Après la plainte déposée par la SPA pour cruauté sur animaux suite à l’investigation de L214, l’abattoir Bruno Siebert tente de se défendre.

Première étape : nier les faits. Une dépêche AFP indique qu'un "dirigeant de l'abattoir situé à Ergersheim a démenti l'ensemble de ces informations. «C'est faux, dans notre installation qui est conforme aux normes européennes, les volailles sont étourdies par électro-narcose avant d'être tuées par la lame automatique, puis ébouillantées», a déclaré le directeur technique Emmanuel Brochet."

Deuxième étape (peut-être après avoir vu les vidéos) : on ne savait pas, on fera mieux la prochaine fois. L’explication de la direction de l’abattoir qui a choisi de lire un communiqué lors du reportage de France 3 Alsace est légèrement différente : « L’entreprise Siebert dispose d’un agrément sanitaire européen nous soumettant à des règles et des contrôles fréquents et réguliers des services vétérinaires du Bas-Rhin. Cette association, au-travers d’un reportage, nous met en cause. Si les faits rapportés sont avérés, nous ne manquerons pas de renforcer nos procédures internes sous contrôle des services vétérinaires ».

On peut très clairement noter que la direction n’est donc pas certaine de respecter les règles d’abattage malgré les contrôles vétérinaires.

3ème étape : on se lâche. Dans un article de DNA la direction de l’abattoir tente de se justifier en expliquant « Ils sont venus pendant les vacances, au moment où on a des jobs d'été, qui ne connaissent pas aussi bien les procédures ».

4ème étape : la thèse de l'homme invisible. Malgré les images explicites, la direction fait une nouvelle tentative pour se sortir d’embarras, quitte à se contredire en affirmant lors d’un reportage d’Alsatic TV : « Les procédures sont respectées, la vidéo ne prouve rien. L’employé chargé de saigner les animaux en cas d’urgence était bien présent ce jour-là mais il n’apparait pas à l’écran » .

Hélas pour l'abattoir, nous avons dévoilé que quelques extraits de nos images, mais l'ensemble du tournage montre bien qu'aucune personne n'est intervenue pour tuer les oiseaux en urgence.

A ces 4 versions différentes, s’ajoute un nouveau manquement de la part de la direction de l’abattoir qui avait promis à France 3 Alsace d’ouvrir ses portes dès le lendemain du reportage, promesse qui n’a pas été tenue.

Par cette plainte la SPA et L214 tirent une sonnette d’alarme en montrant les conditions réelles d’abattage des animaux, conditions inacceptables tant sur le plan règlementaire que sur le plan moral. Les abattoirs agissent le plus souvent dans l’opacité en espérant maintenir le public dans l’ignorance la plus totale. Si les murs des abattoirs étaient transparents, il y aurait beaucoup plus de végétariens.