Bannière La pisciculture, un autre visage de l’élevage intensif

partager cet article du blog de L214

L’organisation de défense des animaux Compassion Over Killing a récemment publié une enquête sur les conditions d’élevage des saumons aux États-Unis. Les images ont été tournées dans une écloserie de saumons dans le Maine, une exploitation qui produit à elle seule des millions de poissons chaque année.

Rongés par des champignons ou des parasites, les saumons vivent dans des conditions tellement insalubres qu’ils doivent être vaccinés afin d’éviter la propagation de maladies. Mal anesthésiés, ils se débattent violemment tandis qu’on leur enfonce une aiguille dans le corps ou qu’on leur entaille les nageoires pour les identifier. Les animaux qui ne sont pas jugés « rentables » sont simplement jetés comme des ordures dans des bidons où ils suffoquent lentement ou meurent écrasés sous le poids de leurs congénères.

Comme dans toutes les formes d’élevage intensif (chez les poules ou les cochons notamment), l’extrême promiscuité donne lieu à des troubles du comportement, tel que le cannibalisme : « Si les poissons ne sont pas assez nourris, ils vont prendre la pupille des autres poissons pour de la nourriture. Ils vont alors s’y attaquer et la picorer. On voit parfois des yeux manquants » raconte un employé.

Les images montrent également le personnel de l’écloserie jeter des poissons dans un bassin situé à plusieurs mètres, les frapper contre une paroi, sur le sol ou à coups de pied.

Bassins surpeuplés, eaux sales, manque d’oxygène, parasitisme, abattage sans étourdissement… : la situation des poissons d’élevage n’est pas meilleure en France. En 2018, notre enquête dans des piscicultures et un abattoir du groupe Aqualande, leader français de la production de truites, levait le voile sur ce pan méconnu de l’élevage intensif. En France, ce sont 500 000 poissons qui sont tués chaque jour dans les abattoirs.

Voir l’enquête de L214 chez Aqualande

Les poissons sont des êtres sensibles

Les études scientifiques sont aujourd’hui claires : les poissons sont des êtres sensibles, au même titre que les animaux terrestres. Lena Lindström, éthologue, le confirme : « La majorité des biologistes, philosophes et neuroscientifiques s’accordent aujourd’hui pour dire que les poissons ressentent la douleur. [...] Toutes les raisons qui justifient que l’on s’abstienne de tuer et de consommer des vertébrés terrestres s’appliquent également aux poissons. »

De récentes études ont d’ailleurs révélé des aspects étonnants de la vie mentale et émotionnelle de ces créatures marines, ainsi que des comportements surprenants ! Saviez-vous par exemple que certains poissons monogames peuvent avoir des chagrins d'amours ? Qu’ils forment des chœurs et chantent comme le font les oiseaux ? Ou que le poisson-zèbre, comme les êtres humains, a un sommeil polyphasique ? Celui-ci passe ainsi par des phases de sommeil paradoxal, la période pendant laquelle les rêves surviennent chez l’homme. Quant au labre nettoyeur, un petit poisson tropical, il serait capable de se reconnaître dans un miroir !

Si nos cousins aquatiques vous intriguent, plongez-vous dans Les Paupières des poissons, de Sébastien Moro et Fanny Vaucher, une BD éthologique pleine d’humour, ou dans le fascinant ouvrage du biologiste Jonathan Balcombe, À quoi pensent les poissons ?

Lire notre entretien avec Lena Lindström, éthologue
En apprendre plus sur l’intelligence et la vie sociale des poissons

Bien se nourrir sans faire souffrir

La pisciculture est une forme d’élevage tout aussi cruelle que l’exploitation que l’on impose aux animaux terrestres. Pour ne pas nuire à ces êtres sensibles que sont les poissons, gardons-les hors de nos assiettes !

Il existe en effet des alternatives pour retrouver les saveurs marines, sans pour autant se priver des précieux oméga-3 et autres nutriments essentiels à notre santé. Pour bien se nourrir sans faire souffrir, rendez-vous sur le site Vegan Pratique.

Découvrir des recettes pour remplacer le poisson

 

Restez informés ! Pour ne rien louper de nos campagnes, des dernières nouvelles de l'association et des actions à mener pour défendre les animaux, inscrivez-vous à notre lettre d'info !


Bannière Pour des Kapparot de la compassion

partager cet article du blog de L214

Les 8 et 9 octobre, la communauté juive célébrera Yom Kippour, le Jour du Grand Pardon. Dans certaines communautés orthodoxes, cette fête sera précédée du sacrifice brutal d’innombrables poulets pour les Kapparot. Une fois encore, des voix s’élèvent, y compris dans la communauté juive, pour réclamer la fin de ces actes cruels envers les animaux.

Le sacrifice de poulets pour les Kapparot, un rituel cruel

 

Les Kapparot sont célébrées la veille ou les jours précédant la fête de Yom Kippour. Pour s’absoudre de leurs péchés, certains pratiquants font tourner plusieurs fois au-dessus de leur tête un poulet en prononçant des paroles rituelles. Les poulets sont ensuite sacrifiés selon le rite, c’est-à-dire qu’ils sont égorgés sans étourdissement et vidés de leur sang. Selon certaines interprétations du rite, leurs corps sont ensuite offerts aux plus démunis. Sur les images que nous avions obtenues en 2016, ils étaient jetés à la poubelle.

 

 

Cette mise à mort brutale n’est que la fin d’une longue période de souffrance pour les oiseaux : entassés dans des caisses, ils sont parfois laissés sans nourriture des jours durant, avant d’être égorgés et abandonnés à leur agonie – des pratiques décrites en détail et dénoncées par l’association états-unienne Alliance to End Chickens as Kaporos.
 

Des officiels israéliens encouragent à célébrer les Kapparot sans souffrance

 

Ces pratiques sont d’autant plus inacceptables qu’il est tout à fait possible d’accomplir le rituel des Kapparot avec de l’argent plutôt qu’en sacrifiant un poulet : cette année encore, des responsables politiques ou religieux ont d’ailleurs pris la parole pour le rappeler.

En septembre 2018, le Grand Rabbin Meir Mazouz a enjoint les pratiquants à donner de l’argent, notamment pour épargner aux oiseaux une terrible souffrance : « Comment cela peut-il apporter du réconfort aux plus démunis ? Parfois ces poulets sont entassés dans des voitures pendant des jours, c’est maltraiter les animaux ! ». Le rabbin a aussi rappelé que cette pratique est de peu d’utilité pour les pauvres : il considère qu’un don charitable pour les Kapparot permet d’aider plus efficacement ceux qui en ont le plus besoin.

Le lendemain de cette déclaration, c’était au tour du monde politique de faire entendre un appel à la compassion : le ministère de l’Agriculture israélien a ainsi lancé une campagne pour conseiller aux citoyens de fêter les Kapparot en utilisant de l’argent, et non pas un poulet. Un petit dessin animé a notamment été réalisé : on y voit un homme préparer un poulet pour les Kapparot, et tandis que celui-ci proteste contre son sacrifice, la voix off dit alors : « Cette année, célébrons les Kapparot avec de l’argent et venons en aide aux plus démunis. »

 

 

Les Kapparot aujourd’hui : l’heure de la compassion

 

Ce n’est pas la première fois que de hauts responsables appellent à la bienveillance envers les animaux, et demandent aux pratiquants d’épargner les poulets lors des Kapparot : les villes de Tel-Aviv, de Rishon Letzion et de Petach Tikva ont même d’ores et déjà interdit le sacrifice à cette occasion – une décision prise pour protéger les animaux. Mais en France, les responsables religieux tardent à prendre position publiquement au sujet des oiseaux brutalisés et tués pour les Kapparot.

En 2016, L214 avait pourtant appelé le Grand Rabbin de France et le Grand Rabbin de Marseille à s’exprimer en faveur des poulets sacrifiés. En réponse à notre enquête, les chefs religieux avaient d’ailleurs affirmé s’opposer au sacrifice des poulets tel qu’on peut l’observer sur nos images : « La très regrettable dérive que vous avez observée est en totale contradiction avec la Halakha (loi juive) et le droit français », précisait ainsi le Grand Rabbin de France dans la lettre qu’il adressait à L214 en 2016.

Espérons cette année que le vent tourne et que ces appels à la compassion soient enfin entendus.