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La cause des animaux

  • Article du Jeudi 9 avril 2015

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Le dernier ouvrage de Florence Burgat, philosophe et directeur de recherche à l’INRA, pose des questions essentielles pour qui s’intéresse à la question animale.

Couverture du livre La cause des animaux de Florence Burgat

La cause des animaux. Pour un destin commun, part du constat que 86% des Français « trouvent anormal que les animaux continuent d’être considérés aujourd’hui comme des “biens meubles” dans le Code civil ». Pourtant, c’est justement parce que les animaux sont considérés et déclarés comme des biens, c’est-à-dire des choses dont nous pouvons jouir y compris en les détruisant, que nous les mangeons et les exploitons de toutes les manières possibles. Car les animaux sont omniprésents dans notre société. S’ils sont réduits à l’état de viande, c’est aussi de façon insoupçonnable que nous les consommons (on pense aux tests sur les animaux ou à la présence de gélatine dans les glaces ou bonbons).

À la lecture de ce livre, on comprend que l’humanité, qui se perçoit comme une entité singulière, ne tolère les animaux que parce qu’ils lui sont utiles. D’ailleurs, le fait même qu’il y ait des animaux, leur existence, leur présence, pose problème. Preuve en est, s’il en faut, l’insecte inoffensif négligemment écrasé d’une main distraite ou les taupes détruites parce qu’elles font de disgracieuses mottes sur la pelouse. Et que dire de la virulence des réactions hostiles face à tout changement positif, même infime, du statut des animaux, « comme si le cœur de ce qui fait l’humain était en péril dans ce début de déprise ».

« Qui mangeons-nous ? »

C’est dans la sphère domestique, dans son quotidien, que l’auteur questionne le lecteur sur ses habitudes de consommation. Comment expliquer que des violences évidentes, qui sont pour ainsi dire unanimement réprouvées, perdurent ? Ainsi, les mauvais traitements et les actes de cruautés envers les animaux d’élevage, tués par dizaine de millions pour satisfaire notre insatiable appétit de chair, sont avérés et nombreuses sont les excuses que nous nous donnons pour continuer à manger les animaux. Comment est-ce possible qu’à l’heure où l’abondance alimentaire – en Occident du moins – nous permet de choisir notre alimentation, jamais les abattoirs n’aient tourné à un tel régime ?

Quant au chapitre sur l’expérimentation animale, il est également documenté et saisissant par les exemples qu’il donne des atrocités commises derrières les murs des laboratoires.

Écrit dans un style dynamique et clair, La cause des animaux questionne le lecteur pour l’amener à cesser de « déplorer une situation que nous pérennisons par nos modes de consommation » et de saisir, maintenant, la possibilité qui lui est faite d’adopter un mode de vie qui ne soit pas synonyme de mort pour les animaux.
 

Illustration : Photos de Santuario Igualdad Interespecie