Bannière L214 répond à la Fédération Française des Métiers de la Fourrure

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La Fédération Française des Métiers de la Fourrure (FFMF) a publié un communiqué à l’attention de la presse ainsi qu’une procédure auprès du CSA dans le but de mettre en doute, voire de discréditer la réalité des images diffusées par L214. Nous dénonçons un travail de communication malhonnête et de dissimulation de la vérité.
 

Nos images sont authentiques, et nous en avons la preuve

 

L214 réaffirme que toutes les images de l’élevage de visons diffusées depuis hier sont inédites, récentes, et ont été tournées aux dates indiquées dans son communiqué de presse (novembre 2017 pour les images de l’intérieur, janvier 2018 pour les vues aériennes). L’association en a transmis les preuves au procureur des Sables d’Olonne et aux journalistes de RMC. Les vues aériennes sont décrites et annoncées comme les vues de plusieurs élevages, dont celui de Landeronde, précisément identifié par le commentaire.

Cependant, face à des images qu’elle ne peut nier, la FFMF prétend qu’il s’agirait d’un cas isolé… Selon elle, L214 ne montrerait que des exceptions, en aucun cas une situation représentative. Les abattoirs nous servent la même réponse à chaque sortie d’images. Pourtant les enquêtes à répétition, la Commission d’enquête parlementaire et les contrôles diligentés par Stéphane Le Foll, alors ministre de l’Agriculture, permettaient de conclure, entre autres, que 80% des abattoirs présentaient des non-conformités, et dévoilaient des lieux violents pour les animaux tués, comme pour les ouvriers qui y travaillent.

Nous sommes dans une situation similaire ici. Depuis des années, les enquêtes de différentes associations montrent ces bâtiments dans lesquels s’empilent des cages où sont enfermés des milliers de visons, rendus fous par la captivité. En 2011, 30 millions d’amis menait déjà l’enquête, plus récemment, il y a un an, l’association One Voice dévoilait la situation de 6 exploitations, et les conditions d’élevage révélées par ces associations sont similaires à celles montrées par L214 hier.
Les visons sont des animaux sauvages qui vivent dans un milieu semi-aquatique : l’enfermement dans une cage où ils ne peuvent pas nager, une cage dont ils cherchent désespérément à sortir, entraîne chez eux des comportements stéréotypés et d’automutilation, preuve de leur mal-être. La nourriture est déposée sur le dessus des cages, où elle se décompose, les excréments se déversent dessous… Tristement typique. Les éléments réglementaires et scientifiques sont détaillés dans le rapport mis en ligne par L214 à la sortie de cette nouvelle enquête.

Lire le rapport
 

La FFMF accuse, nous répondons !

 

Des mises en doute gratuites

La FFMF affirme : « Ainsi, les images aériennes prises dans cette vidéo d’une grande ferme et celles prises au sol ne sont pas tirées du même élevage : l’élevage de Vendée visé est une petite ferme qui n’a rien à voir avec les vues aériennes diffusées. » Le commentaire de la vidéo explique bien qu’il y a des vues aériennes de différents élevages - on peut remarquer leurs profils similaires, plusieurs longs bâtiments groupés - et que les images de l’intérieur ont pu être récupérées dans l’élevage survolé en dernier.

La FFMF affirme aussi : « Après vérification, ces images n’ont rien d’exclusif : elles sont un recyclage d’un montage-vidéo de cette même ferme vendéenne réalisé l'an dernier par l’association One Voice. » C’est totalement faux, et cela prouve le manque de sérieux de la FFMF. Comme signalé, les images diffusées par L214 datent de novembre 2017, et les images de drone de janvier 2018. L214 a fourni au procureur des Sables d’Olonne ainsi qu’aux journalistes qui en ont fait la demande les preuves de date et de lieu.
 

Un porte-parole piégé ?

Dans son communiqué, la FFMF affirme que son porte-parole s’est fait piéger en répondant à une sollicitation de RMC. Son discours est standard.
« Les conditions d’élevage des animaux à fourrure en France sont extrêmement encadrées. Ce que les associations anti-fourrure diffusent comme images sont souvent des images volées. Quand vous pointez un spot de caméra sur un animal immédiatement vous allez le mettre dans une situation de stress. Un élevage de vison est fait par des éleveurs qui sont attachés à leurs animaux. Vous voulez obtenir une fourrure qui soit belle et qui soit propre, il faut que l’animal soit bien traité. » [retranscription de l’intervention diffusée par RMC de Nathan Sprung, directeur de la Fédération Française des Métiers de la Fourrure] C’est ce que les filières, quels que soient le type d’élevage, les mutilations ou autres conditions d’abattage, répètent pour rassurer les consommateurs et esquiver le débat. Elles parlent de réglementation, d’amour et de qualité de produit liée au bien-être animal. Le tout en évitant soigneusement de montrer lesdites conditions.

Conforme ou pas conforme ?

Devant les images accablantes de cet élevage, les autres exploitants de visons se désolidarisent de leur collègue : ils « condamnent avec la plus grande fermeté les conditions d’élevage indignes de la filière » [Extrait du communiqué de presse]. La fédération ne se sent « nullement solidaire de cet élevage isolé et condamne ses pratiques non-conformes aux normes françaises et européennes extrêmement strictes en la matière. » Dans le même article, la préfecture affirme : « Les lois et les règlements sont respectés. » [Ouest France] Parallèlement, un article de France Bleu, paru un peu plus tôt dans la journée indique que  « selon l’éleveur, la dernière inspection des services vétérinaires remonte à novembre 2017. Les agents de l'État ont constaté que l'élevage n'est plus aux normes, mais ont autorisé la poursuite de son activité, car l'éleveur doit prendre sa retraite à la fin de l'année. »

Dernière tentative

La FFMF revient sur les images que L214 a dévoilées sur les élevages de lapins Orylag affirmant qu’« une enquête de l’INRA avait été menée à la suite de cette publication. Début janvier 2018, l’enquête avait établi l’absence de maltraitance des animaux, leur bon état sanitaire et leur suivi par un personnel formé et attentif aux animaux. » Juge et partie, l’INRA a enquêté dans son propre élevage mais ne peut que reconnaître la vieillesse, l’exiguïté et la pauvreté des cages.

 

Vos élevages sont irréprochables ? Prouvez-le !

 

Selon la FFMF : « Les associations animalistes n’ont qu’une seule ferme comme cible et veulent faire croire que l’exception est la règle, alors qu’elles savent très bien que partout ailleurs, les fermes sont irréprochables, voire exemplaires. » Des élevages exemplaires ? Où sont-ils ? La FFMF devrait montrer les images de ces élevages exemplaires ! À moins qu’ils ne ressemblent que trop à ceux montrés par les associations qui tentent de défendre les animaux face à une industrie qui a trop à perdre à être transparente.
La filière parle d’amour et de bien-être animal, d’élevages irréprochables, mais elle ne nous montre jamais d’images. Il faudrait la croire sur parole : nous attendons des preuves.

Les filières ne défendent pas les animaux, elles défendent des marges et des bénéfices, et dévoiler les dessous sordides de la production n’arrange pas leurs affaires.
L214 et les autres associations de protection animale se battront pour conserver le droit de défendre les animaux, le droit de montrer ce qu’ils subissent, et la liberté de questionner la légitimité de les maltraiter et de les tuer sans nécessité. Puisse la presse ne pas se laisser intimider et notre société avancer vers une interdiction des pratiques qui nuisent aux animaux.

→ L’enquête de L214


Bannière 2018, vers la fin de l’élevage en cage !

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Panzani, Lustucru, Flunch... Aujourd’hui, une centaine d’entreprises sont engagées à ne plus utiliser d’œufs de poules élevées en cages. Un chiffre d’autant plus encourageant que plusieurs entreprises de renom viennent encore tout récemment de s’engager suite à des échanges avec L214 !

Début 2018 : déjà des engagements de poids !

L’année commence fort ! Début janvier, la célèbre marque de plats cuisinés Marie publie son engagement : d’ici 2020, elle n’utilisera plus que des œufs issus d’élevages de poules en plein air dans ses tartes, quiches et autres recettes. Quelques jours plus tard, c’est au tour de la chaîne de boulangeries Paul de bannir les œufs d’élevage en batterie de ses viennoiseries, tartes, sandwichs et pâtisseries : le groupe prend la décision d’arrêter de soutenir l’élevage en batterie en s'engageant à abandonner les œufs de poules en cage d’ici 2025.

Enfin, le 11 janvier dernier, une autre entreprise de taille s’est engagée dans la transition vers la fin de l’élevage en cage: le groupe Lagardère Travel Retail, multinationale du groupe Lagardère, l’un des leaders des commerces en gares et en aéroports, a déclaré qu’il n’utiliserait plus d’œufs provenant d’élevages en batterie à l’horizon 2025, suite à des échanges avec L214 et l’Open Wing Alliance. Cet engagement s’étend à tous les restaurants et points de vente de l’entreprise, et concerne donc des enseignes aussi variées que Relais H, So! Coffee, Hubiz, Bread & Co… Surtout, Lagardère Travel Retail ne se limite pas à la France : présent dans 33 pays, en Europe, en Amérique du Nord, au Moyen-Orient et en Asie, le groupe n’utilisera plus d’œufs de poules en cage même à l’international.

Dag Rasmussen, PDG de Lagardère Travel Retail, se félicite de cette avancée pour les animaux : « Lagardère Travel Retail remercie L214 pour leur persévérance, qui a grandement contribué à l'amélioration significative des conditions d'élevage des animaux ».

Une transition est à l’œuvre

Les engagements en cascade de grandes entreprises comme Marie, Paul ou Lagardère Travel Retail confirment une tendance de fond : une véritable transition est à l’œuvre vers la fin de l’élevage en cage.

Aujourd’hui, tous secteurs confondus, les PME comme les multinationales s’empressent de s’engager contre ce mode d’élevage. Et même si les dates butoirs annoncées par ces entreprises sont lointaines, même si nous aurions tous aimé pouvoir envisager un monde sans cages dès maintenant, gardons à l’esprit que 68 % des poules sont encore élevées en batterie en France : la reconversion du secteur prendra un certain temps.

Les Français veulent une interdiction

Depuis quelques années, une véritable prise de conscience de l’opinion publique autour des conditions de vie des oiseaux élevés en cages a lieu. Ainsi, selon un sondage Yougov (2018), 90 % des citoyens souhaitent la fin de l’élevage des poules en cage.

Jamais la fin de l’élevage en cages n'a été aussi proche : les politiques doivent désormais se mettre à l’écoute de la société et entériner la fin de cette pratique d’élevage des plus cruelles. Aucune poule ne devrait vivre en cage, et il est plus que temps de l’interdire, comme l’ont déjà fait la Suisse et l’Autriche, et comme l’Allemagne s’est engagée à le faire d’ici 2025.

Mobilisons-nous auprès de nos responsables politiques, jusqu’à l’interdiction totale de l’élevage des poules en cage.

Signer la pétition en ligne

Cages ou hors cages, quels changements pour les poules ?

Interdire les cages, c’est améliorer les conditions de vie des poules pondeuses, mais ce n’est pas réduire le nombre de poules exploitées par l’industrie, ni soulager toutes leurs souffrances…

Ainsi, tous les poussins issus de la « filière ponte » proviennent de couvoirs dans lesquels les mâles sont broyés vifs à la naissance, car ils ne pondent pas.

De même, du fait de la promiscuité, du stress et de la frustration liés aux conditions d’élevage, les poules peuvent développer des comportements agressifs en se piquant les unes les autres parfois jusqu’au sang. Au lieu d’améliorer les conditions d’élevage, le bec des poussins est généralement coupé ou brûlé, afin de limiter les conséquences du cannibalisme lié aux trop fortes densités. Enfin, les poules élevées pour leurs œufs finissent toujours à l’abattoir : elles sont tuées vers l’âge de 16 mois, alors que leur espérance de vie est de 8 ans.

Végétaliser son alimentation reste la seule manière d’épargner les poules, et cuisiner sans œufs n’a jamais été aussi facile !


Bannière Incendies en élevage : quand la société n’y voit que du feu

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En 2017, il y a eu des événements marquants et parfois une actualité qui a marqué l’Histoire. Et puis, il y a eu des tas de “faits divers”. Comme ces milliers d’animaux victimes d’incendies dans des élevages.

Et en France, en 2017, ce sont plus de deux cent mille animaux d’élevage qui ont péri dans des incendies en France - un chiffre sans doute largement inférieur à la réalité, de nombreux cas n’ayant probablement pas été relayés par la presse. D’accord, il s’agit d’accidents, mais d’accidents révélateurs d’un manque flagrant de sécurité. Et en fait, ils sont surtout révélateurs du fait que la vie des animaux n’a pas vraiment d’importance. Pour s’en rendre compte, il suffit de lire les articles de journaux qui relatent ces incendies. Leur ton invariablement laconique, dépourvu de toute émotion, reflète bien la façon dont on considère les bêtes.

En 2017, 52 élevages ont brûlé, soit un incendie tous les 7 jours. Au moins 151 430 poules, poulets et poussins, 22 000 canards, 41 500 pintades et pintadeaux, 6 590 truies, cochons et porcelets, 449 vaches, veaux et génisses, 797 brebis, béliers et agnelles et 1 621 chèvres sont morts brûlés vifs ou asphyxiés. Un élevage en flammes a vite fait de piéger un grand nombre d’animaux à la fois, vu comment ils sont entassés dans les bâtiments par centaines, milliers, voire centaines de milliers pour les oiseaux. Comment secourir mille chèvres enfermées dans un seul bâtiment ?

Ces animaux ont dû ressentir la terreur absolue d’être piégés dans les flammes, puis la souffrance atroce d’être asphyxiés ou brûlés vifs. Ils ont dû hurler, se débattre, se jeter contre les barreaux ou les uns sur les autres, lutter de toutes leurs forces dans un combat perdu d’avance. Pourtant, les journaux n’évoquent jamais cette souffrance.

Hangar calciné

En janvier 2017, alors que 1 400 poussins ont péri dans l'incendie d’un bâtiment agricole, le journaliste écrit même qu’il n'y a pas [eu] de blessé”. S’il est évidemment heureux qu’aucun être humain n’ait été blessé, l’existence des poussins est donc considérée comme nulle. Les journaux réduisent la mort des animaux à la perte financière que celle-ci représente pour l’éleveur :

- À l’intérieur de la première structure, totalement ravagée, 2 200 porcelets, élevés sur caillebotis, sont morts brûlés. (...) Dedans, 220 truies périssent. Des bureaux administratifs sont aussi détruits (janvier 2017).

- On ignore encore l’origine du sinistre, mais les conséquences sont déjà là pour l’éleveur : pas moins de 4 400 poussins ont brûlé avec le bâtiment (mars 2017).

- Dans ce bâtiment en bois, les 2 500 poulets et poules pondeuses, partis en fumée, étaient destinés à être vendus vivants sur les marchés (avril 2017).

- Ce sont 1 000 porcs qui ont été tués dans cet incendie. Une catastrophe pour l’éleveur (juillet 2017).

- Les dégâts sont particulièrement lourds pour l’exploitant agricole, qui n’était pas présent au moment des faits : un tunnel qui abritait 220 brebis et 120 agneaux ainsi qu'un chien et un chat a été entièrement ravagé par les flammes (novembre 2017).

- Le feu est d'origine électrique. Il a pris ce matin, vers 5 heures et demi, dans ce hangar de 550m² et a brûlé les 6 000 canards qui y vivaient. Selon les pompiers de Vendée, c'est un phénomène qui arrive régulièrement en période de froid (décembre 2017).

Au total, ce sont au moins 224 387 animaux qui sont morts ainsi en 2017. Asphyxiés. Brûlés vifs. Carbonisés. Un chiffre énorme, vertigineux, qui reste pourtant de l’ordre du fait divers puisque les animaux ne comptent pas plus que des ballots de paille.

Mais tous ces animaux ne représentent jamais qu’à peine 13 % des 3 millions d’animaux terrestres tués chaque jour en France dans les abattoirs. Car tous étaient condamnés à mourir à brève échéance. Une infime partie d’entre eux est morte accidentellement lorsque l’élevage a brûlé, alors que tous les autres allaient continuer à être exploités avant d’être tués à l’abattoir. Le ton employé par les journalistes n’a finalement rien de surprenant. Les animaux d’élevage ne sont que des marchandises, et on se désole pour la perte subie par leur propriétaire. Leur destruction est regrettable comme l’est celle des bâtiments, machines agricoles et sacs de rations qui sont partis en fumée avec eux. Des biens perdus, c’est toujours dommage.