Ergersheim / Abattoir Siebert

Plainte pour cruauté sur animaux

La SPA (*) a déclaré avoir déposé plainte mardi pour cruauté sur animaux contre l'abattoir Siebert d'Ergersheim. Un film tourné par l'association L214 (**), à l'insu de l'entreprise, montre une « défaillance grave ».
En août 2007, des membres de l'association L214 (**) filment des images des chaînes d'abattage de volailles de l'entreprise Siebert, installée à Ergersheim. Ils n'agissent pas en caméra cachée, mais avec des « fausses barbes ». « Nous leur avons ouvert la porte en toute bonne foi, explique Emmanuel Brochet, directeur technique de l'entreprise. Nous n'avons rien à cacher. »
Les images, diffusées sur le site dailymotion, servent aujourd'hui de témoignage et étayent une plainte « pour cruauté sur animaux » déposée par l'association au tribunal d'instance de Saverne mardi.
Le film révèle que « des poulets arrivent vivants dans un bac d'eau bouillante avant plumaison sans avoir été saignés. Les images montrent également l'agonie de poules pondeuses [...], explique la SPA dans un communiqué. « C'est un traitement odieux, témoigne Sébastien Arsac de la L214. Il ne s'agit pas d'une erreur humaine d'un salarié, mais d'une défaillance générale du fonctionnement. Normalement, un salarié doit être en permanence à côté des lignes d'abattage pour pallier les ratés de la machine. »
Sur le film, on voit qu'il n'en est rien. « Ils sont venus pendant les vacances, au moment où on a des jobs d'été, qui ne connaissent pas aussi bien les procédures, justifie Emmanuel Brochet. Qui prévoyait hier soir un « remontage de bretelles » pour les salariés de l'abattoir. L'entreprise de 200 salariés, qui dispose de l'agrément sanitaire européen, abat 100 000 poulets par semaine, ce qui la classe dans la catégorie des abattoirs« moyens ».
En parallèle, la direction départementale des services vétérinaires a expliqué avoir mené une « inspection » suite à l'alerte de la SPA et de L214. « De toute façon, nous les visitons régulièrement », a expliqué Isabelle Jeudy, chef du service chaîne alimentaire. « Il n'y a pas eu d'anomalies constatées, même si à un instant T, il y a pu avoir des soucis. Ils nous ont dit qu'effectivement ils n'avaient pas pensé à ce cas de figure, et nous leur avons demandé de mettre en place des mesures correctives. »
C'est-à-dire « formaliser la procédure, l'écrire, pour que les remplaçants sachent ce qu'ils ont à faire », détaille Emmanuel Brochet. En attendant, la SPA et la L214 espèrent voir l'abattoir condamné pour cruauté sur les animaux. « A ce niveau-là, il faut une action en justice », a déclaré Sébastien Arsac, qui souhaiterait également « que ce soit un message aux autres abattoirs et aux pouvoirs publics, qui n'ont peut-être pas le bien-être de l'animal comme priorité. »
J. R.

(*) SPA : Sauver Protéger Aimer, association basée à Paris, qui n'a rien à voir avec la Société protectrice des animaux. www.spa.asso.fr (**) Association nationale, nom tiré de l'article de loi 214, qui pour la première fois désigne les animaux comme « êtres sensibles ». Militant notamment contre le gavage, la dizaine de membres souhaite aujourd'hui « élargir son champ d'action ». www.L214.com