement dégradée, le contact prolongé avec ce substrat sale et humide provoquant d’importantes brûlures et lésions de la peau chez les animaux.

Cet élevage n’est malheureusement pas un cas isolé. En France, 83 % des poulets sont détenus en élevage intensif et la stratégie du groupe Doux s’inscrit totalement dans ce modèle.

 

L’élevage intensif de poulets : une vie de souffrance

Les conditions de vie des poulets en élevage intensif sont terribles : claustration à vie, lumière artificielle, animaux entassés… Les poulets sont issus de souches à croissance rapide : ils grossissent tellement vite qu’ils sont abattus au bout de 35 jours seulement ! Leur corps, énorme, a du mal à être supporté par leurs pattes : les poulets peinent à se déplacer et peuvent souffrir de fractures, blessures ou malformations. Le taux de mortalité en élevage est estimé à plus de 4 %, ce qui est énorme pour un cycle de vie aussi court.
Jeune poulet dans un élevage intensif

 

Vers un changement de modèle ?

Les salariés et sous-traitants sont directement impactés dans leur quotidien par ce modèle économique. Le groupe Doux fonctionnant par contrat d'intégration, les 300 « éleveurs partenaires » sont ici dans une situation de dépendance extrêmement forte vis-à-vis de l’entreprise.

La politique court-termiste du gouvernement qui consiste à maintenir hors de l’eau ce système est irresponsable et injuste, aussi bien pour les employés que pour les animaux. L’État a la capacité et le devoir d’aider à la reconversion des salariés des groupes en difficultés.

Entasser les animaux, exiger des éleveurs un rythme de production soutenu, soumettre les salariés d’abattoirs à des cadences toujours plus élevées… cette politique des prix bas a un coût éthique inacceptable. Coût que les Français refusent de plus en plus de cautionner puisque 90 % se déclarent aujourd'hui défavorables à l'élevage intensif.

Le modèle agricole français est en crise et il devient urgent de tirer les leçons de ces dernières années en accélérant la transition agricole au lieu de soutenir un système intensif injuste et à bout de souffle.


Bannière L214 répond à la Fédération Française des Métiers de la Fourrure

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La Fédération Française des Métiers de la Fourrure (FFMF) a publié un communiqué à l’attention de la presse ainsi qu’une procédure auprès du CSA dans le but de mettre en doute, voire de discréditer la réalité des images diffusées par L214. Nous dénonçons un travail de communication malhonnête et de dissimulation de la vérité.
 

Nos images sont authentiques, et nous en avons la preuve

 

L214 réaffirme que toutes les images de l’élevage de visons diffusées depuis hier sont inédites, récentes, et ont été tournées aux dates indiquées dans son communiqué de presse (novembre 2017 pour les images de l’intérieur, janvier 2018 pour les vues aériennes). L’association en a transmis les preuves au procureur des Sables d’Olonne et aux journalistes de RMC. Les vues aériennes sont décrites et annoncées comme les vues de plusieurs élevages, dont celui de Landeronde, précisément identifié par le commentaire.

Cependant, face à des images qu’elle ne peut nier, la FFMF prétend qu’il s’agirait d’un cas isolé… Selon elle, L214 ne montrerait que des exceptions, en aucun cas une situation représentative. Les abattoirs nous servent la même réponse à chaque sortie d’images. Pourtant les enquêtes à répétition, la Commission d’enquête parlementaire et les contrôles diligentés par Stéphane Le Foll, alors ministre de l’Agriculture, permettaient de conclure, entre autres, que 80% des abattoirs présentaient des non-conformités, et dévoilaient des lieux violents pour les animaux tués, comme pour les ouvriers qui y travaillent.

Nous sommes dans une situation similaire ici. Depuis des années, les enquêtes de différentes associations montrent ces bâtiments dans lesquels s’empilent des cages où sont enfermés des milliers de visons, rendus fous par la captivité. En 2011, 30 millions d’amis menait déjà l’enquête, plus récemment, il y a un an, l’association One Voice dévoilait la situation de 6 exploitations, et les conditions d’élevage révélées par ces associations sont similaires à celles montrées par L214 hier.
Les visons sont des animaux sauvages qui vivent dans un milieu semi-aquatique : l’enfermement dans une cage où ils ne peuvent pas nager, une cage dont ils cherchent désespérément à sortir, entraîne chez eux des comportements stéréotypés et d’automutilation, preuve de leur mal-être. La nourriture est déposée sur le dessus des cages, où elle se décompose, les excréments se déversent dessous… Tristement typique. Les éléments réglementaires et scientifiques sont détaillés dans le rapport mis en ligne par L214 à la sortie de cette nouvelle enquête.

Lire le rapport
 

La FFMF accuse, nous répondons !

 

Des mises en doute gratuites

La FFMF affirme : « Ainsi, les images aériennes prises dans cette vidéo d’une grande ferme et celles prises au sol ne sont pas tirées du même élevage : l’élevage de Vendée visé est une petite ferme qui n’a rien à voir avec les vues aériennes diffusées. » Le commentaire de la vidéo explique bien qu’il y a des vues aériennes de différents élevages - on peut remarquer leurs profils similaires, plusieurs longs bâtiments groupés - et que les images de l’intérieur ont pu être récupérées dans l’élevage survolé en dernier.

La FFMF affirme aussi : « Après vérification, ces images n’ont rien d’exclusif : elles sont un recyclage d’un montage-vidéo de cette même ferme vendéenne réalisé l'an dernier par l’association One Voice. » C’est totalement faux, et cela prouve le manque de sérieux de la FFMF. Comme signalé, les images diffusées par L214 datent de novembre 2017, et les images de drone de janvier 2018. L214 a fourni au procureur des Sables d’Olonne ainsi qu’aux journalistes qui en ont fait la demande les preuves de date et de lieu.
 

Un porte-parole piégé ?

Dans son communiqué, la FFMF affirme que son porte-parole s’est fait piéger en répondant à une sollicitation de RMC. Son discours est standard.
« Les conditions d’élevage des animaux à fourrure en France sont extrêmement encadrées. Ce que les associations anti-fourrure diffusent comme images sont souvent des images volées. Quand vous pointez un spot de caméra sur un animal immédiatement vous allez le mettre dans une situation de stress. Un élevage de vison est fait par des éleveurs qui sont attachés à leurs animaux. Vous voulez obtenir une fourrure qui soit belle et qui soit propre, il faut que l’animal soit bien traité. » [retranscription de l’intervention diffusée par RMC de Nathan Sprung, directeur de la Fédération Française des Métiers de la Fourrure] C’est ce que les filières, quels que soient le type d’élevage, les mutilations ou autres conditions d’abattage, répètent pour rassurer les consommateurs et esquiver le débat. Elles parlent de réglementation, d’amour et de qualité de produit liée au bien-être animal. Le tout en évitant soigneusement de montrer lesdites conditions.

Conforme ou pas conforme ?

Devant les images accablantes de cet élevage, les autres exploitants de visons se désolidarisent de leur collègue : ils « condamnent avec la plus grande fermeté les conditions d’élevage indignes de la filière » [Extrait du communiqué de presse]. La fédération ne se sent « nullement solidaire de cet élevage isolé et condamne ses pratiques non-conformes aux normes françaises et européennes extrêmement strictes en la matière. » Dans le même article, la préfecture affirme : « Les lois et les règlements sont respectés. » [Ouest France] Parallèlement, un article de France Bleu, paru un peu plus tôt dans la journée indique que  « selon l’éleveur, la dernière inspection des services vétérinaires remonte à novembre 2017. Les agents de l'État ont constaté que l'élevage n'est plus aux normes, mais ont autorisé la poursuite de son activité, car l'éleveur doit prendre sa retraite à la fin de l'année. »

Dernière tentative

La FFMF revient sur les images que L214 a dévoilées sur les élevages de lapins Orylag affirmant qu’« une enquête de l’INRA avait été menée à la suite de cette publication. Début janvier 2018, l’enquête avait établi l’absence de maltraitance des animaux, leur bon état sanitaire et leur suivi par un personnel formé et attentif aux animaux. » Juge et partie, l’INRA a enquêté dans son propre élevage mais ne peut que reconnaître la vieillesse, l’exiguïté et la pauvreté des cages.

 

Vos élevages sont irréprochables ? Prouvez-le !

 

Selon la FFMF : « Les associations animalistes n’ont qu’une seule ferme comme cible et veulent faire croire que l’exception est la règle, alors qu’elles savent très bien que partout ailleurs, les fermes sont irréprochables, voire exemplaires. » Des élevages exemplaires ? Où sont-ils ? La FFMF devrait montrer les images de ces élevages exemplaires ! À moins qu’ils ne ressemblent que trop à ceux montrés par les associations qui tentent de défendre les animaux face à une industrie qui a trop à perdre à être transparente.
La filière parle d’amour et de bien-être animal, d’élevages irréprochables, mais elle ne nous montre jamais d’images. Il faudrait la croire sur parole : nous attendons des preuves.

Les filières ne défendent pas les animaux, elles défendent des marges et des bénéfices, et dévoiler les dessous sordides de la production n’arrange pas leurs affaires.
L214 et les autres associations de protection animale se battront pour conserver le droit de défendre les animaux, le droit de montrer ce qu’ils subissent, et la liberté de questionner la légitimité de les maltraiter et de les tuer sans nécessité. Puisse la presse ne pas se laisser intimider et notre société avancer vers une interdiction des pratiques qui nuisent aux animaux.

→ L’enquête de L214


Bannière 2018, vers la fin de l’élevage en cage !

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Panzani, Lustucru, Flunch... Aujourd’hui, une centaine d’entreprises sont engagées à ne plus utiliser d’œufs de poules élevées en cages. Un chiffre d’autant plus encourageant que plusieurs entreprises de renom viennent encore tout récemment de s’engager suite à des échanges avec L214 !

Début 2018 : déjà des engagements de poids !

L’année commence fort ! Début janvier, la célèbre marque de plats cuisinés Marie publie son engagement : d’ici 2020, elle n’utilisera plus que des œufs issus d’élevages de poules en plein air dans ses tartes, quiches et autres recettes. Quelques jours plus tard, c’est au tour de la chaîne de boulangeries Paul de bannir les œufs d’élevage en batterie de ses viennoiseries, tartes, sandwichs et pâtisseries : le groupe prend la décision d’arrêter de soutenir l’élevage en batterie en s'engageant à abandonner les œufs de poules en cage d’ici 2025.

Enfin, le 11 janvier dernier, une autre entreprise de taille s’est engagée dans la transition vers la fin de l’élevage en cage: le groupe Lagardère Travel Retail, multinationale du groupe Lagardère, l’un des leaders des commerces en gares et en aéroports, a déclaré qu’il n’utiliserait plus d’œufs provenant d’élevages en batterie à l’horizon 2025, suite à des échanges avec L214 et l’Open Wing Alliance. Cet engagement s’étend à tous les restaurants et points de vente de l’entreprise, et concerne donc des enseignes aussi variées que Relais H, So! Coffee, Hubiz, Bread & Co… Surtout, Lagardère Travel Retail ne se limite pas à la France : présent dans 33 pays, en Europe, en Amérique du Nord, au Moyen-Orient et en Asie, le groupe n’utilisera plus d’œufs de poules en cage même à l’international.

Dag Rasmussen, PDG de Lagardère Travel Retail, se félicite de cette avancée pour les animaux : « Lagardère Travel Retail remercie L214 pour leur persévérance, qui a grandement contribué à l'amélioration significative des conditions d'élevage des animaux ».

Une transition est à l’œuvre

Les engagements en cascade de grandes entreprises comme Marie, Paul ou Lagardère Travel Retail confirment une tendance de fond : une véritable transition est à l’œuvre vers la fin de l’élevage en cage.

Aujourd’hui, tous secteurs confondus, les PME comme les multinationales s’empressent de s’engager contre ce mode d’élevage. Et même si les dates butoirs annoncées par ces entreprises sont lointaines, même si nous aurions tous aimé pouvoir envisager un monde sans cages dès maintenant, gardons à l’esprit que 68 % des poules sont encore élevées en batterie en France : la reconversion du secteur prendra un certain temps.

Les Français veulent une interdiction

Depuis quelques années, une véritable prise de conscience de l’opinion publique autour des conditions de vie des oiseaux élevés en cages a lieu. Ainsi, selon un sondage Yougov (2018), 90 % des citoyens souhaitent la fin de l’élevage des poules en cage.

Jamais la fin de l’élevage en cages n'a été aussi proche : les politiques doivent désormais se mettre à l’écoute de la société et entériner la fin de cette pratique d’élevage des plus cruelles. Aucune poule ne devrait vivre en cage, et il est plus que temps de l’interdire, comme l’ont déjà fait la Suisse et l’Autriche, et comme l’Allemagne s’est engagée à le faire d’ici 2025.

Mobilisons-nous auprès de nos responsables politiques, jusqu’à l’interdiction totale de l’élevage des poules en cage.

Signer la pétition en ligne

Cages ou hors cages, quels changements pour les poules ?

Interdire les cages, c’est améliorer les conditions de vie des poules pondeuses, mais ce n’est pas réduire le nombre de poules exploitées par l’industrie, ni soulager toutes leurs souffrances…

Ainsi, tous les poussins issus de la « filière ponte » proviennent de couvoirs dans lesquels les mâles sont broyés vifs à la naissance, car ils ne pondent pas.

De même, du fait de la promiscuité, du stress et de la frustration liés aux conditions d’élevage, les poules peuvent développer des comportements agressifs en se piquant les unes les autres parfois jusqu’au sang. Au lieu d’améliorer les conditions d’élevage, le bec des poussins est généralement coupé ou brûlé, afin de limiter les conséquences du cannibalisme lié aux trop fortes densités. Enfin, les poules élevées pour leurs œufs finissent toujours à l’abattoir : elles sont tuées vers l’âge de 16 mois, alors que leur espérance de vie est de 8 ans.

Végétaliser son alimentation reste la seule manière d’épargner les poules, et cuisiner sans œufs n’a jamais été aussi facile !


Bannière Incendies en élevage : quand la société n’y voit que du feu

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En 2017, il y a eu des événements marquants et parfois une actualité qui a marqué l’Histoire. Et puis, il y a eu des tas de “faits divers”. Comme ces milliers d’animaux victimes d’incendies dans des élevages.

Et en France, en 2017, ce sont plus de deux cent mille animaux d’élevage qui ont péri dans des incendies en France - un chiffre sans doute largement inférieur à la réalité, de nombreux cas n’ayant probablement pas été relayés par la presse. D’accord, il s’agit d’accidents, mais d’accidents révélateurs d’un manque flagrant de sécurité. Et en fait, ils sont surtout révélateurs du fait que la vie des animaux n’a pas vraiment d’importance. Pour s’en rendre compte, il suffit de lire les articles de journaux qui relatent ces incendies. Leur ton invariablement laconique, dépourvu de toute émotion, reflète bien la façon dont on considère les bêtes.

En 2017, 52 élevages ont brûlé, soit un incendie tous les 7 jours. Au moins 151 430 poules, poulets et poussins, 22 000 canards, 41 500 pintades et pintadeaux, 6 590 truies, cochons et porcelets, 449 vaches, veaux et génisses, 797 brebis, béliers et agnelles et 1 621 chèvres sont morts brûlés vifs ou asphyxiés. Un élevage en flammes a vite fait de piéger un grand nombre d’animaux à la fois, vu comment ils sont entassés dans les bâtiments par centaines, milliers, voire centaines de milliers pour les oiseaux. Comment secourir mille chèvres enfermées dans un seul bâtiment ?

Ces animaux ont dû ressentir la terreur absolue d’être piégés dans les flammes, puis la souffrance atroce d’être asphyxiés ou brûlés vifs. Ils ont dû hurler, se débattre, se jeter contre les barreaux ou les uns sur les autres, lutter de toutes leurs forces dans un combat perdu d’avance. Pourtant, les journaux n’évoquent jamais cette souffrance.

Hangar calciné

En janvier 2017, alors que 1 400 poussins ont péri dans l'incendie d’un bâtiment agricole, le journaliste écrit même qu’il n'y a pas [eu] de blessé”. S’il est évidemment heureux qu’aucun être humain n’ait été blessé, l’existence des poussins est donc considérée comme nulle. Les journaux réduisent la mort des animaux à la perte financière que celle-ci représente pour l’éleveur :

- À l’intérieur de la première structure, totalement ravagée, 2 200 porcelets, élevés sur caillebotis, sont morts brûlés. (...) Dedans, 220 truies périssent. Des bureaux administratifs sont aussi détruits (janvier 2017).

- On ignore encore l’origine du sinistre, mais les conséquences sont déjà là pour l’éleveur : pas moins de 4 400 poussins ont brûlé avec le bâtiment (mars 2017).

- Dans ce bâtiment en bois, les 2 500 poulets et poules pondeuses, partis en fumée, étaient destinés à être vendus vivants sur les marchés (avril 2017).

- Ce sont 1 000 porcs qui ont été tués dans cet incendie. Une catastrophe pour l’éleveur (juillet 2017).

- Les dégâts sont particulièrement lourds pour l’exploitant agricole, qui n’était pas présent au moment des faits : un tunnel qui abritait 220 brebis et 120 agneaux ainsi qu'un chien et un chat a été entièrement ravagé par les flammes (novembre 2017).

- Le feu est d'origine électrique. Il a pris ce matin, vers 5 heures et demi, dans ce hangar de 550m² et a brûlé les 6 000 canards qui y vivaient. Selon les pompiers de Vendée, c'est un phénomène qui arrive régulièrement en période de froid (décembre 2017).

Au total, ce sont au moins 224 387 animaux qui sont morts ainsi en 2017. Asphyxiés. Brûlés vifs. Carbonisés. Un chiffre énorme, vertigineux, qui reste pourtant de l’ordre du fait divers puisque les animaux ne comptent pas plus que des ballots de paille.

Mais tous ces animaux ne représentent jamais qu’à peine 13 % des 3 millions d’animaux terrestres tués chaque jour en France dans les abattoirs. Car tous étaient condamnés à mourir à brève échéance. Une infime partie d’entre eux est morte accidentellement lorsque l’élevage a brûlé, alors que tous les autres allaient continuer à être exploités avant d’être tués à l’abattoir. Le ton employé par les journalistes n’a finalement rien de surprenant. Les animaux d’élevage ne sont que des marchandises, et on se désole pour la perte subie par leur propriétaire. Leur destruction est regrettable comme l’est celle des bâtiments, machines agricoles et sacs de rations qui sont partis en fumée avec eux. Des biens perdus, c’est toujours dommage.