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Abattoir de cochons de Houdan


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Le procès s’est tenu le 21 février à Versailles

En février 2017, nous révélions des images de l’abattoir de Houdan, dans les Yvelines. Sur ces vidéos, des scènes d’une violence effroyable : le couloir et la rampe menant au dispositif de gazage censé « étourdir » les animaux sont si mal conçus que certains se retrouvent coincés, tétanisés par la peur. Des employés s’acharnent alors sur des cochons pour les faire avancer à coups de pieds, de chocs électriques et de « mouvette », parfois jusqu’à les sonner.

Suite à notre plainte, le procureur de la République ouvre une enquête et poursuit en justice pour plus de 60 infractions, le directeur de l’abattoir, trois salariés (dont un responsable protection animale) et... un agent des services vétérinaires.

Le directeur est poursuivi pour installations non conformes (cochons en surnombre dans les stabulations, difficulté d’abreuvement, rampe d’amenée vers le dispositif de gazage inadaptée, porte antiretour défaillante), personnel non qualifié (mauvaises pratiques des employés) et pratiques insalubres (cochons saignés à même le sol). Le procureur a requis 3 000 € d’amendes contre le directeur.

Les trois salariés sont poursuivis pour mauvais traitements. Le procureur a requis 400 €, 600 € et 750 € d’amende, 750 € étant le maximum suite au choix du parquet d’attribuer une seule contravention par type d’infraction alors que plusieurs animaux sont concernés. A contrario, concernant l’abattoir de Mauléon, le parquet de Pau avait attribué une amende par infraction.

Quant à l’agent des services vétérinaires, le procureur a également requis contre lui la peine maximale, soit 750 € d’amende : sur les vidéos, on le voit utiliser — de surcroît abusivement — l’aiguillon électrique pour faire avancer des cochons, alors qu’une de ses missions est précisément de veiller à ce que le personnel de l’abattoir n’en fasse pas un usage systématique et abusif. Pendant l’audience, ce fonctionnaire a déclaré : « Croyez-moi, je n’ai pas fait ça par plaisir. C’est un métier très dur et parfois on a l’impression d’être un kapo dans un camp de concentration. »

Le délibéré sera prononcé le 15 mars prochain.

→ Lire l'article du Parisien

→ Revoir l'enquête

Des peines encourues dérisoires

La peine maximale ici encourue pour plus de 60 infractions est de 6 000 €… Tellement peu au regard des souffrances supplémentaires endurées par les animaux dans ces lieux déjà violents et cruels par essence. Peut-on imaginer que cette sanction dissuadera les abattoirs d’enfreindre la réglementation ?

Garder espoir

Le procès de cet abattoir ainsi que celui de l’abattoir d’Alès ne laissent pas grand espoir quant au rôle de la justice aujourd’hui. Pourtant, il nous faut tout de même reconnaître la volonté des magistrats de porter ces dossiers devant les tribunaux, sans les classer sans suite d’un revers de la main comme c’est encore malheureusement le cas trop souvent : les abattoirs de Limogesde Pézenas et du Mercantour ne seront pas poursuivis. Des sanctions plus importantes ne peuvent venir que du législateur. Avec l’extension du délit de maltraitance animale aux transports et aux abattoirs, ce sera peut-être bientôt le cas.

L’espoir vient surtout de la prise de conscience globale qui s’opère actuellement en France. Nous sommes de plus en plus nombreux à refuser la violence des élevages, des transports et des abattoirs. Ainsi, l’hebdomadaire Stratégies cite un dirigeant de Franprix estimant que « les vidéos de l'association L214 ont changé la donne : “On voit des consommateurs devenir végétariens du jour au lendemain”. » « La baisse de la consommation de viande n'est plus un "truc de hipster" », y renchérit un fondateur de l’agence The Good Company. Le quotidien Les Échos souligne que « le travail des différentes associations, comme les vidéos choc de L214 tournées dans les abattoirs, a joué un rôle très important dans la prise de conscience ».

Par les changements individuels et collectifs, peu à peu, ensemble, nous faisons reculer la cruauté et diminuer le nombre d’animaux tués. Continuons de le faire avec bienveillance et détermination !