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Livre côté cuisine et... dévore !

  • Article du Vendredi 20 mars 2015

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Avec un titre pareil, c’est sûr qu’on ne peut pas rester impassible ! Rien que le nom de cette nouvelle parution aux éditions L’Âge d’homme donne faim. Ouvrir le livre ne fait qu’alimenter l’envie de tester (pour dévorer) la panoplie de recettes proposées par Natalie Slater : donuts, tourte samossa, brownies, très improbables pizzas (avec en prime la recette de la pâte à pizza), cupcakes, sauces de nappage ou d’accompagnement, sandwichs grillés, pains à la banane et autres lasagnes aux tacos.

Natalie Staler, auteure du livre "cuisine et dévore"couverture du livre "cuisine et dévore"

 

 

L’auteure, à l’humour acéré comme ses lames de couteaux, n’épargne ni les noix de coco, les champignons, les patates douces, le chocolat, les cacahuètes, les pâtes ou les haricots ; ses recettes craquantes ou moelleuses, suaves ou piquantes regorgent d’imagination et d’épices. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un coup d’œil sur les nombreuses photos couleur de son livre ou sur son blog (plus de 500 000 visites par mois).

Les recettes sont résolument végane, comme la moutarde sans miel (« voici une moutarde sans vomi qui vous fera bourdonner de bonheur » - ben oui, le miel c’est pour de vrai le produit de la régurgitation de nectar par les abeilles) et la mayo au tofu soyeux, et une bien utile partie « Astuces, ustensiles et tours de magie » qui dévoilent comment cuisiner sans œufs ou ni lait et cuisiner le tofu pour le rendre goûtu. Parions, avec Natalie Slater, que ces recettes vous encourageront « à partir à l’aventure, à sortir des sentiers battus et à créer vos propres recettes».

La préface du bouquin nous a même été concoctée par le catcheur professionnel CM Punk, preuve s’il en faut qu’on peut allier de détonants combats sur le ring et une alimentation végane.

Cuisine et dévore. Bonne bouffe pour véganes irascibles, L’Âge d’homme, 2015.


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Détresses animales

  • Article du Mercredi 18 mars 2015

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Il est des images qu’on aurait préféré ne jamais voir. Mercredi 4 mars, ce furent celles de ce cochon atrocement coincé au dernière étage d’un semi-remorque, plus de la moitié du corps pendue dans le vide à au moins quatre mètres de hauteur. À ses côtés, également à moitié dans le vide, deux cochons inanimés. On n’ose pas penser à la violence du choc qui a fait se retrouver ainsi ces malheureux animaux.

Sans que l’on en connaisse les raisons, le semi-remorque transportant 200 cochons s’est littéralement couché sur le bas-côté de la D35. Le chauffeur s’en est heureusement sorti indemne (même si en état de choc), mais c’est loin d’être le cas des cochons dont une centaine aurait péri dans l’accident.

Après avoir hésité à faire scier la toiture, les deux vétérinaires dépêchés sur place ont décidé de faire relever par un camion-grue le véhicule encore chargé, ce qui a pris des heures. Les animaux valides, portant des ecchymoses, ont eu droit à deux heures de sursis avant qu’un autre camion ne vienne les emmener à l’abattoir. Comme les humains, les cochons sont en effet très sensibles et peuvent mourir d’un arrêt cardiaque. Puis le véhicule accidenté, toujours chargé de cadavres et d’animaux agonisants, est allé jusque chez un carrossier, où le vétérinaire aurait procédé à l’euthanasie des derniers animaux encore vivants.

Tout ça au milieu des hurlements stridents des cochons blessés et terrifiés.
Tout ça pour une tranche de jambon ou une boîte de pâté.

Un accident qui n’en est pas vraiment un

Bien sûr, le camion s’est renversé. Peut-être le chauffeur allait-il trop vite ou bien la route était-elle glissante. Mais peut-on vraiment encore parler d’accident quand des milliers de camions, littéralement bourrés à craquer d’animaux vivants, sillonnent sans cesse les routes de la France et de l’Europe, et qu’on les remplit autant qu’on peut, rentabilité oblige ? Ces accidents sont tellement récurrents qu’on finit par se poser des questions. Dans la plupart des cas, les semi-remorques se couchent sur le flanc, les cochons s’écrasent alors les uns les autres, s’étouffent ou succombent à la panique. Et il est question d’encore augmenter la capacité des bétaillères, de les charger encore et toujours plus.

Incrédules, on s’interroge déjà sur la façon dont on parvient à faire grimper dans un semi-remorque des cochons élevés en batterie (pour plus de 95% des cochons en France) et qui n’ont vraisemblablement pas aligné plus de vingt pas d’affilée toute leur vie durant, dont nombre de truies qui sont restées immobilisées une partie de leur existence dans des stalles si étroites qu’elles ne peuvent même pas s’y retourner. Si vous imaginez le pire – coups de pieds et de bâton, utilisation de bâton électrique – sachez que vous êtes sur la bonne voie. On peut même lire sur un blog un routier expliquer utiliser le bâton électrique, reconnaissant que sinon le chargement des animaux serait à peu près impossible.

La liste est longue

En septembre 2012, nous avions déjà fait paraître sur ce blog un article sur ces « insignifiants accidents ». Depuis, la liste des camions renversés, des cochons tués sur la route, n’a hélas fait que s’allonger. Une situation qui durera tant que les animaux seront considérés comme des paquets de viande et transportés comme des marchandises. Les animaux sont pourtant des êtres sentients, et les cochons sont particulièrement curieux, affectueux et intelligents. Choisir une alimentation végétale est un moyen sûr de ne pas cautionner de telles souffrances.

Quelques accidents relevés sur Internet :
23 mars 2015 : un camion transportant 500 moutons se renverse vers Angers, le conducteur s'étant assoupi. Une centaine de moutons meurent dans l'accident.

3 février 2015 : un camion transportant une centaine de cochons sort de la route, dans le 43. Un animal meurt dans l’accident.
16 octobre 2014 : un camion transportant 192 cochons se renverse dans le fossé. Seuls 32 cochons survivent à l’accident, certains doivent être euthanasiés par les services vétérinaires.
11 septembre 2014 : un camion transportant 200 cochons se renverse en Picardie. Plus de la moitié des cochons meurent dans l’accident.
19 août 2014 : un camion transportant environ 200 cochons se renverse en Haute-Saône. Plusieurs animaux meurent dans l’accident.
30 mai 2014 : un camion transportant 185 cochons se renverse dans un ravin, dans l’Ouest de la France. Tous les animaux meurent, soit sur le coup, soit euthanasiés.
18 décembre 2013 : un camion transportant 215 cochons se renverse vers Liège, en Belgique. Une cinquantaine d’animaux meurent écrasé par le véhicule.
11 novembre 2013 : un camion transportant 180 cochons se renverse sur une autoroute. 60 animaux meurent dans l’accident et 25 sont euthanasiés.
10 octobre 2013 : un camion transportant environ 180 cochons se renverse dans l’Ain. Une grande partie des animaux est tuée lors de l’accident ou est euthanasiée.

Crédit photographique : Jo-Anne Mac Arthur/We animals


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Désobéir pour les animaux

  • Article du Mardi 17 mars 2015

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Il y a quelques jours, nous avons posté sur Facebook une petite vidéo montrant des personnes en train de sauver un pélican. Des morceaux de fil de pêche entortillés autour de son bec l’empêchaient de se nourrir. Sans cette intervention salvatrice, l’oiseau était évidemment condamné à mourir lentement de faim.

À défaut d’animal à secourir directement, il est toujours possible de « nettoyer les plages, les rochers et les rivières des déchets de pêche traînant (…) car des milliers d’oiseaux, de poissons et de mammifères meurent chaque année, un hameçon coincé dans l’œil ou l’estomac, les pattes prises dans les filets, intoxiqués par les plombs ou autres détritus… Organiser ces actions avec des écoles ou une municipalité peut être une façon de les sensibiliser au sort des animaux. » Et qu’importe qui a laissé ces déchets, puisqu’il s’agit de sauver des vies !

opération de sauvetage d'un pélican avec un hameçon dans le becCe nettoyage, qui peut sauver indirectement des animaux d’une pitoyable agonie, est l’une des très nombreuses actions qui figurent dans le petit livre Désobéir pour les animaux. Sorti fin 2014 chez Le Passager Clandestin, cet ouvrage collectif s’articule en trois parties complémentaires.

La première pose les bases intellectuelles, éthiques et éthologiques de « Pourquoi désobéir pour les animaux » ? L’argument majeur et désormais scientifiquement établi étant que les animaux sont des êtres sentients, qui « ont un intérêt à vivre et à ne pas souffrir ». Cette partie propose aussi un résumé actuel de l’exploitation des animaux, que ce soit dans les cirques, les laboratoires ou encore les élevages, et fait le point sur leurs droits en France et plusieurs pays d’Europe.

La deuxième partie effectue un retour sur la désobéissance pour les animaux, avec entre autres le mouvement de libération animale des années 70, quelques exemples de campagnes menées contre l’élevage industriel au XXIe siècle, le développement historique du végétarisme et véganisme ou encore le combat mené contre la corrida et l’expérimentation animale.

La troisième partie propose mille et une façons d’agir pour les animaux notamment via la désobéissance civile, que ce soit lors de happenings festifs, de sauvetages, d’actions sur le terrain contre la chasse, des témoignages, l’organisation politique, et bien sûr le choix du véganisme puisque ainsi « une seule personne sauve des centaines d’animaux au cours de sa vie. C’est donc un acte de résistance majeur, à la fois très concret et hautement symbolique. »

Couverture du livre "Désobéir pour les animaux"

Le seul regret qu’on puisse avoir à la lecture de Désobéir pour les animaux est qu’il ne fasse que 62 pages : on aurait bien aimé continuer cette passionnante lecture ! S’il apporte nombre d’arguments et d’idées aux sympathisants de la cause animale, ce livre donne également des clés essentielles à toute personne désireuse de mieux comprendre pourquoi il est si important de modifier notre rapport aux autres animaux, et comment nous y prendre. Bref, un livre à mettre sans restrictions entre toutes les mains.

Désobéir pour les animaux, le passager clandestin, 2014. Disponible sur la boutique de L214.


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  • Article du Lundi 16 mars 2015

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La vérité sort de la bouche des enfants

  • Article du Lundi 9 mars 2015

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Engagé pour les animaux de longue date, Dominic Hofbauer a bien voulu répondre à nos questions et nous permettre ainsi de partager un parcours aussi révélateur qu'inspirant.

Dominic, je crois savoir que tu es végé depuis un bon bout de temps, peux-tu nous dire ce qui t’a motivé à faire ce choix ?

Bonne question ! Alors, j'ai des souvenirs plutôt confus sur "la raison" exacte qui m'a conduit à rejeter la viande en 1986. J'avais 17 ans et je me souviens juste que, parmi les choses qui m'avaient fait réfléchir à la condition des animaux, il y avait les paroles de la chanson "Meat is Murder" (j'étais tout à fait amoureux de Morrissey ^^) + le film "Soleil Vert" et le refus des gens de regarder en face la vérité concernant leur nourriture (dans ce film, la population est nourrie sans le savoir avec les cadavres des gens qui meurent). Mais je crois que le truc le plus déclencheur, c'est le jour où ma sœur de 4 ans récitait à table "Les 3 petits cochons", se réjouissant de la fin heureuse de l'histoire... tout en mangeant du jambon. La schizophrénie dans laquelle nous vivons vis à vis de ces animaux m'a alors sauté aux yeux dans toute sa perversité. Pour moi, la vérité est sortie de la bouche d'une enfant :)

Dominic avec une poule heureuse

"Aucun autre sujet que le rejet de la viande n’ouvre une perspective aussi vertigineuse sur les infinies variations de la mauvaise foi et la pauvreté argumentaire."

Comment tes proches ont-il réagi ?

 Les réactions de l'entourage ? Alors je crois qu'il n'y a aucun autre sujet que le rejet de la viande qui ouvre une perspective aussi vertigineuse sur les infinies variations de la mauvaise foi et la pauvreté argumentaire. D'une certaine manière, je crois que rien n'aurait pu me confirmer davantage dans la justesse de mon choix d'alors, et dans l'adoption d'un régime vegan (trop) longtemps après.

Peux-tu nous en dire plus sur ce qui t’as poussé à t’investir pour les animaux ?

Mon petit parcours de "militant" remonte aux premières Veggie Prides, aux premières Estivales de la question animale où j'ai rencontré beaucoup de ceux qui sont devenus mes amis d'aujourd'hui et ma "famille politique": Brigitte Gothière, David Oliver, Yves Bonnardel, Sébastien Arsac et Antoine Comiti ... et de nombreux autres ! Avec Sébastien et Antoine nous avons fondé Stopgavage en 2004. J'ai rejoint plus tard la rédaction des Cahiers antispécistes, et je travaille actuellement comme pédagogue pour l'association GAIA en Belgique, où j'habite maintenant.

Mon quotidien, c'est donc d'animer chaque jour des séances dans les écoles de Belgique sur les droits des animaux. Il faut être à 8h chaque jour dans une école différente. C'est assez crevant mais ça vaut vraiment le coup ! Je m'occupe aussi d'un site web pour les enfants et les ados qui s'intéressent à cette question : www.gaiakids.be.  En 2014, nous avons animé des centaines de journées de sensibilisation à la défense des animaux auprès de 7300 élèves du primaire et du secondaire. Les animations que nous proposons cherchent à développer l’empathie et la responsabilité, et à encourager les comportements attentifs aux autres formes de vie sensible. Il serait primordial que les assos de protection animale en France développent aussi ce genre de pédagogie dans les écoles, où les industries de la viande et du lait - pour ne citer qu'elles - sont déjà très actives et influentes.

GAIA EDUCATION / Les animations à l'école from GAIA Kids TV on Vimeo.

Comment t’es-tu retrouvé à être proche de L214 ?

En fait, je me souviens d'une discussion avec Sébastien dans un bar de Metz vers 2006. Il avait L214 en tête et ce n'était à ce stade qu'une idée imaginaire. Moins d'une dizaine d'années plus tard, je suis soufflé par la manière dont Brigitte et Sébastien ont réussi à développer une formule d'asso qui manquait cruellement en France, et qui associe intelligemment différentes approches pour donner au public accès à une information juste et représentative des pratiques d'élevage + pour provoquer la médiatisation de la question animale + profiter de chaque passage media pour aborder le problème du spécisme dans un langage accessible à un large public + motiver un réseau incroyable de bénévoles mobilisés autour d'actions intelligentes, qui tendent la main de manière positive et informent sans juger. En moins de 10 ans, L214 est devenue la bête noire du monde de l'élevage. L'année 2015 sera d'ailleurs encore marquée par des procès et des tentatives engagées par l'industrie de la viande pour museler l'association. On est nombreux à savoir que pour chacun dans l'équipe, les mots "soirées" + "week-ends" + "vacances" sont tout à fait vides de sens...

Dominic dans une école, pour les animaux

"Chaque passage media, chaque livre qui sort sur le sujet, chaque tract tendu par un militant dans la rue est une fissure supplémentaire dans le mur d'indifférence qui nous sépare d'un monde où notre considération s'étend au-delà de la frontière d'espèce."

Au long de ton parcours, as-tu vu un changement du regard qu’on porte sur les animaux dans notre société ?

A l'échelle mondiale, l’idée que rien n'a jamais été pire qu'aujourd'hui se défend, mais je trouve aussi que les temps n'ont jamais été aussi encourageants : la cause des animaux devient un vrai sujet dans nos sociétés, les alternatives végétales explosent et s'installent avec succès dans les supermarchés, la part des produits animaux dans l'alimentation baisse d'année en année, ainsi que les initiatives pour reconnaître aux animaux leur sensibilité ou leur statut de personne. Chaque passage media, chaque livre qui sort sur le sujet, chaque tract tendu par un militant dans la rue est une fissure supplémentaire dans le mur d'indifférence qui nous sépare d'un monde où notre considération s'étend au-delà de la frontière d'espèce, pour embrasser tous les êtres doués de sensations. D'une certaine manière, ce monde a déjà commencé, car on voit bien dans la faiblesse et la pauvreté des arguments qu'on nous oppose encore que la bataille des idées est, en fait, déjà gagnée. Ce n'est vraiment pas le moment de relâcher la pression !


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Le Salon de l'hypocrisie

  • Article du Jeudi 5 mars 2015

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L214 était présente la semaine dernière avec le collectif 269Life devant le Salon International de l’Agriculture, porte de Versailles à Paris, pour dénoncer l’hypocrisie et le mensonge qu’il représente.

Depuis maintenant plus de 50 ans, le Salon de l’Agriculture sert de vitrine à l’élevage français. Animaux sélectionnés, préparés, soignés, tous doivent porter fièrement les couleurs d’une filière en crise. Il s’agit de rassurer le consommateur sur la provenance et la qualité des produits qu’il achète. Cette tâche est facilitée par le fait que la plupart des gens ne voient jamais les animaux qu’ils mangent, le visiteur est donc prêt à croire qu’ils sont semblables à ceux qu’il côtoiera sur le Salon.

Cela est démenti par chaque enquête menée par L214 : la vérité de l’élevage français, ce sont selon les filières jusqu’à 99% des animaux élevés en cages et ne voyant jamais la lumière du jour. Ce sont des pratiques de mutilation légales et généralisées pour adapter les animaux au stress engendré par leurs déplorables conditions de vie et d’abattage.

Bien sûr, tout est fait pour que le lien entre l’animal et le contenu de l’assiette ne soit jamais trop clairement établi. On emmène ses enfants caresser les animaux qu’ils retrouveront dans leur assiette le soir-même ; parlez d’abattage, et cela leur couperait l’appétit.

Parler d’abattage, c’est justement ce que nous avons fait la semaine dernière en organisant avec 269Life France une mise en scène sanglante aux abords du Salon. Nous avons montré aux visiteurs ce qu’engendre la consommation de viande et de produits animaux en plaçant au centre d’assiettes géantes des têtes d’animaux récupérées dans un abattoir. En montrant les restes de ces animaux que le visiteur s’apprête à voir sur le Salon, le lien était clairement établi.

Alors que les animaux viennent enfin d’être désignés comme “êtres vivants doués de sensibilité” dans le code civil, l’hypocrisie du Salon apparaît encore plus flagrante. Quels animaux caresser, lesquels manger ? Répondre à ces questions n’a jamais été aussi délicat.

Le parti-pris des organisateurs est le même depuis de nombreuses années : leur mise à mort n’étant jamais évoquée, tous les animaux peuvent être caressés. Un parcours de visite “J’aime les animaux” a même été prévu pour ne louper les “représentants” d’aucune espèce. Le visiteur peut ainsi admirer les vaches, chèvres, moutons et volailles qui servent à produire de la viande, du lait et des oeufs ; il se rapproche ensuite des chats et chiens, qui sont clairement identifiés comme animaux de compagnie ; enfin, il pourra s’attendrir devant les chevaux et les lapins, dont le programme n’explique pas clairement toutes les façons dont ils sont utilisés. Car ici, chaque animal n’est vu qu’au travers de son utilité pour les humains. Il ne sera jamais considéré comme un être qui a le droit de vivre pour lui-même, à moins que nous poursuivions nos actions pour changer les choses.

Voir la galerie photos (par Erasmiotaton)

Lire le tract qui a été distribué tous les jours devant le Salon de l'Agriculture

Thibaut pour L214


Bannière [Vidéo] Patrick Llored - Esclavage humain, esclavage animal

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Extrait de la conférence Pourquoi faudrait-il donner des droits aux animaux ? organisée le 4 février 2015 à l’Université Jean Moulin Lyon 3 par l'association étudiante Sentience et l'association Les médiations philosophiques.

Pour Patrick Llored, professeur de philosophie, « les animaux sont les premières victimes d’une société esclavagiste ». Presque 170 ans après l’abolition de l’esclavage en France, les animaux font toujours l’objet du joug de l’insatiabilité persécutrice des hommes. Ils sont les victimes de l’oppression immémoriale de la violence physique illégitime de la part de ceux qui se considèrent comme le groupe de référence. On a fait de cette violence une institution. L’asservissement de certains groupes humains pendant la longue histoire de l’esclavage reflète la manière dont nous traitons sans relâche les animaux.

Cet esclavage animal, loin de sauter aux yeux, « se confond avec le fonctionnement normal » des institutions absolutistes. L’identité même de l’homme-oppresseur se mêle à ce rapport de violence, décrivant la structure propre de notre société.

Le droit est l’instrument de l’oppresseur. L’appareil juridique fait de l’animal un bien à la disposition de l’homme. Et ce privilège que l’homme, à travers le droit, s’est octroyé, sert de fondement à la croyance selon laquelle les animaux seraient là pour notre utilité. L’animal métamorphosé en marchandise fait l’objet d’une « idéologie discriminante » matérialisée en un système de pensée passif qualifié de « spécisme », ou discrimination basée sur l’espèce.

Seule l’abolition de cette institution de la violence envers les animaux permettra une cohabitation pacifiée. Accorder des droits aux animaux dans une société esclavagiste est peine perdue. C’est donc seulement à travers une abolition politique que l’instauration de droits pour les animaux prendra son sens.

Kévin Barralon