Bannière Terreur dans une exploitation de vaches laitières en Bavière

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L’association de défense des animaux allemande Soko Tierschutz a récemment publié une enquête réalisée entre fin mai et fin juin 2019 dans le plus grand élevage de vaches laitières de Bavière, à Bad Grönenbach. Les images révèlent le traitement ignoble des animaux au sein de l’exploitation.

Derrière son apparence idyllique, Bad Grönenbach, un petit village de Bavière niché au creux de prairies verdoyantes, est le théâtre d’horreurs sans nom. Des animaux frappés et malmenés, sonnés sous une pluie de coups de pied, abattus à même le sol… Des vaches tirées par la queue ou soulevées par les pattes à l’aide d’un tracteur, la tête raclant le sol... Des animaux en grande souffrance, terrorisés, haletants, les yeux révulsés… Les images de cette exploitation géante, qui détient des milliers de vaches produisant près de 40 tonnes de lait par jour, sont particulièrement choquantes.  

En plus d’être violemment battus par les employés, les animaux, blessés et incapables de se déplacer par eux-mêmes, sont abandonnés à leur sort, sans soins, mettant parfois plusieurs jours à mourir dans de terribles souffrances.

Attention les images qui suivent sont particulièrement violentes.

 

 

Soko Tierschutz a porté plainte le 10 juin dernier, sans résultat. L’association a entamé ce mois-ci d’autres actions en justice contre le directeur de l’établissement et plusieurs employés, ainsi que contre un abattoir avec lequel travaillait l’élevage et un vétérinaire soupçonné d’avoir couvert les faits.

Le communiqué de presse de Soko Tierschutz (en allemand)

 

La production de lait entraîne de nombreuses souffrances pour les animaux : inséminations à répétition, séparation des mères et de leurs petits, sélection génétique pour produire toujours plus, abattage précoce...

Nous pouvons éviter ça. Chacun, à notre niveau, nous pouvons agir simplement en changeant nos habitudes de consommation, par exemple en remplaçant les produits laitiers par des alternatives végétales (et savoureuses !). Collectivement, nous devons agir sans relâche pour un changement sociétal profond. Interpellons nos responsables politiques et les entreprises pour amorcer la transformation de nos modèles alimentaire et agricole.

Ensemble, nous pouvons mettre un terme au malheur des animaux.

 


Bannière Des hublots sur des vaches : comment stopper ce cauchemar ?

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Quand on l’a évoqué la première fois, j’étais incrédule. Des vaches à hublot ? Aujourd’hui en France ? Je savais que ça existait dans les années 70 mais aujourd’hui, c’était impensable, n’est-ce pas ?

Et pourtant me voici face à ces images hallucinantes de pratiques révoltantes. Des vaches à qui on a perforé l’estomac pour pouvoir trifouiller dedans en toute tranquillité. J’ouvre, je ferme. Ça coince ? Je m’acharne. Ici, sur des êtres vivants, on bricole, on teste de la nourriture pour trouver le moyen de les pousser à produire toujours plus et plus vite. Je n’en reviens toujours pas.

Les chercheurs auraient-ils oublié qu’ils ont affaire à des êtres doués de sensibilité ? Que fait le gouvernement ? Pourquoi laisse-t-il faire ? Peut-être parce que ses ministres se fichent du sort des animaux ? Peut-être parce qu’il s’agit du groupe Avril, agro-industriel surpuissant en France ?

Même les conditions de détention de ces animaux sont écœurantes : hangar morne et gris, sol bétonné, mouillé et glissant. Les vaches se couchent à même leurs excréments... Quelle misère.

Et les poulets ? Ils ont été  poussés à grossir tellement vite que c’est à peine s’ils tiennent sur leurs pattes.

La course effrénée à la productivité ne s’embarrasse pas de considération pour les animaux.

Suite à la diffusion de nos images, notre pétition a déjà récolté plus de 200 000 signatures, preuve de notre indignation collective, et même le ministre de l’agriculture, Didier Guillaume, a été obligé de réagir pour tenter de justifier ces pratiques.

En exposant la réalité au grand jour, en montrant la façon dont sont traités les animaux, nous provoquons des prises de conscience. Pour garder sa puissance, l’agro-industrie doit garder ses secrets : nous sommes bien décidés à continuer de les exposer aux yeux de tous.

Si vous pensez que nos actions font avancer la cause des animaux, pensez à soutenir L214 par un don. 

 

Pour les animaux, ne lâchons rien.

Merci,

Brigitte Gothière
Cofondatrice de L214

 

P.S. Si vous êtes imposable, vos dons à L214 sont déductibles à 66 % de votre impôt sur le revenu. Cet avantage fiscal est maintenu avec le prélèvement de l’impôt à la source. Ainsi, un don de 50 € vous revient à 17 € après réduction fiscale. Faites-en profiter les animaux !

 


Bannière L214 assignée en justice pour avoir montré la mise à mort des animaux

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Le 14 octobre prochain, L214 est convoquée devant le tribunal correctionnel de Pau pour atteinte à l'intimité de la vie privée d'autrui suite à la diffusion des conditions de mise à mort des animaux dans l’abattoir de Mauléon-Licharre en 2016.

Pourquoi cette assignation en justice ? Nous n’avons pourtant jamais montré le visage des ouvriers ni diffusé leur nom : nous avons au contraire souligné que ces hommes, s’ils devaient répondre de certains de leurs actes devant la justice, ne devaient pas servir de boucs émissaires. Se décharger sur eux de notre responsabilité collective à faire tuer sans pitié 3 millions d’animaux chaque jour aurait d’ailleurs été trop facile !

Nous risquons un an d'emprisonnement et 45 000 € d’amende pour avoir dévoilé ce qui se déroule dans ces boîtes noires que sont les abattoirs…

 

→ Soutenir L214 par un don

 

Dans ce petit abattoir certifié bio, les agneaux étaient frappés, voire jetés pour les amener au poste d’abattage, ils étaient parfois assommés à coups de crochet métallique. Leur « étourdissement », ainsi que celui des veaux, était souvent défaillant, ce qui les amenait à reprendre conscience une fois suspendus par une patte, la gorge sectionnée. Surtout, on pouvait voir la terreur de ces animaux et les souffrances aigües engendrées par leur abattage. Aurions-nous dû garder ces images cachées, et laisser cette situation perdurer ?

La violence de ces images est telle qu’elles ont provoqué la fermeture de l’abattoir pendant près de 2 mois pour mise aux normes. Suite à notre plainte, l’abattoir, son directeur et 4 employés ont d’ailleurs été condamnés – trop faiblement en ce qui concerne l’abattoir – l’année dernière par la justice.

Comment faire réagir les pouvoirs publics sans diffuser de telles images ? Comment permettre à la justice de juger ces faits lorsque les services de contrôle de l’État sont défaillants ?

 

 

Cette enquête a en outre permis une prise de conscience massive : les pratiques que nous révélons ne sont pas des exceptions, mais bien la norme. Plus personne ne peut ignorer qu’être mis à mort dans un abattoir est épouvantable, et pire encore si des infractions à la réglementation sont commises.

Nous devons continuer cet indispensable travail de terrain, exposer au grand jour la façon abjecte dont on traite les animaux et faire reculer, jusqu’à les faire disparaître, les souffrances que nous leur infligeons. Mais ce n’est pas possible sans votre aide.

Si comme nous, vous êtes convaincu⋅e du bien-fondé de l’action de L214 et de son efficacité, soutenez son travail par un don


Bannière Marche pour la fermeture des abattoirs – Interview d’une artiste engagée

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En juin 2019, la Marche pour la fermeture des abattoirs se tiendra dans une quinzaine de pays. À Paris, la 8e édition aura lieu le 8 juin. En 2018, cet événement politique, rassembleur et porteur d’espoir avait rassemblé plus de 4 000 personnes. 4 000 personnes venant revendiquer la fin d’un massacre effroyable : celui des 3 millions d’animaux terrestres qui sont tués dans les abattoirs et des dizaines de millions d’animaux aquatiques qui agonisent dans les filets de pêche et sur les ponts des bateaux, chaque jour, rien qu’en France.

 

 

→ Le site de la Marche pour la fermeture des abattoirs

→ L’événement Facebook de la Marche pour la fermeture des abattoirs 2019

 

En 2018, nous avions fait appel aux talents de l’illustratrice Joëlle Merizen, qui avait su attirer le regard du public sur le triste sort réservé aux animaux d’élevage.

Cette année, c’est Diane Özdamar qui a prêté son pinceau pour la 8e Marche. Dans un style réaliste, l’illustratrice propose un visuel puissant : une vache, dont la robe représente un globe terrestre, rompt le licol qui la tire vers la mort et dirige son regard vers l’avenir, vers la vie et la liberté.

 

 

Diane, artiste engagée installée à Montréal, a accepté avec enthousiasme notre demande et s’est prêtée au jeu de l’interview, que nous partageons avec plaisir avec vous.

 

Bonjour Diane, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Bonjour ! Je m'appelle Diane Özdamar, je suis une illustratrice et photographe française de bientôt 34 ans, expatriée à Montréal depuis avril 2017. Je suis également végane et très concernée par la cause animale. Je travaille pour la compagnie de jeux vidéo Playtika, et je consacre une bonne partie de mon temps libre à offrir des illustrations et séances photos gratuites pour des refuges et associations.

 

Comment définirais-tu ta démarche artistique ?

Pour ce qui est de mon travail d'illustration, je ne sais pas si on peut parler de démarche artistique au sens propre du terme, étant donné que je peins plutôt en fonction de l'inspiration du jour et des émotions générées par la musique que j'écoute en travaillant. En revanche, pour la partie photographie animalière, je vise à montrer sous un angle positif les animaux mal-aimés tels que les rats et autres petits rongeurs. Il me semble important de redorer l'image de ces animaux qui sont victimes de nombreux abus et souffrent d'une mauvaise réputation injustifiée.

 

Travailler pour L214 peut apparaître comme un acte engagé, es-tu toi-même sensible à la mission de l’association ?

Je suis très sensible à la mission de l'association, qui est en total accord avec mes convictions personnelles. C'est pour cette raison que j'ai immédiatement accepté de réaliser l'affiche pour la Marche pour la fermeture des abattoirs 2019, il est en effet temps que nous prenions conscience de l'impact terrible que nous avons sur la vie des animaux et sur l'environnement de manière générale.

Je ne pense pas que tout le monde ait la capacité de se sentir touché par le sort des animaux de ferme ou par l'impact environnemental de l'élevage, en revanche il me semble très important que les gens aient conscience de ce qu'implique l'achat d'œufs, de produits laitiers et de viande. Qu'ils aient un aperçu des conditions de vie qu'endurent ces animaux, un aperçu de ce qu'il se passe derrière les murs opaques d'un abattoir, pour pouvoir choisir en connaissance de cause de participer ou non à cette industrie mortifère.

J'ai pour ma part longtemps vécu dans une dissonance cognitive que j'assumais difficilement, me sentant très concernée par la souffrance des animaux mais continuant à consommer leur chair parce que c'est ce que « tout le monde faisait », et que j'avais grandi dans une famille d'agriculteurs (ma mère élevait des moutons Suffolk), où le végétarisme était perçu comme un étrange concept menant forcément à de nombreuses carences (ce qui est faux pour peu qu'on se complémente en vitamine B12 et qu’on diversifie correctement son alimentation, mais cette croyance est encore très répandue). Puis, avec le temps et mon investissement dans la protection animale, j'adoptais notamment des rats issus de sauvetages et j’en prenais régulièrement en famille d'accueil pour les soigner et leur trouver ensuite une famille définitive. Grâce aux vidéos telles que celles diffusées par L214, j'ai pu mettre des mots sur ce qui me dérangeait dans mes habitudes de consommation, prendre conscience du fait que je ne voulais absolument plus participer à ce massacre d'animaux et me tourner vers le véganisme, en 2015, après près de huit ans de végétarisme.

 

Peux-tu nous dire quelques mots sur ce visuel pour la Marche pour la fermeture des abattoirs et la façon dont tu l’as abordé ?

J'ai tout de suite beaucoup aimé le concept qui m'a été proposé, c'est un thème fort, porteur, et dont il est important de parler, comme je l'ai mentionné ci-dessus.

C'est la première fois que je peignais une vache, ce qui m'a donné beaucoup de fil à retordre quant à son anatomie. Il m'a fallu visionner des vidéos de vaches en mouvement, trouver des planches d'anatomie animale et faire plusieurs études préparatoires pour pouvoir proposer une vache assez réaliste pour générer, du moins je l'espère, de la sympathie. Nous savons tous à quoi ressemble une vache, ce qui rend une grosse erreur anatomique très facile à déceler, perturbant alors la lisibilité de l'image.

Ayant un style plutôt réaliste, j'ai souhaité pousser le détail encore plus qu'à l'accoutumée, afin de la rendre aussi « vivante » que possible pour appuyer le message.

 

 

As-tu d’autres travaux en lien avec la défense animale ?

J'ai publié l'année dernière un livre de photographies de rats domestiques, Fancy Rats, Portraits and Stories, aux éditions Amherst Media, dont la totalité des bénéfices est utilisée dans le but d'aider les animaux abandonnés dans des refuges, soit en reversant directement les bénéfices sous forme de dons, soit en investissant, plus rarement, dans de nouveaux fonds et petits décors pour étayer mon mini studio photo, et offrir des séances aux refuges et associations qui le souhaitent, afin de donner plus de visibilité aux animaux en attente d'une famille.

 

Ce livre met en avant de nombreux portraits pris lorsque j'étais famille d'accueil ainsi que des portraits des rats que j'avais adoptés, et de ceux adoptés par des amis, et donne quelques conseils pour bien s'occuper de ces adorables petits rongeurs, dont la propreté, la grande intelligence et la personnalité très marquée sont à mille lieues de l'image négative véhiculée auprès du grand public.

 

Quels sont les autres combats qui te touchent ?

De manière générale, je suis très touchée par toutes les injustices sociales. Les souffrances humaine et animale ne sont pour moi pas dissociables, je ne place pas un combat au-dessus d'un autre : on peut très bien soutenir divers organismes et tenter d'œuvrer à son échelle pour plusieurs causes, contrairement à ce qui est souvent avancé par les personnes refusant l'idée du végétarisme/véganisme. J'essaie donc de donner également de mon temps et de faire des dons à des associations humanitaires notamment d’aide aux sans-abri et de parrainage d'un enfant via Plan International pour des frais de scolarisation, à défaut de pouvoir faire plus.

 

Peux-tu nous parler de tes futurs projets ?

Je suis actuellement en train de peindre une série de portraits d'animaux humanoïdes intitulée « Alternate Evolution » (ndlr : évolution alternative). Ce qui était à la base un simple exercice pour apprendre à mieux peindre divers types de fourrure et autres textures est devenu un projet à part entière, questionnant, bien qu'encore de manière un peu confuse, notre rapport au territoire et à la violence. Je ne sais pas encore vraiment comment ce projet va évoluer, mais je pense élargir cette série de portraits à des scènes plus générales, mettant en abîme les dérives de la société humaine. Affaire à suivre ! :)

 

Merci encore Diane !

→ Découvrir le travail de Diane Özdamar

 

Rendez-vous samedi 8 juin 2019 place de la République à Paris pour revendiquer avec nous un monde sans abattoirs ! Montrons que nous sommes nombreuses et nombreux à vouloir de toutes nos forces un monde plus juste pour tous les animaux et que nous sommes plus déterminés que jamais !

 


Bannière Climat : les manœuvres des filières d’élevage pour contrer l’expertise scientifique

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Le rôle des pâturages dans l’absorption du CO2 est largement surestimé par les défenseurs de l’élevage.

Il est désormais connu que des lobbies influents ont cherché à semer le doute auprès des pouvoirs publics et des citoyens sur les effets néfastes du tabac, de l’amiante ou du réchauffement climatique. Aujourd’hui, les lobbies de l’agroalimentaire mobilisent les mêmes mécanismes pour insuffler une incertitude scientifique face à des rapports internationaux accablants, dans le but de défendre les « bénéfices des prairies » et les « atouts » d’un modèle agricole devenu obsolète.

 

La vache qui cache la forêt

Selon l’Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le secteur de l’élevage est responsable de 14,5 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde, dont 8,8 % pour l’élevage bovin. En évoquant récemment l’impact des productions animales sur le climat, l’animateur Nagui a provoqué une contre-communication indignée de la part des filières de productions animales, déployée à grand renfort d’éléments de langage évoquant un « modèle agricole français » bucolique et bénéfique pour l’environnement. Comme souvent, l’Institut de l’élevage ou Interbev (l’interprofession du bétail et des viandes), qui s’emploient à défendre l’élevage face aux attentes ou aux critiques de la société, disposent en vitrine des élevages champêtres d’animaux herbivores élevés « en prairies », qui auraient au contraire, selon eux, un impact positif sur l’environnement : l’activité de pâturage, en contribuant au stockage du carbone dans les sols, permettrait de compenser les émissions de gaz à effet de serre dues à l’élevage de bovins, entretiendrait nos paysages et favoriserait la biodiversité.

Ambassadeurs permanents de l’élevage français et vedettes de toutes les affiches de salons agricoles, les bovins de nos campagnes ne représentent pourtant qu’une part négligeable du milliard d’animaux tués chaque année dans les abattoirs français. Par exemple, les 4 727 000 bovins abattus en France en 2016 ne comptent que pour 0,4% du total vertigineux d’animaux abattus : 23 millions de cochons, 69 millions de canards, 43 millions de poules, 180 millions de truites d’élevage et plus de 800 millions de poulets. En élevage intensif, sans accès à l’extérieur et loin du « modèle agricole » vendu par les communicants des filières, 83 % de ces millions d’oiseaux grandissent à un rythme accéléré, entassés dans des bâtiments fermés, tandis que 95 % des cochons passent leur courte vie dans des enclos en béton, composant ainsi le modèle agricole dominant. Cette réalité illustre un problème sérieux : les interlocuteurs agricoles des institutions et des médias ne représentent pas la réalité de l’élevage français.

 

Le méthane entérique, la bête noire du climat

Dans la communication des filières agricoles, les « prairies » où paissent une partie de ces vaches sont vantées pour leur faculté d’absorption du CO2. Le terme de « prairie » est bien choisi : il évoque immédiatement de vastes étendues où de hautes graminées ondulent à perte de vue sous les caresses du vent, riches de fleurs multicolores ou de papillons. Il suffit pourtant de parcourir le territoire pour s’apercevoir qu’en lieu de vastes prairies, le paysage se compose essentiellement de prés dont l’herbe est maintenue rase par le pâturage. En effet, en broutant, les vaches réduisent la masse végétale qui pourrait y pousser et y absorber le CO2 plus efficacement. En outre, les ruminants rejettent d’importantes quantités de méthane, un gaz à effet de serre dont le potentiel de réchauffement est 25 fois supérieur au gaz carbonique.

Contrairement à ce qu’affirment les syndicats agricoles, cette importante production de méthane entérique est loin d’être compensée par le potentiel d’absorption des prairies, qui pourraient être plus efficaces pour lutter contre le réchauffement si elles étaient valorisées en vergers, céréales, vignes ou par la sylviculture, sans la présence d’animaux. Plus éloquent encore, un courrier de la Coordination rurale adressé à Ségolène Royal en 2014 montre le syndicat à l’œuvre pour exclure le méthane entérique de la stratégie « Bas Carbone » du gouvernement : « Si, par votre voix, le gouvernement envisage de retirer cet amendement du projet définitif, il fera courir un grave risque à l'élevage français et conduira certainement à sa disparition. Il est absolument impossible pour les éleveurs de stopper ou réduire les émissions de méthane produit lors de la digestion des ruminants. »

Si on voulait illustrer plus sérieusement la contribution des élevages au paysage français, un rapport sur la teneur en nitrates des cours d’eau ou sur la prolifération désastreuse des algues vertes sur les côtes de Bretagne serait sans doute plus représentatif de l’impact qu’a l’élevage sur notre environnement.

 

Viande, lait & climat = un lien indéniable

S’ajoutant au constat établi par la FAO, le 55e rapport du GIEC estime que la simple application des recommandations nutritionnelles de la Harvard Medical School – qui conseillent de limiter la consommation moyenne de viande de ruminants à 10 g par jour et la consommation des autres viandes, du poisson et des œufs à 80 g par jour – permettrait de réduire de 36 % les émissions de GES d’origine agricole, et de plus de 8,5 % les émissions totales de GES. Par ailleurs, une récente étude pilotée par l’Université d’Oxford et publiée par un collectif d’une vingtaine de chercheurs dans la revue Nature invite les habitants des pays occidentaux à réduire leur consommation de bœuf de 90 % et le lait de 60 %, au bénéfice des fruits et des légumineuses, afin de minimiser l'impact de l'alimentation humaine sur l'environnement.

Enfin, à mesure que le public découvre les tristes réalités de l’industrie des élevages et des abattoirs, la légitimité de mettre à mort tant d’animaux pour produire une nourriture dont personne n’a besoin pour être en bonne santé fait l’objet d’un questionnement croissant. Parce qu’un modèle agricole n’est pas une pièce de musée, parce que se nourrir sans viande n’est pas renoncer au plaisir, parce que le talent de nos agriculteurs et de nos restaurateurs est multiple, parce que les produits de nos maraîchers, céréaliers, vignerons ou brasseurs d’aujourd’hui composent une cuisine savoureuse au fil des saisons, la France n’est-elle pas déjà riche de la gastronomie de demain ?

 


Bannière Fake news : Non, les animations de L214 dans les établissements scolaires n’ont pas été « interdites »

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L’info circule sur les réseaux agricoles : les animations pédagogiques proposées par L214 Éducation en milieu scolaire auraient été « interdites » par une circulaire de l’Éducation nationale. En réalité, une lettre du ministère indique seulement que L214 ne compte pas parmi les associations agréées par l’E.N pour des animations en lien avec l’éducation « à la santé et à l’alimentation ».

 

Que dit la lettre de l’Éducation Nationale ?

Daté du 17 janvier, ce courrier invite les établissements scolaires à privilégier les interventions d’associations agréées pour évoquer en classe l'éducation à l'alimentation et à la santé. Il précise que L214 ne compte pas parmi les associations agréées dans ce domaine. Cette allusion est étonnante, dans la mesure où L214 Éducation ne propose aucun atelier sur la thématique de l’alimentation, ni aucun document dont le contenu serait, par exemple, en contradiction avec les termes du Plan National Nutrition Santé (PNNS). Par ailleurs, la liste des associations agréées – qui compte 195 associations comme Amnesty International, par exemple – ne compte aucun organisme dédié à l’éducation à l’alimentation.

 

Quelles animations propose L214 Éducation en classe ?

 

Alors, pourquoi cette lettre a-t-elle été adressée aux établissements scolaires, cosignée par des représentants du… ministère de l’Agriculture ? L’envoi de ce courrier fait, en réalité, suite à des courriers et des rendez-vous de lobbying à l’initiative de plusieurs syndicats agricoles – dont la FNSEA et la Coordination Rurale – mobilisés à l’encontre de la démarche L214 Éducation et reçus à la mi-janvier par Benoît Bonaime, conseiller enseignement agricole, recherche innovation et relations sociales au ministère de l’Agriculture, comme le détaille ici la Coordination Rurale. L214 a dénoncé de fausses affirmations de la part du syndicat agricole, et a entamé une procédure pour faire valoir ses droits à cet égard.

 

Qu’est-ce que l’agrément Éducation nationale ?

L’absence d’agrément Éducation nationale n’interdit pourtant pas aux associations d’intervenir en milieu scolaire : si l'agrément E.N constitue un « label de qualité », les interventions d’associations non agréées « ne sont pas interdites », comme le précise ici le Ministère de l’Éducation nationale. Elles restent simplement soumises à l'autorisation préalable de l'inspecteur de circonscription en primaire, et du chef d'établissement en secondaire, dans le respect de la liberté pédagogique des enseignants, comme le précise Ouest-France.

De nombreux acteurs de l’élevage et des industries animales (Interbev pédagoqie, Culture-Viande, le CNIEL...) conduisent d’ailleurs chaque année un grand nombre d’animations scolaires ou diffusent des supports dans les écoles pour promouvoir auprès des élèves la consommation de viande ou de produits laitiers, sans aucun agrément de l’Éducation Nationale. Interbev, l’interprofession du bétail et des viandes, annonce ainsi mener des animations « dans 1 500 écoles primaires partout en France soit auprès de 225 000 élèves. »

De son côté, L214 Éducation propose de nombreuses animations, sur des thèmes variés (défense des animaux, droits des animaux, éthologie...), en lien avec diverses disciplines (sciences, philosophie, géographie…), qui n'ont pas de rapport avec l’éducation « à la santé et à l’alimentation ».

 

Des ressources pédagogiques sourcées

Respect, tolérance, considération pour autrui : la défense des animaux est en phase avec les valeurs citoyennes de l’école. Très actuelle dans le débat public, la défense des animaux se trouve soulevée dans le cadre de diverses disciplines : en enseignement moral et civique (EMC), en sciences de la vie et de la terre, en philosophie ainsi qu’en géographie, où le vaste chapitre « Nourrir les hommes » interroge les systèmes actuels de production alimentaire et les habitudes de consommation au regard de leur durabilité et de leur impact sur les animaux, l’environnement, la santé humaine, la faim dans le monde et la gestion des ressources (en eau, en surfaces agricoles…). Notre apport d’ONG spécialisée en éthique animale et dans les questions d’élevage peut donc être pertinent, et nous nous voyons de plus en plus sollicités par des enseignants.

L’offre éducative de L214 est établie sous le contrôle d’un Conseil scientifique qui rassemble plusieurs spécialistes en sciences naturelles, droit animalier, médecine vétérinaire, psychologie de l’enfant, philosophie et éthique, pédagogie.... Attachés à l’accès du public à une information sérieuse, nous développons des outils éducatifs sur le monde animal sur un mode factuel et encyclopédique, dont certains sont réalisés en partenariat avec la Fondation 30 Millions d’Amis. Ils sont réunis sur le site dédié education.L214.com et s’appuient sur l’état des connaissances scientifiques en biologie, éthologie, sur l’état de la législation en vigueur ainsi que sur des sources d’information officielles (FAO, Agreste, EFSA…).

 

Pour en savoir plus, découvrez la démarche L214 Éducation

 

 

 


Bannière [Vidéo] Requiem pour les abattoirs

[Vidéo] Requiem pour les abattoirs


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Dominique Grange et Jacques Tardi ont publié un recueil illustré de chansons révolutionnaires reprises des années 1970. Parmi ces textes, un nouveau, inédit consacré à la question animale, pour lequel Dominique et Jacques ont réalisé une vidéo. Youtube a censuré cette vidéo. Dominique nous appelle à réagir.

YOUTUBE vient de censurer le clip de ma chanson "REQUIEM POUR LES ABATTOIRS" qui serait une « incitation à la violence », alors qu’elle est au contraire une dénonciation de la violence faite aux animaux et des souffrances qu’ils subissent avant de finir dans nos assiettes. La vidéo a donc été supprimée de YouTube. Si vous partagez mon indignation et ma colère, merci de relayer l’info, ainsi que le courrier ci-dessous que j’adresse, aux censeurs de Youtube !

Où est la violence?...

Mais où est la violence, sinon du côté de ceux qui l’exercent contre les animaux ? Du côté de ceux qui les torturent, les broient, les mutilent, leur imposent une vie de misère, confinés dans des cages à pateauger dans leurs excréments, reclus dans des fermes-usines, des élevages intensifs où jamais ils ne voient le soleil, dans des cuves où ils tournent en rond par milliers du matin au soir, transportés dans des conditions épouvantables au fond des cales de bateaux, dans des camions où ils transitent de longs jours et de longues nuits sans assistance, se piétinent, se blessent, meurent souvent de leurs blessures ou de déshydratation, et agonisent au milieu de leurs congénères terrorisés par ce voyage dont ils pressentent l'issue fatale...

Où est la violence?

Non, messieurs les censeurs de Youtube, la vidéo de ma chanson, "Requiem pour les abattoirs", n'est pas une incitation à la violence. Elle est même tout le contraire : une incitation à en finir avec celle qui s'exerce quotidiennement et dans le monde entier à l'encontre des animaux ! Oui, elle est un réquisitoire contre cette cruauté sans limites qui donne aux humains tout pouvoir sur des êtres vivants reconnus sensibles : le pouvoir de les priver de liberté et de tout ce qui peut répondre à leurs besoins, de les exploiter de toutes sortes de façons, d'en faire des objets destinés à l'expérimentation scientifique ou à l’industrie cosmétique, de programmer la fin de leur vie et enfin, de se nourrir de leur chair après les avoir torturés ! Un droit de vie et de mort absolu, en somme, sur des êtres vivants, sentients mais privés de parole, donc incapables de se défendre. Là voilà, la violence que je dénonce dans le texte de ma chanson, laquelle s'appuie sur des images vraies, autant de témoignages authentiques extraits de vidéos tournées par des militants de diverses associations qui toutes se battent pour la défense des droits des animaux : L214, Peta France, One Voice, Animals International, Eyes on Animals, TSB, Animal Welfare Foundation et CIWF, Animals'Angels e.v., End pig pain, Swiss Animals Protection East International, Mercy for Animals, Acscct.org... Mais croyez-vous donc pouvoir nous faire taire en nous censurant ainsi ? Croyez-vous pouvoir empêcher de continuer à agir tous ces lanceurs d'alertes qui jouent depuis un certain temps un rôle si essentiel dans la prise de conscience de dizaines, de centaines de milliers, peut-être même de millions de personnes à travers la planète ? J’ignore qui a pu — comme vous l’écrivez dans l’Avertissement que vous m’avez adressé — « signaler » notre clip... Ce que je sais c’est que toutes les images que nous avons utilisées proviennent de vidéos largement diffusées sur Internet, et que c’est grâce à elles, aujourd’hui, que nous sommes de plus en plus nombreux à ne plus accepter cette violence comme quelque chose de normal. Et c’est pourquoi, malgré vous, malgré les lobbies embusqués pour nous empêcher d’agir, nous continuerons de la dénoncer publiquement et sans relâche, par tous les moyens dont nous disposons !

Alors, s'il vous plaît, messieurs les censeurs de youtube, prenez conscience à votre tour de la réalité et répondez-moi : de quel côté est la violence ? Du côté de ceux qui la dénoncent ou du côté de ceux qui l’exercent ?

Et puis méditez cette phrase de Léonard de Vinci : « Viendra un jour où d'autres hommes tels que moi considéreront le meurtre des animaux comme ils considèrent aujourd'hui le meurtre des hommes. »

Et encore celle-ci, de Isaac Bashevis-Singer : « Je ne prétends pas sauver beaucoup d’animaux de l’abattoir, mais mon refus de manger de la viande est une protestation contre la cruauté… Personnellement, je ne crois pas qu'il puisse y avoir de paix dans ce monde tant que les animaux seront traités comme ils le sont aujourd’hui ».

J'envoie ce courrier à de nombreuses personnes concernées par la cause animale et je le diffuserai sur le Web aussi largement que possible. Car je veux continuer de me battre, n'en déplaise à tous ceux qui vivent de l'exploitation et de la souffrance des animaux.

Dominique GRANGE, Chanteuse engagée. Le 29/01/2019


Bannière Abattoir de cochons de Houdan

Abattoir de cochons de Houdan


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Le procès s’est tenu le 21 février à Versailles

En février 2017, nous révélions des images de l’abattoir de Houdan, dans les Yvelines. Sur ces vidéos, des scènes d’une violence effroyable : le couloir et la rampe menant au dispositif de gazage censé « étourdir » les animaux sont si mal conçus que certains se retrouvent coincés, tétanisés par la peur. Des employés s’acharnent alors sur des cochons pour les faire avancer à coups de pieds, de chocs électriques et de « mouvette », parfois jusqu’à les sonner.

Suite à notre plainte, le procureur de la République ouvre une enquête et poursuit en justice pour plus de 60 infractions, le directeur de l’abattoir, trois salariés (dont un responsable protection animale) et... un agent des services vétérinaires.

Le directeur est poursuivi pour installations non conformes (cochons en surnombre dans les stabulations, difficulté d’abreuvement, rampe d’amenée vers le dispositif de gazage inadaptée, porte antiretour défaillante), personnel non qualifié (mauvaises pratiques des employés) et pratiques insalubres (cochons saignés à même le sol). Le procureur a requis 3 000 € d’amendes contre le directeur.

Les trois salariés sont poursuivis pour mauvais traitements. Le procureur a requis 400 €, 600 € et 750 € d’amende, 750 € étant le maximum suite au choix du parquet d’attribuer une seule contravention par type d’infraction alors que plusieurs animaux sont concernés. A contrario, concernant l’abattoir de Mauléon, le parquet de Pau avait attribué une amende par infraction.

Quant à l’agent des services vétérinaires, le procureur a également requis contre lui la peine maximale, soit 750 € d’amende : sur les vidéos, on le voit utiliser — de surcroît abusivement — l’aiguillon électrique pour faire avancer des cochons, alors qu’une de ses missions est précisément de veiller à ce que le personnel de l’abattoir n’en fasse pas un usage systématique et abusif. Pendant l’audience, ce fonctionnaire a déclaré : « Croyez-moi, je n’ai pas fait ça par plaisir. C’est un métier très dur et parfois on a l’impression d’être un kapo dans un camp de concentration. »

Le délibéré sera prononcé le 15 mars prochain.

→ Lire l'article du Parisien

→ Revoir l'enquête

Des peines encourues dérisoires

La peine maximale ici encourue pour plus de 60 infractions est de 6 000 €… Tellement peu au regard des souffrances supplémentaires endurées par les animaux dans ces lieux déjà violents et cruels par essence. Peut-on imaginer que cette sanction dissuadera les abattoirs d’enfreindre la réglementation ?

Garder espoir

Le procès de cet abattoir ainsi que celui de l’abattoir d’Alès ne laissent pas grand espoir quant au rôle de la justice aujourd’hui. Pourtant, il nous faut tout de même reconnaître la volonté des magistrats de porter ces dossiers devant les tribunaux, sans les classer sans suite d’un revers de la main comme c’est encore malheureusement le cas trop souvent : les abattoirs de Limogesde Pézenas et du Mercantour ne seront pas poursuivis. Des sanctions plus importantes ne peuvent venir que du législateur. Avec l’extension du délit de maltraitance animale aux transports et aux abattoirs, ce sera peut-être bientôt le cas.

L’espoir vient surtout de la prise de conscience globale qui s’opère actuellement en France. Nous sommes de plus en plus nombreux à refuser la violence des élevages, des transports et des abattoirs. Ainsi, l’hebdomadaire Stratégies cite un dirigeant de Franprix estimant que « les vidéos de l'association L214 ont changé la donne : “On voit des consommateurs devenir végétariens du jour au lendemain”. » « La baisse de la consommation de viande n'est plus un "truc de hipster" », y renchérit un fondateur de l’agence The Good Company. Le quotidien Les Échos souligne que « le travail des différentes associations, comme les vidéos choc de L214 tournées dans les abattoirs, a joué un rôle très important dans la prise de conscience ».

Par les changements individuels et collectifs, peu à peu, ensemble, nous faisons reculer la cruauté et diminuer le nombre d’animaux tués. Continuons de le faire avec bienveillance et détermination !


Bannière Plus de 162 000 animaux brûlés vifs ou asphyxiés en 2018 dans des incendies d’élevage en France

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L’année 2018 a de nouveau été marquée par la quantité d’incendies en élevage, qui ont tué des dizaines de milliers d’animaux : nous avons recensé 55 incendies, mais ce nombre est très vraisemblablement en deçà de la réalité, car il ne tient compte que des cas relayés par la presse. Article après article, nous sommes témoins de l’indifférence de la société face à ces drames. Le ton choisi, invariablement laconique, dépourvu de toute émotion, reflète bien la façon dont on considère la mort de ces animaux : comme de simples pertes matérielles.

En 2018, 55 élevages ont brûlé, soit un incendie tous les 7 jours. Cela représente au moins 162 302 animaux qui sont morts brûlés vifs, ou asphyxiés1. Un élevage en flammes a vite fait de piéger un grand nombre d’animaux à la fois, étant donné qu’ils peuvent être entassés dans les bâtiments par milliers, voire centaines de milliers pour les oiseaux.

Tous ces animaux ont ressenti la terreur d’être piégés dans les flammes, et la souffrance d’être asphyxiés ou brûlés vifs. « Brûlés vifs », un terme rarement employé par la presse, qui ne s'attarde pas sur la détresse et la mort de ces animaux. Il n’est pourtant pas difficile d’imaginer que chacun de ces animaux a lutté de toutes ses forces pour échapper à une fin malheureusement écrite d’avance.

1 76 050 poules, coqs, poulets et poussins, 40 900 canetons, 20 000 cailles, 14 000 dindes, 6 010 lapins, 3 543 truies et porcelets, 209 vaches, taureaux et veaux, 669 chèvres, 919 brebis, béliers, et agneaux et 2 chevaux.

Quand les articles de presse confondent les animaux avec des objets

8 500 canetons brûlés dans l'incendie d'une stabulation la nuit du 10 au 11 janvier 2018

 

En janvier 2018, un incendie brûle vifs plusieurs milliers de canetons vraisemblablement âgés de quelques jours à peine. Pour décrire ce drame, on peut lire dans cet article du Journal de Saône-et-Loire : « À l'intérieur se trouvaient 8 500 canetons qui venaient d'être livrés ». Les animaux sont ainsi réduits à des produits « livrés » et perdus. Trois mois plus tard, on peut lire au détour d’un autre article : « ce site de 900 m², destiné au stockage de matériel, de fourrage et d’animaux ». Même principe dans un article paru en août, alors que deux cochons sont brûlés vifs : « environ 200 m² de dépendance agricole et 400 m² de hangar, où étaient entreposés du matériel agricole, du foin et deux porcs, étaient totalement détruits ». Les animaux sont à nouveau objectifiés. La mort des deux cochons ne sera d’ailleurs pas évoquée dans l’article et le mot « mort » jamais employé.

En Juin 2018, un article va encore plus loin en relatant un incendie qui a coûté la vie à 150 truies et 600 porcelets. On y lit que « le déblayage des animaux va prendre du temps car ils sont coincés sous les décombres ». Dans la langue française, le « déblayage » consiste à déplacer des éléments (souvent des gros objets) encombrants. À nouveau, les animaux ne sont vus que comme des choses, qui plus est encombrantes.

La perte de la valeur marchande

 

En mars 2018, on découvre dans un article de l’Est républicain : « Le premier bilan de l’incendie [...] est terrible. D’après les premiers éléments, et alors que la situation restait confuse, [l’exploitant] aurait perdu 25 vaches et/ou veaux sur un total de 120 ». Ici les vies animales ne sont pas estimées en tant que telles, mais uniquement comme une perte pour l’éleveur. C’est lui qui a « perdu » des animaux, et non les animaux qui ont perdu la vie.

Article après article, on constate que la mort de ces animaux n’est jamais considérée comme un drame en tant que tel, mais plus comme une perte financière ou matérielle pour les éleveurs. On ne considère pas ces animaux comme des individus à part entière, on ne s’attarde pas sur leur souffrance ou la peur qu’ils ont ressenti. Bien sûr, en tenant compte du fait que l’on tue chaque année plus d’un milliard d’animaux dans les abattoirs français, ces 162 000 animaux ne sont qu’une goutte d’eau. Pourtant ce sont 162 000 vies qui se sont tragiquement interrompues dans les flammes ou la fumée. Mais ne nous voilons pas la face : sans ces accidents dramatiques, ces animaux seraient quand même morts quelques jours ou semaines plus tard dans un abattoir.

En finir avec l’élevage

Il ne tient qu’à nous de changer cela : adopter une alimentation végétale est simple, accessible et permet d’éviter la souffrance et la mort de millions d’animaux. Tentez le coup, inscrivez-vous au Veggie Challenge ;)


Bannière Les Paupières des poissons

Les Paupières des poissons


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De la science colorée à l’aquarelle, le tout saupoudré d’une bonne dose d’humour : voilà la recette des Paupières des poissons, un album d’éthologie illustré à découvrir de toute urgence !

 

Les poissons ont-ils des paupières ?

Attention, cette question loufoque pourrait en entraîner bien d’autres. Car si les poissons n’ont pas de paupières, alors comment font-ils pour dormir ? Et si certains n’ont pas besoin de paupières car ils vivent dans l’obscurité, comment font-ils donc pour ne pas se cogner le petit orteil sur le premier rocher venu ?

Les Paupières des poissons, c’est un jeu de questions-réponses passionnant entre le vulgarisateur scientifique Sébastien Moro et l’illustratrice Fanny Vaucher. Une question en amenant une autre, le lecteur finira par en apprendre beaucoup sur les animaux aquatiques. Saviez-vous, par exemple, que certains poissons vivant dans les cavernes, comme les tétras aveugles, n’ont certes pas de paupières… mais qu’ils n’ont pas non plus d’yeux ? Et que d’autres poissons, comme les bien nommés poissons-revenants, peuvent quant à eux voir à travers leurs crânes ?

 

labre nettoyeur paupières poissons

 

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les poissons (sans jamais oser le demander).

Le texte ne s’arrête pas aux considérations ophtalmologiques, et s’interroge encore : est-ce que les poissons forment des couples ? Est-ce qu’ils se filent des coups de main (ou plutôt, des coups de nageoire) ? Est-ce qu’ils voient la mer en bleu ? Les auteurs fouillent les études scientifiques pour trouver des réponses à ces questions farfelues. Ils nous emmènent à la découverte des phénomènes les plus communs (si les poissons nagent en bandes sans se cogner, c’est grâce à leur ligne latérale) ou des animaux les moins connus (comme le fabuleux petit labre nettoyeur, qui mémorise plus d’une centaine de poissons et réussit sans sourciller le test du miroir !).

Expérience de lecture passionnante, Les Paupières des poissons nous familiarise également avec les méthodes scientifiques… Et là aussi, on en apprend de belles ! On découvre par exemple que les noms donnés aux espèces animales ne répondent à aucune règle, ce qui explique l’inventivité débordante de certains noms d’animaux, comme le poisson lapin à tête de renard (ou encore même l’acarien Dark Vador, et l’araignée Gryffondor, si si !). Et plus on en apprend sur l’intelligence et la sensibilité des poissons, plus on en vient à regretter, avec les auteurs, qu’ils soient chaque jour victimes de nos préjugés à leur égard.

 

labre nettoyeur seitan

 

Mieux connaître les poissons, c’est mieux les respecter !

Car c’est là toute la démarche des auteurs : découvrir que les poissons sont des êtres sociaux, sensibles et intelligents, c’est aussi comprendre qu’on devrait les traiter autrement. Selon Sébastien Moro : « Plusieurs travaux de sociologie semblent indiquer que plus le public connaît les capacités cognitives des autres animaux, et plus il est enclin à leur accorder de l’intérêt et du respect. C’est d’ailleurs ce qui oriente l’ensemble de mon travail ! »

Découvrir Cervelle d'oiseau, le site de vulgarisation scientifique de Sébastien Moro

 

Aussi, bien que Les Paupières des poissons fasse la part belle à l’humour, l’album n’occulte pas pour autant la réalité du traitement des poissons, et dessine un monde où ils seraient enfin respectés.

Les poissons aussi méritent le respect

 

Sébastien Moro et Fanny Vaucher, Les Paupières des poissons, Éditions La Plage, 2018.

 

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Bannière L214 publie son premier classement des chaînes de restaurants. And the winner is...

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Pour la première fois, L214 réalise un classement des chaînes de restaurants en fonction de leur offre végétale. Les résultats montrent qu’il y a encore beaucoup de chemin à parcourir pour répondre aux enjeux éthiques et environnementaux liés à l’alimentation.

Sur les 25 plus grands acteurs de ce secteur, seul Starbucks parvient à obtenir 8 points¹ en proposant un choix végétal de l’entrée au dessert. Un bémol cependant, les relevés effectués sur le terrain démontrent que cette proposition n’est pas encore disponible dans tous les cafés de la chaîne.

Viennent ensuite Sushi Daily, IKEA avec son hot-dog végétal, puis Domino’s Pizza, qui vient de lancer 2 recettes de pizzas vegan (avec une alternative végétale au fromage) et Sushi Shop, et enfin Subway et Courtepaille.

classement des plus grandes chaînes de restaurants selon leur offre veganEn revanche pour les enseignes Brioche Dorée, Buffalo Grill, Burger King, Campanile, Crescendo, Flunch, Hippopotamus, KFC, La Mie Câline, La Pataterie, Léon de Bruxelles, Marie Blachère, McDonald’s, Pizza del Arte, Pizza Hut, Poivre Rouge et Pomme de Pain, c’est un zéro pointé ! Les consommateurs flexitariens (qui représentent aujourd’hui entre 30 et 40 % de la population²), végétariens ou vegans n’ont aucune chance de trouver des alternatives correspondant à leurs préférences dans ces chaînes, et doivent se tourner vers d’autres enseignes qui envisagent déjà l'avenir comme Exki, Cojean, Prêt à Manger ou encore Dubble pour trouver une offre qui réponde à leurs attentes.

Les grandes enseignes de restauration doivent prendre conscience de leurs responsabilités, en revoyant leurs menus tout en satisfaisant une clientèle de mieux en mieux informée des enjeux et des bénéfices liés à une consommation plus végétale. Un rapport publié en octobre 2018 dans la revue scientifique Nature préconise d’ailleurs une diminution de 90 % de la consommation de viande afin d’enrayer le réchauffement climatique.

Par cet état des lieux, L214 souhaite mettre en lumière les évolutions alimentaires nécessaires dans les sociétés de restauration pour répondre à l’urgence environnementale et mettre fin aux problèmes éthiques générés par l’élevage.

 Lire le barème de notation et la FAQ

Dernière minute : Au moment où nous publions ce classement, Domino's Pizza nous informe que ses pizzerias proposeront une crème glacée vegan à partir d’avril 2019 et disposeront donc d’un menu végétal complet. Le prochain classement révèlera-t-il une avancée généralisée de l’offre sans produits animaux ?


¹ Voir barème et FAQ (lien)

² Étude Kantar Worldpanel


Bannière Plongée dans l'horreur des abattoirs espagnols

Plongée dans l'horreur des abattoirs espagnols

  • Article du Vendredi 11 janvier 2019

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Un cochon brûlé vif à l'aide d'un chalumeau, un agneau violemment jeté sur le sol, des animaux égorgés en pleine conscience : les images tournées dans 16 abattoirs en Espagne sont d'une extrême violence.

Le reporter photographe Aitor Garmendia, déjà connu pour son reportage sur les abattoirs au Mexique, a présenté le 26 décembre 2018 une nouvelle enquête réalisée entre 2016 et 2018 dans plusieurs abattoirs espagnols.

Son travail, étayé par un rapport exhaustif et un important reportage photo, révèle une fois de plus l’horreur vécue par les animaux au moment de leur mise à mort. Des images de plus en plus difficiles à obtenir en raison des moyens mis en œuvre par la filière pour maintenir son opacité.

 

Attention les images qui suivent sont particulièrement violentes.

 

 

Des images qui apportent une preuve supplémentaire - s’il en fallait une - de la violence structurelle dont les animaux sont victimes. L’enquêteur dénonce : « Dans l’abattoir, les animaux sont soumis à une souffrance réelle occultée de manière délibérée par l’industrie de la viande ».
 

L’article de Tras Muros (en espagnol et anglais)

 

Face à de telles cruautés, ne restons pas spectateurs. Partageons ces images, sortons les animaux de nos assiettes, et soutenons les associations qui les défendent.


Bannière 5 recettes de galettes des rois vegan & gourmandes

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C'est l'Épiphanie ! Si vous ne comptez pas manquer la galette des rois, voici une bonne nouvelle : il est très simple de réaliser une galette 100% végétale ET 100% délicieuse. Au revoir oeufs,  beurre, et produits laitiers, on se passe très bien de vous ! Et c'est tant mieux pour les animaux (cliquez sur les liens pour savoir en quoi le lait et les oeufs causent des souffrances aux animaux).

En voici une sélection :

Frangipane, la tradition version végétale

Le blog Des épices et des graines revisite la traditionnelle galette à la poudre d'amande. Succès garanti !

image de la galette frangipane vegan

 

Aux pommes et aux dattes, légère et fruitée

Loetitia cuisine nous titille les papilles avec une recette moins grasse et moins sucrée que les recettes classiques, mais tout aussi appétissante.

recette galette vegan pommes dattes

 

Délicate, aux poires juteuses et à la purée d'amande 

Une recette fondante et originale de Melle Prune.

recette galette Melle Prune

 

Provençale, la couronne briochée

Dans le sud de la France et en Espagne, on déguste une couronne aux fruits confits. Végétalisée grâce à Veganwiz !

couronne briochée vegan Veganwiz

 

Choco-coco, tout fait main !

Les bonheurs d'Anne et Alex proposent une galette originale et une pâte feuilletée à réaliser soi-même.

galette choco coco vegan Lesbonheurs.fr

Bon appétit !