Bannière Vegan super facile

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Dans la famille Super facile je voudrais… la cuisine vegan !

On ne peut plus le nier, l’alimentation végétale se démocratise de plus en plus. Cette évolution n’est pas passée inaperçue aux éditions Marabout puisque, depuis l’été 2016, elles ont décidé de nous partager leur premier livre de recettes 100 % vegan.

Notre équipe s’est empressée de feuilleter ses 144 pages, parce qu’il faut le reconnaître, on aime tous ce qui est super facile !

On découvre donc un joli livre bien complet introduisant d’abord le végétalisme avec des explications simples et claires. Le lecteur dispose également d’une liste d’ingrédients incontournables et faciles à trouver comme des graines, du lait végétal ou encore des légumineuses, ainsi que de petits conseils précieux destinés aux débutants.

Le concept de ce livre est plus que séduisant : des recettes saines, faciles et très colorées avec moins de 6 ingrédients. Les temps de préparation et de cuisson sont raisonnables et accessibles à tous, même les plus pressés !

Que l’on préfère les salades colorées, les smoothies ou les desserts gourmands, il y en a pour tous les goûts : yakitori d’aubergines, brownie à la patate douce ou encore houmous de betteraves. Et surprise, on nous propose même des recettes de fromages végétaux simplissimes et des idées de glaces !

Le mythe de l’alimentation vegan fade et pauvre peut tomber aux oubliettes !

 

Jessica Oldfield, Vegan super facile, éditions Marabout (2016, 144 pages, 6,95 €).

Disponible sur la boutique L214.

 


Bannière « Sombre nuit pour les animaux »

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Jeudi 19 avril, jusque tard dans la nuit, et le lendemain matin, les députés de la commission des affaires économiques ont débattu et voté les amendements relatifs à l’article 13 du projet de loi issu des États généraux de l’alimentation. Les associations de défense des animaux attendaient des avancées, puisque les questions du contrôle vidéo en abattoir et de l’interdiction de l’élevage en cage des poules pondeuses allaient notamment y être abordées. Ces mesures auraient pu être significatives pour les animaux… Aucune d’entre elles n’a été adoptée.

Des amendements rejetés en bloc

Après avoir renommé cet article 13 « Respect du bien-être animal », la majorité des députés présents, menés par M. Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture, ont rejeté méticuleusement, un à un, les amendements concrets qui auraient pu changer les conditions d’élevage, de transport et d’abattage des animaux. Démarches volontaires des filières et arguments économiques fallacieux ont été systématiquement avancés pour stopper net les avancées possibles. La FNSEA, syndicat majoritaire agricole, et le CNPO, interprofession des producteurs d’œufs, peuvent se vanter de leur pouvoir bien réel sur le gouvernement !

Petit florilège des arguments les plus absurdes entendus pendant les débats : pour M. Stéphane Travert, « s’il est vrai que certaines pratiques particulièrement cruelles devraient disparaître, il vaut mieux faire confiance à la filière pour faire évoluer les choses ». Le ministre ose même dire que « l’élevage en cage des lapins est nécessaire car autrement il y aurait des risques de cannibalisme ». Et M. Thibault Bazin, député républicain, de surenchérir :  « l’INRA a rendu les poules joyeuses en cage » puisqu’elles ont de toute façon « peur de l’extérieur » et ont « plein de copains en bâtiment ». À les entendre, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Ce qui aurait pu changer pour les animaux

Chaque amendement un peu concret a ainsi été retoqué à coups d’arguments malhonnêtes et parfois mensongers. Et ces votes, qui auraient pu limiter les souffrances des animaux, n’auront finalement abouti à rien.

Le contrôle vidéo en abattoir, promesse de campagne de M. Emmanuel Macron, approuvé par 85 % des Français et déjà voté par l’Assemblée nationale en janvier 2017 sous l’impulsion de M. Olivier Falorni, a été rejeté : les abattoirs feront éventuellement cette démarche volontairement. Comme l’a très justement rappelé M. François Ruffin en séance : « Dans ce texte de loi, il n’y a rien sur cette question, il n’y a rien sur les abattoirs, il n’y a rien pour aider les salariés à souffrir moins à l’intérieur de ces entreprises ». Rien pour les animaux. Les amendements sur l’interdiction de l’étourdissement au CO2, de l’abattage sans étourdissement et bien d’autres destinés à poser des limites à ce qu’endurent les animaux au moment de leur mise à mort ont été rejetés.

 

L’interdiction des cages pour les poules pondeuses a également été écartée alors qu’elle aurait pu mettre un point final aux privations comportementales sévères de 33 millions de poules chaque année, qu’elle répondait à une attente de 90 % des Français et que plus de 100 entreprises se sont déjà engagées à ne plus utiliser les œufs issus de tels élevages. Là aussi, il s’agissait d’un engagement de M. Emmanuel Macron, renié sous la pression de l’interprofession des producteurs d’œufs.

Voir notre dernière enquête en élevage de poules en cage

Quant à la durée des transports d’animaux vivants, elle restera sans limite malgré les arguments percutants de Mme Anne-Laurence Petel, rappelant l’enquête récente de l’ONG Animals Australia démontrant les conditions de transport ignobles des animaux sur un bateau et les changements déjà impulsés par d’autres pays.

D’autres mesures essentielles, comme la castration à vif des porcelets mâles, ont également été balayées d’un revers de main. Il s’agit pourtant d’une mesure de prime importance, qui touche des millions de cochons chaque année, comme nous le rappelle la campagne End Pig Pain d’Eurogroup for Animals, soutenue par L214. Certains pays, comme la Suisse, ont déjà interdit cette pratique particulièrement douloureuse. Qu’attendons-nous pour le faire ?

Après le travail en  commission, la loi sera discutée à partir du 22 mai en séance plénière à l’Assemblée nationale. Mais les résultats semblent joués d’avance, puisque les dés sont pipés.

Nous continuerons

Selon un récent sondage IFOP pour 30 Millions d’Amis, 67 % des Français considèrent que les animaux sont mal défendus par les politiques : ils ont raison. Force est de constater que les responsables politiques ont, encore une fois, préféré défendre les intérêts de certaines filières, quitte à cautionner des pratiques particulièrement cruelles envers les animaux.

Durant ces débats, les députés pouvaient amorcer le changement d’un système effroyable aussi bien pour les animaux, qui souffrent de leurs conditions d’élevage et d’abattage, que pour les humains, en termes de partage des ressources, de conditions de travail, et bien sûr d’environnement. Cette opportunité n’a pas été saisie. À la botte des interprofessions avant tout soucieuses de défendre leurs intérêts privés, enfumant les consommateurs en parlant de « bien-être animal », le gouvernement ne bouge pas le petit doigt pour changer le sort des animaux.

Voir notre site Politique & Animaux

Face à ces débats honteux et irresponsables, nous continuerons nos actions, nous continuerons à montrer l’insupportable réalité vécue chaque jour par des millions d’animaux, derrière les murs des élevages et des abattoirs. En l’absence de véritable considération de la part des responsables politiques, les animaux ne peuvent compter que sur nous. Chaque jour, nous avons la possibilité de refuser de cautionner une industrie qui les considère comme des marchandises, en changeant nos habitudes de consommation mais aussi en rejoignant un mouvement qui ne cesse de prendre de l’ampleur, un mouvement qui exige un véritable progrès pour les animaux, un mouvement revendiquant bienveillance et justice.

Voir notre site Vegan Pratique

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Bannière Vers une société végane

Vers une société végane

  • Article du Samedi 14 avril 2018

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Et si nous sortions de l'ère de l'exploitation animale ? Et si le monde devenait végane ?
« Le monde » ? Tout le monde ?

 

Que deviendraient alors les animaux, les éleveurs et toutes les personnes qui vivent de l'exploitation des animaux, comment seraient entretenus les paysages sans élevage, et plus simplement : qu'est-ce qu'on deviendrait ? C'est à ces questions et à bien d'autres qu'Olivier Rognon tente de répondre à travers une belle fiction, Vers une société végane. Après-demain, l'abolition.

 

En 2016, la société prend enfin conscience de ce qu'endurent les animaux dans les élevages, les abattoirs, les cirques, les zoos et autres arènes ou laboratoires. Ce sont des images tournées en caméra cachée qui avaient exposé au grand jour le martyre des animaux et propulsé sur la scène médiatique la question animale, qui était devenue une véritable question de société. Mieux encore : la prise de conscience collective avait amorcé un mouvement sans précédent, et l'amplification du militantisme et des revendications avaient entraîné des changements de consommation massifs. Et puis, le monde politique et juridique avait emboîté le pas. Une page se tournait. Et au vu de l'immense souffrance des animaux, mais aussi des dégâts environnementaux causés par l'élevage, il était temps ! Temps d'innover, de jeter les bases d'une société plus juste, d'enfin aller de l'avant au lieu de maintenir un système moribond sous perfusion et d'aller droit dans le mur – en vrai, dans le mur, on y était déjà : des milliards d'animaux massacrés dans les abattoirs chaque année de par le monde, un effondrement de la population d'animaux sauvages traqués, chassés, empoisonnés, 800 millions d'êtres humains souffrant de la faim, un gaspillage des ressources insensé, des pollutions en tous genres et en tous lieux, le climat modifié... (1)

 

Dans un style simple et fluide, à travers des descriptions, des dialogues et divers protagonistes (dont un ouvrier d'abattoir), Olivier Rognon entraîne son lecteur dans une utopie, c'est-à-dire la représentation rigoureuse d'une société imaginaire et parfaite – ou du moins meilleure, à savoir ici sans exploitation animale, où les humains s'entraideraient au lieu de se déchirer, et accepteraient la présence des autres animaux, nos cohabitants de la Terre. Bien sûr, il y aura toujours des injustices, mais ce n'est pas une raison pour ne pas les combattre et accepter l'inacceptable ! Nous pouvons vivre en bonne santé sans consommer de produits animaux, et finalement, il ne tient qu'à nous de transformer l'utopie en réalité. Et si on y croyait ? Et si on y allait ?

Vers une société végane est un livre innovant, vivifiant et inspirant, qui se lit d'une traite, avec passion et enthousiasme.

 

Olivier Rognon, Vers une société végane. Après-demain, l’abolition, Toulouse, éditions Mélibée, 2018.

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1 - S’informer sur les conséquences de l’élevage : viande.info

Bannière Histoire d’un rescapé

Histoire d’un rescapé


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Alors qu’il devait être engraissé pendant 31 jours puis abattu dans l’indifférence générale pour être exporté, Géo Trouvetou a été sauvé des griffes d’un système alimentaire destructeur. 10 mois plus tard, notre poulet mène une vie paisible dans un refuge. Voici son histoire.

La vie de Géo Trouvetou commence dans un immense couvoir industriel. Sa mère ? Il ne la connaîtra jamais… un numéro parmi tant d’autres. Une mère destinée à pondre encore et toujours, sans jamais voir éclore le moindre de ses oeufs.

Le couvoir est un lieu très stressant pour notre Géo. Avec des milliers d’autres poussins, il est bousculé, malmené. Il circule de main en main, de tapis roulant en tapis roulant… En bout de chaîne, on le place sans ménagement dans un robot à vacciner. Ce dernier le saisit, le retourne automatiquement puis une aiguille descend et se plante à vive allure dans sa chair. Après cela, Géo est jeté dans une caisse avec plusieurs dizaines d’autres poussins. On les charge dans le camion, les portes se ferment et le moteur démarre.

Le trajet paraît interminable à Géo. Déshydraté, il souffre de la chaleur et de l’entassement avec les autres poussins. Plusieurs d’entre eux ne survivent pas à ce trajet.

Notre poussin tient le coup : bien que sonné, il est toujours en vie lorsqu’un humain décharge sa caisse. Il se trouve alors projeté dans un hangar immense. La lumière est éblouissante et la litière est propre… pour le moment. Dans un mois, elle sera sale et humide : les bactéries y pulluleront et les jeunes animaux développeront des maladies de peau à son contact.

Mais Géo ne connaîtra pas ce funeste destin : deux jours après son arrivée, un petit groupe entre dans le bâtiment. Ils filment les conditions de vie des jeunes animaux pour les montrer au plus grand nombre. Une jeune femme porte une caisse dans les bras. Elle prend un premier poussin pour le mettre délicatement dans sa caisse, puis son regard se tourne vers Géo. La chance de sa vie. Alors que 800 millions de jeunes poulets sont élevés puis tués en France chaque année pour la consommation de viande, l’existence de Géo et de 8 autres poussins a basculé ce soir là.

Géo échappe à un mois d’enfer au sein d’un élevage intensif, mais laisse derrière lui des milliers de compagnons qui ne connaîtront jamais son bonheur. Il est malheureusement impossible pour les militants de tous les sauver, seul l’arrêt de la consommation de viande par les humains pourra mettre fin à ce massacre.

 

En grandissant, les anciens compagnons de Géo rempliront très vite tout l’espace du hangar. L’air y deviendra vite difficilement respirable à cause de la poussière, des odeurs d’ammoniac et de la présence de dioxyde de carbone. Chaque année, des millions de poulets meurent du fait des conditions d’élevage insalubres.

Géo, lui, est en bonne santé. Mais il a été sauvé juste à temps : quelques jours de plus dans ce hangar et les conséquences sur sa santé auraient été irrémédiables. En effet, la nourriture mise à disposition en élevage intensif est conçue pour faire prendre du poids très rapidement aux animaux, si rapidement que nombre de poulets ont du mal à se tenir debout. Ils grossissent tellement vite que leurs pattes ne parviennent plus à supporter leur propre poids. Une tête de poussin sur un corps de poulet.

Cependant, la nourriture délivrée n’est pas la seule responsable de la croissance rapide des poussins. Regardez : notre ami n’a pas 20 jours que son corps a déjà atteint une taille vraiment imposante.

Car, comme ses camarades, Géo a été sélectionné génétiquement pour avoir une croissance rapide et satisfaire ainsi les objectifs de production. C’est sa morphologie, il a été conçu comme cela. Bien que le refuge où il vit désormais en sécurité prenne soin de lui et qu’il ait la chance de pouvoir gambader à son aise et se dépenser sans compter, il n’est pas aussi svelte que ses amies les poules pondeuses.

Un des autres rescapés, Picsou, a subi encore plus directement que lui les conséquences de la sélection génétique. En effet, un jour Picsou a été bousculé par un dindon. Sa patte s’est alors tordue définitivement et il a aujourd’hui des difficultés à se déplacer normalement. Si sa croissance n’avait pas été aussi rapide, il n’aurait probablement pas eu de séquelles de cet accident malencontreux.

Quant à Géo, il mène aujourd’hui une vie paisible au refuge. Ses activités préférées ? Vadrouiller dans les prés, s'étirer de tout son long sous un arbre, picorer ou gratter le sol à la recherche de nourriture. Ah, ça, il porte vraiment bien son nom notre ami ! Il va souvent dehors prendre des bains de soleil ou s'ébrouer dans la poussière pour se nettoyer. À la grande hantise des soigneuses du refuge qui craignent que le petit animal se blesse, il adore se percher, sauter de petites barrières ou se poser en hauteur sur une pierre ou un muret.

Géo et ses 8 compagnons de sauvetage ont aujourd’hui 10 mois, 10 mois d’une vie bien remplie. Les autres ont été amenés à l’abattoir il y a bien longtemps… Ils auront vécu 31 jours de malheur en élevage intensif alors que l’espérance de vie d’un poulet est de 8 ans. Ils n’auront jamais vu la lumière du jour, ni pu se percher ou explorer un environnement stimulant. Des milliers d’autres sont morts dans l’élevage même, parfois de soif ou de faim, faute de pouvoir atteindre les mangeoires et les abreuvoirs.

Comment les humains en sont-ils arrivés là ? Probablement parce que les poulets sont des animaux qui ne leur ressemblent pas. Pourtant, il existe des personnes comme Sofia, cette jeune femme qui a sauvé Géo, ou Anaïs, qui prend soin de lui tous les jours au refuge, ou Lionel, qui refuse de manger des animaux. Des personnes comme nous, qui ont de l’empathie pour tous, animaux humains ou non humains. L’histoire de notre petit rescapé le montre bien : il ne tient qu’à nous de changer notre regard pour changer le monde.

 

En savoir plus sur les conditions d’élevage des poulets
Je tourne le dos à la viande


Bannière La peste soit des mangeurs de viande

La peste soit des mangeurs de viande

  • Article du Vendredi 6 avril 2018

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Le cadavre du capitaine Pierre Luchaire gît dans une mare de sang sur le sol de l’abattoir. Au même moment, partout en France, 3 millions d’animaux attendent, terrifiés, leur mort prochaine. À qui profite le crime ?

Avec La Peste soit des mangeurs de viande, Frédéric Paulin signe un polar sans concession et transporte ses lecteurs dans l’enfer des abattoirs, une lecture parfaite à l’heure du festival du roman policier Quais du polar !

 

Ceux qui égorgent et mangent

Le capitaine Pierre Luchaire n’était certes pas un enfant de chœur, et dans le milieu, ils étaient nombreux à souhaiter sa mort… Mais qui a pu l’abattre de cette façon ? Les mains liées derrière le dos, le policier a été égorgé, comme un animal de boucherie. D’ailleurs, les ouvriers d’abattoir trouvent près du corps un post-it moucheté de sang sur lequel le meurtrier a écrit : « Peuvent-ils souffrir ? ». Le meurtre est signé, tout laisse à penser que le coupable est un défenseur des droits des animaux.

Étienne Barzac de l’IGPN et le lieutenant Salima Belloumi mènent l’enquête, une enquête qui entraînera le lecteur à la découverte de bien des acteurs de la production de viande. Les premiers indices les mettent sur la piste d’un groupe de militants antispécistes, qui infiltrent élevages industriels et abattoirs. Leur leader, Dam, fait figure de suspect idéal, mais il est assassiné à son tour d’une balle dans la tête.

Qui est l’auteur de ces crimes sanglants ? D’autres militants, jaloux d’un meneur envahissant ? L’un des ouvriers d’abattoir, qu’ils ont croisé dans leur combat ? Ou pourquoi pas les industriels de la viande, qui auraient tout intérêt à éliminer leurs opposants ?

 

Ceux qui défendent et dénoncent

Sous ses allures de polar, La Peste soit des mangeurs de viande est aussi un roman engagé, dans lequel la mort des animaux est considérée, à l’instar du meurtre de Pierre Luchaire, comme un crime politique. Chaque chapitre évoque le point de vue d’un personnage différent, qui pour une raison ou pour une autre pousse un jour les portes de l’abattoir. Certains ont tout intérêt à le voir tourner à plein régime, d’autres au contraire, marqués par ce qu’ils y verront, cesseront de manger de la viande.

Si Frédéric Paulin prend clairement le parti des animaux, il aborde aussi d’autres problématiques à travers les récits de ses personnages. En faisant le portrait de Salima, l’auteur décrit les violences conjugales dont la jeune femme est victime. Les parcours de Damien et de Gwenaëlle lui permettent de rappeler les récents mouvements pour les droits sociaux dans le sud de l’Europe. Et en racontant l’histoire d’Erwon Le Scraigne, employé d’un abattoir porcin depuis vingt ans, Frédéric Paulin dit toute la précarité et la dangerosité du métier d’ouvrier d’abattoir, et la noirceur qui envahit parfois ceux qu’on paye pour tuer.

 

Écouter l’entretien de Frédéric Paulin sur France Culture

 

Frédéric Paulin, La Peste soit des mangeurs de viande, La Manufacture de livres, 2017.