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[Vidéo] Requiem pour les abattoirs


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Dominique Grange et Jacques Tardi ont publié un recueil illustré de chansons révolutionnaires reprises des années 1970. Parmi ces textes, un nouveau, inédit consacré à la question animale, pour lequel Dominique et Jacques ont réalisé une vidéo. Youtube a censuré cette vidéo. Dominique nous appelle à réagir.

YOUTUBE vient de censurer le clip de ma chanson "REQUIEM POUR LES ABATTOIRS" qui serait une « incitation à la violence », alors qu’elle est au contraire une dénonciation de la violence faite aux animaux et des souffrances qu’ils subissent avant de finir dans nos assiettes. La vidéo a donc été supprimée de YouTube. Si vous partagez mon indignation et ma colère, merci de relayer l’info, ainsi que le courrier ci-dessous que j’adresse, aux censeurs de Youtube !

Où est la violence?...

Mais où est la violence, sinon du côté de ceux qui l’exercent contre les animaux ? Du côté de ceux qui les torturent, les broient, les mutilent, leur imposent une vie de misère, confinés dans des cages à pateauger dans leurs excréments, reclus dans des fermes-usines, des élevages intensifs où jamais ils ne voient le soleil, dans des cuves où ils tournent en rond par milliers du matin au soir, transportés dans des conditions épouvantables au fond des cales de bateaux, dans des camions où ils transitent de longs jours et de longues nuits sans assistance, se piétinent, se blessent, meurent souvent de leurs blessures ou de déshydratation, et agonisent au milieu de leurs congénères terrorisés par ce voyage dont ils pressentent l'issue fatale...

Où est la violence?

Non, messieurs les censeurs de Youtube, la vidéo de ma chanson, "Requiem pour les abattoirs", n'est pas une incitation à la violence. Elle est même tout le contraire : une incitation à en finir avec celle qui s'exerce quotidiennement et dans le monde entier à l'encontre des animaux ! Oui, elle est un réquisitoire contre cette cruauté sans limites qui donne aux humains tout pouvoir sur des êtres vivants reconnus sensibles : le pouvoir de les priver de liberté et de tout ce qui peut répondre à leurs besoins, de les exploiter de toutes sortes de façons, d'en faire des objets destinés à l'expérimentation scientifique ou à l’industrie cosmétique, de programmer la fin de leur vie et enfin, de se nourrir de leur chair après les avoir torturés ! Un droit de vie et de mort absolu, en somme, sur des êtres vivants, sentients mais privés de parole, donc incapables de se défendre. Là voilà, la violence que je dénonce dans le texte de ma chanson, laquelle s'appuie sur des images vraies, autant de témoignages authentiques extraits de vidéos tournées par des militants de diverses associations qui toutes se battent pour la défense des droits des animaux : L214, Peta France, One Voice, Animals International, Eyes on Animals, TSB, Animal Welfare Foundation et CIWF, Animals'Angels e.v., End pig pain, Swiss Animals Protection East International, Mercy for Animals, Acscct.org... Mais croyez-vous donc pouvoir nous faire taire en nous censurant ainsi ? Croyez-vous pouvoir empêcher de continuer à agir tous ces lanceurs d'alertes qui jouent depuis un certain temps un rôle si essentiel dans la prise de conscience de dizaines, de centaines de milliers, peut-être même de millions de personnes à travers la planète ? J’ignore qui a pu — comme vous l’écrivez dans l’Avertissement que vous m’avez adressé — « signaler » notre clip... Ce que je sais c’est que toutes les images que nous avons utilisées proviennent de vidéos largement diffusées sur Internet, et que c’est grâce à elles, aujourd’hui, que nous sommes de plus en plus nombreux à ne plus accepter cette violence comme quelque chose de normal. Et c’est pourquoi, malgré vous, malgré les lobbies embusqués pour nous empêcher d’agir, nous continuerons de la dénoncer publiquement et sans relâche, par tous les moyens dont nous disposons !

Alors, s'il vous plaît, messieurs les censeurs de youtube, prenez conscience à votre tour de la réalité et répondez-moi : de quel côté est la violence ? Du côté de ceux qui la dénoncent ou du côté de ceux qui l’exercent ?

Et puis méditez cette phrase de Léonard de Vinci : « Viendra un jour où d'autres hommes tels que moi considéreront le meurtre des animaux comme ils considèrent aujourd'hui le meurtre des hommes. »

Et encore celle-ci, de Isaac Bashevis-Singer : « Je ne prétends pas sauver beaucoup d’animaux de l’abattoir, mais mon refus de manger de la viande est une protestation contre la cruauté… Personnellement, je ne crois pas qu'il puisse y avoir de paix dans ce monde tant que les animaux seront traités comme ils le sont aujourd’hui ».

J'envoie ce courrier à de nombreuses personnes concernées par la cause animale et je le diffuserai sur le Web aussi largement que possible. Car je veux continuer de me battre, n'en déplaise à tous ceux qui vivent de l'exploitation et de la souffrance des animaux.

Dominique GRANGE, Chanteuse engagée. Le 29/01/2019


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Abattoir de cochons de Houdan

  • Article du Vendredi 1 mars 2019

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Le procès s’est tenu le 21 février à Versailles

En février 2017, nous révélions des images de l’abattoir de Houdan, dans les Yvelines. Sur ces vidéos, des scènes d’une violence effroyable : le couloir et la rampe menant au dispositif de gazage censé « étourdir » les animaux sont si mal conçus que certains se retrouvent coincés, tétanisés par la peur. Des employés s’acharnent alors sur des cochons pour les faire avancer à coups de pieds, de chocs électriques et de « mouvette », parfois jusqu’à les sonner.

Suite à notre plainte, le procureur de la République ouvre une enquête et poursuit en justice pour plus de 60 infractions, le directeur de l’abattoir, trois salariés (dont un responsable protection animale) et... un agent des services vétérinaires.

Le directeur est poursuivi pour installations non conformes (cochons en surnombre dans les stabulations, difficulté d’abreuvement, rampe d’amenée vers le dispositif de gazage inadaptée, porte antiretour défaillante), personnel non qualifié (mauvaises pratiques des employés) et pratiques insalubres (cochons saignés à même le sol). Le procureur a requis 3 000 € d’amendes contre le directeur.

Les trois salariés sont poursuivis pour mauvais traitements. Le procureur a requis 400 €, 600 € et 750 € d’amende, 750 € étant le maximum suite au choix du parquet d’attribuer une seule contravention par type d’infraction alors que plusieurs animaux sont concernés. A contrario, concernant l’abattoir de Mauléon, le parquet de Pau avait attribué une amende par infraction.

Quant à l’agent des services vétérinaires, le procureur a également requis contre lui la peine maximale, soit 750 € d’amende : sur les vidéos, on le voit utiliser — de surcroît abusivement — l’aiguillon électrique pour faire avancer des cochons, alors qu’une de ses missions est précisément de veiller à ce que le personnel de l’abattoir n’en fasse pas un usage systématique et abusif. Pendant l’audience, ce fonctionnaire a déclaré : « Croyez-moi, je n’ai pas fait ça par plaisir. C’est un métier très dur et parfois on a l’impression d’être un kapo dans un camp de concentration. »

Le délibéré sera prononcé le 15 mars prochain.

→ Lire l'article du Parisien

→ Revoir l'enquête

Des peines encourues dérisoires

La peine maximale ici encourue pour plus de 60 infractions est de 6 000 €… Tellement peu au regard des souffrances supplémentaires endurées par les animaux dans ces lieux déjà violents et cruels par essence. Peut-on imaginer que cette sanction dissuadera les abattoirs d’enfreindre la réglementation ?

Garder espoir

Le procès de cet abattoir ainsi que celui de l’abattoir d’Alès ne laissent pas grand espoir quant au rôle de la justice aujourd’hui. Pourtant, il nous faut tout de même reconnaître la volonté des magistrats de porter ces dossiers devant les tribunaux, sans les classer sans suite d’un revers de la main comme c’est encore malheureusement le cas trop souvent : les abattoirs de Limogesde Pézenas et du Mercantour ne seront pas poursuivis. Des sanctions plus importantes ne peuvent venir que du législateur. Avec l’extension du délit de maltraitance animale aux transports et aux abattoirs, ce sera peut-être bientôt le cas.

L’espoir vient surtout de la prise de conscience globale qui s’opère actuellement en France. Nous sommes de plus en plus nombreux à refuser la violence des élevages, des transports et des abattoirs. Ainsi, l’hebdomadaire Stratégies cite un dirigeant de Franprix estimant que « les vidéos de l'association L214 ont changé la donne : “On voit des consommateurs devenir végétariens du jour au lendemain”. » « La baisse de la consommation de viande n'est plus un "truc de hipster" », y renchérit un fondateur de l’agence The Good Company. Le quotidien Les Échos souligne que « le travail des différentes associations, comme les vidéos choc de L214 tournées dans les abattoirs, a joué un rôle très important dans la prise de conscience ».

Par les changements individuels et collectifs, peu à peu, ensemble, nous faisons reculer la cruauté et diminuer le nombre d’animaux tués. Continuons de le faire avec bienveillance et détermination !