Bannière Allemagne : au ministère de l'environnement, les repas officiels seront végétariens !

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La ministre de l’Environnement Barbara Hendricks a fait savoir que, dorénavant, les repas servis au ministère durant les événements publics seront tous végétariens. Pour l’instant, seuls les repas officiels sont concernés, mais cette prise de position reste exemplaire face à des problèmes majeurs qu’on ne peut plus feindre d’ignorer.

 

Les préoccupations environnementales sont à l’origine de ce nouveau menu. Au niveau mondial, l’élevage est responsable de 14,5 % des émissions de gaz à effet de serre, ce qui représente plus que les transports ! Les effets catastrophiques de la pêche intensive sur les océans sont aussi de notoriété publique, sans oublier l’aquaculture qui, dans beaucoup de cas, ne fait que décupler le nombre de poissons pêchés pour nourrir les élevages. Chaque année, plus de 65 milliards d’animaux terrestres sont abattus uniquement pour la consommation alimentaire, et les poissons pêchés sont plus de 1000 milliards.

Tout comme en France, les traditions culinaires allemandes sont étroitement liées à la viande, ce qui rend cette décision symbolique encore plus forte. C’est probablement la raison pour laquelle des critiques se sont faites entendre, auxquelles la ministre a répondu :

“Nous ne voulons pas commander aux gens ce qu’ils doivent ou ne doivent pas manger. Mais nous voulons contribuer à la protection de l’environnement avec un bon exemple, car un repas végétarien est meilleur pour le climat qu’un repas contenant de la viande ou du poisson.”

Alors que le changement climatique et les préoccupations environnementales n’ont jamais été aussi urgentes, et que les animaux n’ont jamais été aussi nombreux à souffrir de leur exploitation, cette décision pionnière ouvre le chemin vers un avenir plus respectueux des animaux et de l’environnement.

 


Bannière Sentience (tomes 1 et 2)

Sentience (tomes 1 et 2)

  • Article du Mardi 21 février 2017

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Avec leurs couvertures au graphisme acéré, voire merveilleusement minimalistes, les tomes 1 et 2 de la bande-dessinée Sentience sont, dès le premier coup d’œil, de très beaux ouvrages.

Les coups d’œil suivants le confirment : les illustrations proposées par Tyef raviront les férus de BD. Il joue avec brio sur la complémentarité des couleurs vertes et rouges, et propose des vignettes contrastées pour un résultat graphique très percutant. Et pour notre plus grand plaisir, le fond égale la forme dans cette série au nom sans équivoque.

Signé Volpi au scénario, Sentience est le récit initiatique de Lucas, lycéen vivant seul avec sa mère.

Au fil de l’histoire, le jeune homme trouve un mentor en la personne du “Doc”. La référence à la trilogie Retour vers le futur s’arrête cependant ici : cette figure paternelle retrouvée n’est pas là pour jouer avec un convecteur temporel. “Doc” va plutôt partager avec Lucas ses découvertes sur la sentience et les expériences menées dans son mystérieux laboratoire.

À travers ce récit passionnant, le lecteur se trouve ainsi plongé dans une intrigue mêlant formule secrète, virus incontrolable et réflexion éthique.

Volpi réussit le difficile exercice de nous offrir plusieurs niveaux de lecture. Les lecteurs amateurs comme les aguerris trouveront pleine satisfaction dans ce scénario, étalonné de thèmes comme le trafic d’animaux, le lien entre agroalimentaire et pharmaceutique, la dichotomie entre la bonté et la cruauté de l’être humain.

L’ouvrage offre, aussi, une réflexion intéressante sur la soif d’une découverte de vie extraterrestre, alors même que tant de découvertes restent encore à faire sur notre planète et sur les êtres qui la peuplent.

Mais Tyef et Volpi ne s’arrêtent pas là, et on apprécie tout particulièrement :

  • les détails qui invitent à plus d’éco-citoyenneté : lorsqu’il est sur Internet, Lucas utilise notamment le moteur de recherches Ecosia, une alternative qui plante un arbre par recherche.  
  • les thèmes principaux évoqués dans l’intrigue approfondis, accompagnés de faits chiffrés et de sources vérifiables dans la section “En savoir plus”, en fin d’ouvrage..

     

Tyef-Volpi, Sentience, tome 1 et tome 2 disponibles sur la boutique de L214.

Aller plus loin : lire l'article sur la Sentience des Cahiers antispécistes


Bannière Steak Machine

Steak Machine


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Rien ne prédisposait ce journaliste à, un jour, manier le couteau dans un abattoir. Mais Geoffrey Le Guilcher voulait en savoir plus sur cette nouvelle question de société : la mise à mort des animaux de boucherie. Il voulait comprendre qui étaient ces hommes “en combinaisons tachées de sang”, ceux qui tiennent les couteaux et ôtent la vie des bêtes avec violence pour que nous puissions manger leur viande.

“En tant que mangeur de hamburgers, je veux savoir”

Le député Olivier Falorni avait fait remarquer avec justesse qu’il est plus facile d’entrer dans un sous-marin nucléaire que dans un abattoir. C’est donc par l’infiltration que Le Guilcher allait devoir mener son enquête. Fort d’un CV fictif et d’un nouveau prénom, il s’inscrit auprès d’une agence d’intérim et se retrouve à la chaîne chez Mercure (1), un des plus gros abattoirs d’Europe. Chaque année, plus de 2 millions d’animaux y sont tués.

Le Guilcher doit ôter la graisse des bovins. Les animaux, suspendus par les pattes arrières, lui parviennent décapités et coupés en deux. Perché sur une nacelle à trois mètres de hauteur, il effectue les mêmes gestes, 8 heures par jour, à une cadence infernale : il doit “traiter” 60 vaches ou 100 veaux par heure.

“Si tu bois pas, que tu fumes pas, que tu te drogues pas, tu tiens pas à Mercure, tu craques”

Tuer 600 bœufs et 7 500 cochons par jour comme à Mercure impose une cadence insoutenable aux ouvriers, qui y laissent leur santé, d’autant plus que le moindre arrêt maladie, chaque accident du travail est contesté par l’entreprise. Comme “personne ne peut éviter d’avoir mal” (2), ils tiennent physiquement et psychologiquement à coup d’antidouleurs, d’alcool et de drogues, jusqu’au jour où, définitivement cassés, ne pouvant parfois même plus rester “ni debout ni assis”, ils sont forcés de quitter leur emploi. Rares sont ceux dont les séquelles sont reconnues comme étant liées aux conditions de travail. Alors, tant qu’ils le peuvent, ils serrent les dents et continuent, pour payer la maison, la voiture ou les études des gosses. La plupart restent faute de trouver autre chose, rêvent pourtant d’être chanteurs, sportifs ou d’exercer leur véritable métier. Et puis, à Mercure, il y a le 13e mois, des primes et la mutuelle.

Environ 3 000 ouvriers y travaillent ainsi à la chaîne, perclus de douleurs, assommés de fatigue et d’ennui. La chaleur est étouffante, le bruit assourdissant, l’odeur atroce et poisseuse. La vigilance reste pourtant de mise, car le travail est dangereux et les accidents ne sont pas rares. Les tensions, les réprimandes, les menaces et les engueulades non plus d’ailleurs.

Au cours des 40 jours que dure son immersion, Le Guilcher voit ses doigts, son dos et ses articulations se bloquer chaque jour un peu plus. Il trime avec ses collègues, partage avec eux ses week-end, surtout faits de beuveries et de défonce.

“Chez Mercure, la direction a fait disparaître la souffrance animale en la dissimulant derrière un mur”

Son intention de départ était aussi de s’approcher du poste d’abattage, voire d’y travailler, mais il apprend que c’est un travail réservé aux CDI : travailler à la tuerie (3) est encore plus dangereux, et il faut avoir suivi la formation “bien-être animal”. Celle sur les bovins comporte 7 heures de théorie et un questionnaire. Avant de la saigner, ils doivent ainsi regarder la bête pour vérifier qu’elle est inconsciente mais, comme lui confie l’un des tueurs, “parfois, tu ne regardes même pas, tu la saignes quand même. Mais faut pas le dire, ça.”

Le Guilcher n’a guère pu observer l’abattage proprement dit. Les informations qu’il nous livre viennent de quelques rencontres fortuites avec les tueurs et de deux brèves visites à la tuerie, séparée récemment du reste de l’abattoir par un mur intérieur : la direction craint énormément que des images révélant la façon dont les animaux sont tués ne soient rendues publiques.

“La bête qui résiste devient ton ennemie”

Selon l’INRA (4), 16 % des vaches et 25 % des veaux, soit environ une vache sur six et un veau sur quatre, peuvent quitter le poste de saignée sans être morts. Car “les bêtes résistent, peuvent donner des coups, parfois se réveillent alors qu’on les pensait mortes. Si tu essaies de tenir la cadence d’une vache par minute qu’on t’impose, très vite, la bête qui résiste devient ton ennemie.” Comme ce taureau, qui s’est mis à meugler sur la chaîne d’abattage, alors qu’il était égorgé depuis plusieurs minutes. Ses quatre pattes avaient même déjà été coupées. En racontant cette histoire, les tueurs assurent que c’étaient “les nerfs” - il est pourtant établi scientifiquement que le cri indique sans aucun doute que l’animal est conscient.

Pour Catherine Rémy, chercheuse, c’est lorsque les animaux résistent, cherchent à s’échapper ou crient que les ouvriers s’adonnent à la violence (5). De son côté, Le Guilcher ne décèle pas la moindre trace de sadisme chez les tueurs, mais énormément d’insensibilité. Tuer est une habitude, un acte accompli dans l’indifférence. Pourtant, même s’ils n’en parlent guère, les animaux dépecés vivants, les “revenants hantent les cauchemars des ouvriers”.

“Ils ont peur: si la viande n’est plus mangée, on aura moins de bêtes à tuer.”

Le Guilcher souligne que “l’occultation totale du sort réservé aux animaux est le pilier de la consommation de masse de viande”. Il faut à tout prix éviter que le meurtre des animaux ne hante aussi ceux qui les mangent, aussi l’industrie de la viande s’applique-t-elle à “faire en sorte que le client ne fasse plus du tout le lien entre la vache et le steak.” Mieux encore, elle se lance dans des campagnes de réenchantement de la viande qui s’appliquent, à l’aide d’images d’animaux guillerets, à faire oublier toutes les horreurs de leur mise à mort.

Dans une interview, Le Guilcher souligue qu’”au lieu de jouer la transparence et de réfléchir avec d’autres acteurs pour améliorer les conditions de leurs salariés et animaux, les abattoirs font l’inverse : ils s’enfoncent dans le tabou, dans le silence.” La réaction de Leclerc, qui a tout d’abord interdit la vente des livres dans ses magasins, a renforcé cette hypothèse : l’abattoir serait une filiale de Leclerc.

Pourtant, Steak Machine n’est pas, de l’aveu même de son auteur, un livre militant mais “une expérience brute qui devrait permettre à chacun de se faire son avis”. Quoi qu’il en soit, depuis cette expérience, Le Guilcher a sérieusement levé le pied sur la viande – dont il était un gros consommateur – parce que, explique-t-il au journal Le Point, “mon cerveau fait le lien entre ce qu'il y a dans mon assiette et ce que j'ai vu et senti dans cette usine. Le tour de force de l'industrie agro-alimentaire est de nous empêcher de faire le lien entre l'animal et ce que vous avez dans votre assiette.”

Car il y a fort à parier que les personnes qui font le lien s’intéressent à une alimentation sans cruauté.

 

Geoffrey Le Guilcher, Steak Machine, Paris, éditions Goutte d’Or, février 2017. 169 p.

Disponible sur la boutique de L214.

 

→ Lire aussi notre note de blog Un séjour en France. Chronique d’une immersion.

 

(1) L’auteur a rebaptisé l’abattoir “Mercure, car il y fait chaud, on s’y bousille la santé et c’est une petite planète. Les habitants de Mercure ont un point commun : ils ont muté”.

(2) Le rapport Stivab (Santé et travail dans l’industrie de la viande) réalisé par les caisses bretonnes de la Mutualité sociale agricole (MSA) au début des années 2000 notait que 89 % des hommes et 92 % des femmes travaillant en abattoir ont souffert d’un TMS (trouble musculo-squelettique) dans les douze derniers mois.

(3) “La tuerie se décompose en quatre postes : celui amène l’animal dans le piège, celui qui tire une cartouche, celui qui accroche la bête et celui qui égorge.” Quand les conditions sont idéales, un cinquième ouvrier, “le deuxième assommeur”, s’assure, après l’égorgement, que l’animal est bien mort”. Faute d’ouvriers, le poste de deuxième assommeur n’existait plus au Mercure lorsque Le Guilcher y était. Pourtant, “en avril 2016, trois mois avant [son] embauche, Mercure a été félicité par un rapport d’inspection des services vétérinaires pour avoir mis en place ce poste de second assommeur.”

(4) Douleurs animales, les identifier, les comprendre, les limiter chez les animaux d’élevage, rapport de l’INRA, 2009.

(5) Catherine Rémy, La Fin des bêtes. Une ethnographie de la mise à mort des animaux, Economica, 2009 et Audrey Garric, “Catherine Rémy : “La violence est inhérente aux abattoirs”, Le Monde, 31 mars 2016.


Bannière Pouiki, le petit cochon

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Pouiki est un petit cochon né dans un élevage et arraché à sa famille dès son plus jeune âge. Une petite mouche rose l’accompagne et témoigne ! Pouiki se sent perdu sans sa maman et ne comprend pas pourquoi Monsieur Sauciflard est si méchant...

Cette histoire triste est aussi pleine d’espoir grâce à l'intervention de Vega, une petite fille bien décidée à sauver tous les animaux des abattoirs !

Au travers de ce livre, Pouiki le petit cochon, Stéphanie Valentin aborde la question difficile de l'exploitation animale de manière touchante et adaptée aux jeunes enfants. Bien qu’elle souhaite montrer la réalité des élevages, l’auteure prend le parti d’utiliser un style graphique doux et coloré. Un contraste qui donne une grande profondeur à l’histoire de ce petit cochon.

Vous pouvez par ailleurs retrouver la chanson de Pouiki sur son site Veganimo.

Stéphanie Valentin, Pouiki le petit cochon, janvier 2017 (25 pages).
Disponible sur la boutique de L214.

 


Bannière Viande et recommandations nutritionnelles : vers la fin d’un modèle alimentaire dépassé

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Le 23 janvier dernier, l’ANSES publiait de nouvelles recommandations nutritionnelles afin de procéder à une mise à jour du Plan National Nutrition Santé (PNNS). Cette actualisation concerne « en particulier la plus grande place à donner aux légumineuses, aux produits céréaliers complets, aux légumes, aux fruits, ainsi qu’à certaines huiles végétales. En contrepoint, l’Agence insiste sur la nécessité de limiter la consommation des viandes, hors volailles, et plus encore des charcuteries et des boissons sucrées ».

 

On ne peut que se réjouir de cette prise en compte des nouvelles avancées scientifiques en termes de nutrition. Cela fait maintenant plus d’un an que le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) a classé la viande rouge comme « probablement cancérogène » et les viandes transformées comme « cancérogènes ». En conséquence, l’ANSES recommande désormais de limiter la consommation de viande rouge à moins de 70 g par jour et les charcuteries à moins de 25 g par jour. En plus de ces risques de cancer, le lien entre surconsommation de produits animaux et maladies cardiovasculaires et diabète de type 2 n’est plus à prouver.

Une réduction de la consommation de viande en France aurait aussi beaucoup d’effets positifs sur le changement climatique et d’autres pollutions : l’élevage à lui seul est responsable de 14,5% des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial, en plus de participer largement à la déforestation. Un changement de nos habitudes alimentaires pourrait épargner à de nombreux animaux une vie de souffrance et une mort violente dans les abattoirs, comme en témoignent les vidéos choquantes révélées par L214 au long de l’année 2016.

 

Le fait d’encourager la consommation de légumineuses (lentilles, haricots secs, pois chiches) est un point aussi nouveau que capital, car elles apportent des bénéfices en tous points. Riches en protéines, fibres, fer et autres minéraux, leurs bienfaits sur notre santé sont nombreux. La culture de légumineuses, qui enrichit les sols en azote, permet généralement de réduire l’utilisation d’engrais et favorisent la durabilité de l’agriculture. Plus largement, ces nouvelles recommandations semblent pointer vers une végétalisation de notre alimentation qui aurait des répercussions positives pour tous, humains et animaux.

 

Malgré tout, les poulets et les poissons sont perdants, l'Anses ne considérant pas leur consommation comme problématique. Malheureusement, ils souffrent tout autant que les vaches et les cochons et représentent plus de 95% des animaux abattus chaque année. Ils sont les premiers à bénéficier directement d’une alimentation végétarienne, ou mieux, vegan.

Suite à cette première mise à jour concernant l’alimentation dite « traditionnelle », on ne peut qu’espérer des recommandations enfin réellement adaptées pour les alimentations végétarienne et vegan. Les personnes souhaitant prendre soin de leur santé tout en se préoccupant des animaux et de l’environnement bénéficieraient enfin de conseils pertinents. Il est grand temps que la France sorte d’un Moyen-Âge nutritionnel concernant le végétalisme, à l’heure où le consensus scientifique international est sans appel. Puisqu’il est tout à fait possible d’être en bonne santé et de se régaler avec une alimentation vegan, pourquoi ne pas passer le pas ?