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V comme Vegan, un livre résolument optimiste


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Dans la déferlante des publications vegan qui a commencé il y a quelques années déjà, V comme vegan tire son épingle du jeu avec un parti pris plutôt original. Écrit par Théo Ribeton, journaliste aux Inrocks, le livre ne s’attache pas à expliquer et décortiquer toutes les raisons qui pourraient pousser notre société à se séparer de l’exploitation animale : il considère que tous ces arguments sont du domaine de l’acquis. Comme il le dit lui même, “les philosophes […] ont en effet dépassé depuis belle lurette la cap de la réflexion sur la légitimité du véganisme : les digues ne sont plus argumentaires, mais psychologiques et culturelles”. Plus intéressant, il va plutôt présenter les différentes facettes d’un mouvement qui selon lui, a déjà commencé à transformer notre monde et à façonner notre manière de penser.

Résolument optimiste, Théo Ribeton ne se demande pas si le véganisme sera un jour la norme : cette éventualité lui paraît certaine. La question est plutôt de savoir quand et comment ce changement va se produire !

En faisant un rapide tour historique du traitement du véganisme dans les médias, on se rend compte que la question animale est devenue un sujet d’importance capitale en très peu de temps. Si l’on revenait seulement une vingtaine d’années en arrière, certaines positions et lieux communs de l’époque nous paraîtraient réactionnaires et dépassés.

Autre symptôme de cette lame de fond sociétale, l’apparition de personnes spécialisées dans la “défense de la viande”, comme Jocelyne Porcher ou Dominique Lestel. Autrefois considéré comme un acte anodin, invisible aux yeux de tous, le fait de manger les animaux ne va plus de soi. Mise sur la défensive, l’industrie de la viande fait l’aveu de son déclin et de sa disparition prochaine en ayant besoin de justifier cet acte qui ne peut plus vraiment l’être.

L’auteur reste toutefois critique par moments, d’une manière assez provocatrice sur la nourriture, n’ayant pas peur de déclarer en sous-titre que “la bouffe vegan, c’est dégueulasse”. Évidemment, il ne s’agit pas d’une généralité, l’auteur ne faisant en réalité que relater quelques expériences malheureuses, que nous avons probablement tous et toutes eues ! Il est bien entendu rappelé que la cuisine vegan fait aussi preuve d’une inventivité sans pareille depuis plusieurs années, rivalisant d’ingéniosité en créant de nouvelles saveurs et textures pour le plaisir de nos papilles.

En bref, V comme vegan est un livre rafraîchissant qui donne à lire un point de vue novateur sur un mouvement grandissant, que l’on voit déjà vainqueur.