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Pour des Kapparot de la compassion


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Mardi 18 septembre, la communauté juive célébrera Yom Kippour, le Jour du Grand Pardon. Dans certaines communautés orthodoxes, cette fête sera précédée du sacrifice brutal d’innombrables poulets pour les Kapparot. Une fois encore, des voix s’élèvent, y compris dans la communauté juive, pour réclamer la fin de ces actes cruels envers les animaux.
 

Le sacrifice de poulets pour les Kapparot, un rituel cruel

 

Les Kapparot sont célébrées la veille ou les jours précédant la fête de Yom Kippour. Pour s’absoudre de leurs péchés, certains pratiquants font tourner plusieurs fois au-dessus de leur tête un poulet en prononçant des paroles rituelles. Les poulets sont ensuite sacrifiés selon le rite, c’est-à-dire qu’ils sont égorgés sans étourdissement et vidés de leur sang. Selon certaines interprétations du rite, leurs corps sont ensuite offerts aux plus démunis. Sur les images que nous avions obtenues en 2016, ils étaient jetés à la poubelle.

 

 

Cette mise à mort brutale n’est que la fin d’une longue période de souffrance pour les oiseaux : entassés dans des caisses, ils sont parfois laissés sans nourriture des jours durant, avant d’être égorgés et abandonnés à leur agonie – des pratiques décrites en détail et dénoncées par l’association états-unienne Alliance to End Chickens as Kaporos.
 

Des officiels israéliens encouragent à célébrer les Kapparot sans souffrance

 

Ces pratiques sont d’autant plus inacceptables qu’il est tout à fait possible d’accomplir le rituel des Kapparot avec de l’argent plutôt qu’en sacrifiant un poulet : cette année encore, des responsables politiques ou religieux ont d’ailleurs pris la parole pour le rappeler.

Début septembre, le Grand Rabbin Meir Mazouz a enjoint les pratiquants à donner de l’argent, notamment pour épargner aux oiseaux une terrible souffrance : « Comment cela peut-il apporter du réconfort aux plus démunis ? Parfois ces poulets sont entassés dans des voitures pendant des jours, c’est maltraiter les animaux ! ». Le rabbin a aussi rappelé que cette pratique est de peu d’utilité pour les pauvres : il considère qu’un don charitable pour les Kapparot permet d’aider plus efficacement ceux qui en ont le plus besoin.

Le lendemain de cette déclaration, c’était au tour du monde politique de faire entendre un appel à la compassion : le ministère de l’Agriculture israélien a ainsi lancé une campagne pour conseiller aux citoyens de fêter les Kapparot en utilisant de l’argent, et non pas un poulet. Un petit dessin animé a notamment été réalisé : on y voit un homme préparer un poulet pour les Kapparot, et tandis que celui-ci proteste contre son sacrifice, la voix off dit alors : « Cette année, célébrons les Kapparot avec de l’argent et venons en aide aux plus démunis. »

 

 

Les Kapparot aujourd’hui : l’heure de la compassion

 

Ce n’est pas la première fois que de hauts responsables appellent à la bienveillance envers les animaux, et demandent aux pratiquants d’épargner les poulets lors des Kapparot : les villes de Tel-Aviv, de Rishon Letzion et de Petach Tikva ont même d’ores et déjà interdit le sacrifice à cette occasion – une décision prise pour protéger les animaux. Mais en France, les responsables religieux tardent à prendre position publiquement au sujet des oiseaux brutalisés et tués pour les Kapparot.

En 2016, L214 avait pourtant appelé le Grand Rabbin de France et le Grand Rabbin de Marseille à s’exprimer en faveur des poulets sacrifiés. En réponse à notre enquête, les chefs religieux avaient d’ailleurs affirmé s’opposer au sacrifice des poulets tel qu’on peut l’observer sur nos images : « La très regrettable dérive que vous avez observée est en totale contradiction avec la Halakha (loi juive) et le droit français », précisait ainsi le Grand Rabbin de France dans la lettre qu’il adressait à L214 en 2016.

Espérons cette année que le vent tourne et que ces appels à la compassion soient enfin entendus.